La saga immortelle au cinéma

Peter Jackson, le magicien de la caméra

Né en Nouvelle-Zélande en 1961 (en pleine célébration de la fête d'Halloween, premier signe d'un amour pour le Fantastique…), Peter Jackson se prend déjà pour un grand réalisateur en s'amusant, dès son plus jeune âge, avec la caméra Super 8 de ses parents. Délaissant l'école à ses 17 ans, il est engagé dans l'industrie cinématographique néo-zélandaise en tant qu'apprenti en photo-gravure.

C'est avec ses premiers salaires qu'il s'achète sa propre caméra 16mm. Trois ans plus tard, il décide de passer à l'acte avec un court métrage de science-fiction.

Remarqué par la Commission du Film locale, le court deviendra un long métrage, Bad Taste, un monument de l'horreur gore, un genre dont Peter Jackson deviendra le maître.

En 1992, il concrétise l'apologie du genre avec Braindead, "une comédie gore mais familiale" comme Peter Jackson aime à l'appeler. Des tonnes d'hémoglobine, des corps déchiquetés par une tondeuse à gazon, tout y est pour faire de Braindead un modèle du genre, un film décrié par les fans de par le monde.

Pourtant, c'est une direction diamétralement opposée que prendra le réalisateur trois ans plus tard, avec Créatures Célestes, film oscillant entre le conte et la réalité, puisque les faits relatés (l"histoire de deux jeunes filles s'échappant dans le rêve décident de tuer la mère de l'une d'elles) ont véritablement éclaboussés de leur violence la Nouvelle Zélande. La poésie des images et la finesse de la réalisation, sans parler des effets spéciaux lui vaudront la reconnaissance de tous les réalisateurs.

Véritable conteur d'histoires qui privilégient le scénario aux effets spéciaux, Peter Jackson ne chôme pas et décide de réaliser, en 1996, The Frighteners, film fantastique avec l'inoubliable Michael J. Fox dans le rôle d'un soi-disant exorciste de démons aux prises avec la Mort qui décime corps sur corps. Un combat quelque peu prémonitoire pour notre Marty McFly préféré.

Le film, comme ses précédents, est un succès, confortant Peter Jackson dans sa vision d'un cinéma fantastique en marge de celui d'Hollywood.

Car Jackson s'entêtera à filmer ses longs métrages en Nouvelle-Zélande, loin de la pression des producteurs hollywoodiens. Mais également proche de sa Terre natale.


Forgotten Silver est peut-être l'œuvre la moins connue du réalisateur et, pourtant sa plus poignante. Filmé comme un documentaire où Jackson est lui-même le présentateur, il explore le passé cinématographique de la Nouvelle-Zélande en dénichant de vieux films historiques, dont les révélations vont contredire certaines vérités (comme le premier vol d'avion). Forgotten Silver explique également la vie de Colin McKenzie, dont la contribution au cinéma mondial, restée inconnue depuis trop longtemps, est révélée avec grands renforts de prises de vues de l'époque et autres longs métrages inachevés de l'auteur. Ce film de Peter Jackson s'avère être un documentaire des plus intéressants, mettant à jour des vérités enfouies dans un passé ténébreux. Mais pour les amateurs de recherches, Forgotten Silver est l'une des supercheries les plus abouties du cinéma.

Car Peter Jackson aime s'amuser et a décidé de réaliser ce documentaire 100% faux. Colin McKenzie est une pure invention, comme chaque minute du métrage. Sublime !

Trois ans plus tard, en déclarant vouloir filmer les trois parties du Seigneur des Anneaux en même temps, Peter Jackson s'est vu traiter de fou. Comment peut-on imaginer mettre en image LE roman fantastique de tous les temps, trois pavés de 600 pages filmés au même moment ? Un pari que le réalisateur a remporté haut la main, tant ses 3 films incarnent le rêve de tous les fans de l'oeuvre originale. Jamais une trilogie n'aura autant suscité d'intérêt (même Matrix et La Guerre des Etoiles). Oeuvrant actuellement sur King Kong, son nouveau film, Jackson semble avoir donné son accord à un futur Hobbit, tiré de l'oeuvre éponyme de Tolkien. Et à la veille de Noël, c'est le plus beau cadeau qu'il peut nous faire.

Olivier Ruol


 
 
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