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Introduction
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Pour le voyageur qui parcourt les
grand-routes de la littérature, ou l'aventurier qui préfère
explorer ses sentiers, les épopées sont depuis toujours
comme des bornes, ou mieux encore des carrefours, des endroits
parfois sombres et inquiétants, souvent mythiques et merveilleux,
mais toujours extraordinaires, riches des rencontres de tous les
vents. D'Homère au XXe siècle, des bords usés
de la carte de l'humanité jusqu'à nous, c'est dans
les chansons épiques que se content les plus belles heures
des hommes et que revivent les êtres fabuleux qui les enchantaient
et les terrorisaient.
Depuis
trois mille ans, on se souvient que c'est la ruse d'Ulysse qui
vient à bout des murailles de Troie, et qu'Énée
ne s'en échappe que pour que Rome puisse exister. Aux côtés
des avatars de Visnu, les guerriers du Mahabharata, pourtant percés
de dix mille flèches, font encore dans les rangs ennemis
des hécatombes mémorables.
Gilgamesh, Siegfried, Lancelot
et Dante sont aussi parmi les héros les plus connus des
épopées. Mais, quoiqu'il fasse quatre têtes
de moins que les précédents, il ne faudrait pas
oublier, bien entendu, Frodon le Hobbit.
The Lord
of the Rings est la plus récente des grandes épopées,
et, espérons-le, pas la dernière. L'ampleur et la
densité de l'histoire, la poésie sublime qui s'en
dégage ainsi que la postérité extraordinaire
qu'on peut lui attribuer - ne citons que son rôle fondateur
dans l'heroic-fantasy moderne et dans le développement
des jeux de rôles - font de l'uvre maîtresse
de Tolkien un passage incontournable de la littérature
mondiale, et cela pour toutes les cultures. Très proche
des meilleures sagas, elle n'a pourtant rien à envier aux
plus palpitants ni aux plus actuels des récits modernes.
Son succès n'a pas faiblit en cinquante ans, la preuve
en est l'adaptation au cinéma, à sortir à
la fin de cette année, de la première partie The
Fellowship of the Ring, sous la direction du talentueux
Peter Jackson (Braindead, The
Frighteners).
Si
cette histoire continue de marquer profondément ceux qui
la lisent, c'est qu'elle est originale à plus d'un titre.
Peut-on en effet imaginer, face
à un ennemi aussi redoutable que Sauron, inaccessible dans
sa tour sombre où Tolkien lui-même ne peut l'approcher,
gardé par des millions de créatures horribles et
sanguinaires, un héros plus fragile et plus démuni
qu'un Hobbit ? une quête plus désespérée
et suicidaire que celle de l'Anneau Unique ? Et des poursuivants
plus sinistres et maléfiques que les neuf Nazgûls
?
Sans parler de la contamination
sournoise des curs purs, corrompus par la seule proximité
de cet anneau qui risque de rendre Sauron tout-puissant, alors
même qu'il n'accorde à son porteur qu'une toute petite
invisibilité, manifestation symbolique de l'avilissement
progressif de celui qui le passe à son doigt.
Heureusement, ce minuscule Hobbit
ne se lance pas tout seul dans l'aventure. Ses compagnons et
lui
forment la "Communauté de l'Anneau" : Gandalf
le sorcier, aussi puissant que mystérieux, qui fume tranquillement
sa pipe sans jamais en dire plus qu'il n'en faut, mais ne sourcille
même pas face à une créature qui fait fuir
des armées d'orques; Aragorn, le voyageur à l'épée
brisée; Gimli le nain et Legolas l'elfe, qui doivent
surmonter leur aversion raciale mutuelle; Boromir le guerrier;
sans oublier les amis hobbits de Frodon : Sam Gamegie, condensé de
bon sens paysan, Merry Brandebouc et Pippin Touque, écervelés
notoires.
Du plus profond des mines des Nains
au plus haut des arbres où vivent les Elfes, des talus
cossus de la Comté aux cendres infinies du pays de l'Ombre,
de l'espoir à la désolation et de la trahison au
sacrifice, Le Seigneur des Anneaux
nous entraîne au plus près de l'apocalypse, plus
loin que les voyages sans retour les plus périlleux, là
où s'achève le monde et se révèlent
dans les flammes et le sang les secrets les plus enfouis des âmes,
humaines ou non. Mais la route est longue, et l'aventure commence
sur le pas de la porte
David Van Heeswijck
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