La saga immortelle au cinéma

La Communauté de l'Anneau

Le 19 décembre 2001 restera une date marquée d'une pierre blanche dans l'Histoire du cinéma, qu'il soit Fantastique ou non. Cette fin d'année devait nous apporter le Joyau des joyaux en matière d'adaptation littéraire, en la personne de Harry Potter à l'école des Sorciers et Le Seigneur des Anneaux. Après la semi-déception du premier (un bon film, certes, mais une adaptation qui n'en sera jamais une), tous les regards se sont portés sur Peter Jackson, dont les derniers films (Créatures célestes, Fantômes contre fantômes) marquent un contraste des plus éclairés par rapport à ses débuts (Bad Taste, Meet the Feebles, etc.). A l'instar d'un Georges Lucas dont le seul mot d'ordre est "pognon", Jackson fait partie de cette Guilde de réalisateurs qui, face à un projet d'une ampleur comparable à celle de Lord of the Rings, ne pense qu'à une seule chose : "fidélité".

Le 19 décembre 2001, à 22h45, une chose était certaine : en voulant adapter l'oeuvre majeure de Tolkien, le Cinéma ne pouvait imaginer plus bel amour en passant l'Anneau au doigt de la Littérature !


L'amour d'un public conquis

Souvent catalogué "roi du gore", Peter Jackson n'en est pas moins un être proche de ses fans. Et lorsqu'il décide d'adapter le pavé de J.R.R. Tolkien, il s'empresse de discuter, via des forums de discussion, avec les fans purs et durs du livre. Proposant ses idées, écoutant les conseils des internautes, il paufine un scénario qui, bien avant que le premier tour de manivelle ne soit tourné, est déjà aimé par la Communauté de Tolkien. L'adaptation ne suivra donc pas à la lettre le premier livre, pour que la narration cinématographique puisse se développer sur base de ses propres artifices (et non sur une transposition pure et simple du bouquin, la grande erreur de Harry Potter).

Les dessinateurs retrouvés

Lors de la lecture des trois romans, il est clair dans l'esprit de Peter Jackson que la direction artistique doit impérativement porter la marque des deux plus célèbres illustrateurs du monde de Tolkien, Alan Lee et John Howe. Que ce soit pour les vertes campagnes de la Comté ou les villages des Elfes, sans parler de la Moira, ce sont ces deux hommes qui s'occuperont des décors, basés sur leurs propres dessins. L'imaginaire créé par Lee et Howe, présent dans l'esprit de tout lecteur du Lord of the Rings, est donc en adéquation totale avec les images de Peter Jackson. Nouvelle preuve d'une fidélisation poussée jusque dans ses plus profonds retranchements.

Une interprétation tolkienesque

L'intérêt principal des personnages de Tolkien réside dans cette volonté d'être des héros sans vraiment l'être. Pas d'acteurs reconnus comme des stars, donc, dans ce long métrage. Un Sean Connery apparaissant dans Le Seigneur des Anneaux aurait amené avec lui tout son background cinématographique qui lui clle à la peau (sans vouloir penser une seule seconde qu'il aurait excellé dans le rôle de Saruman).
Chaque trait de caractère est respecté à la lettre, chacun des êtres jouant à la perfection le rôle qui lui incombe. Sir Ian McKellen remporte ici la palme, pour son interprétation de Gandalf, tantôt enjouée, tantôt sérieuse. Un jeu tout en nuances que l'on retrouve également chez Sean Bean (habitué aux seconds rôles de méchants), dans son interprétation d'un Boromir motivé par un royaume en décrépitude qui demande le pouvoir de l'Anneau, à la fois tenté mais sacrifiant son corps pour la sauvegarde de la Communauté. Aucun acteur du Seigneur des Anneaux ne se révèle faible, chacun étant porté par la motivation de voir se concrétiser à l'écran ses propres rêves de sa jeunesse. Mais ceux-ci ne seraient rien sans la direction d'un Peter Jackson pour qui Christopher Lee (Saruman) n'hésitera pas à dire : "Il possède l'Anneau unique, c'est lui le Seigneur des Anneaux".

Un réalisateur hors normes

Tourner trois films en même temps s'est avéré pour Peter Jackson être une expérience qu'il ne réitèrera pas. "Trop fatiguant", déclarera-t-il. Cette immersion totale dans son travail se reflète à chaque image du film. Sa direction des acteurs atteint la perfection, tant ceux-ci sont et resteront à jamais leur personnage. La maîtrise totale de chaque aspect de son film permet à ce dernier de se hisser au rang de chef-d'oeuvre. Jamais plus le désormais catalogué "maître du gore" ne pourra se détacher de cette nouvelle étiquette et on se demande, déjà, ce qu'il pourra réaliser après Le Seigneur des Anneaux.

 

Une musique inoubliable

A l'annonce de l'implication d'Howard Shore pour la composition de la musique originale, plus d'un ont froncé les sourcils. Habitué aux dissonances musicales (The Cell et Crash en sont les plus parfaites illustrations), mais capable d'orchestrer instruments et choeurs comme seul un Maître peut le faire, Howard Shore puise sont inspiration dans l'un de ses travaux majeurs, à savoir Looking for Richard (réalisé par Al Pacino, adapté de l'oeuvre de Shakespeare). Pour l'occasion, il s'allie à Philippa Boyens, qui intégrera les divers langages des poèmes écrits par Tolkien au sein de sa musique. Sans oublier Enya, qui, l'espace de deux morceaux, illustra l'amour entre Arwen et Aragorn. Près de trois heures de musique ont été composées, mais celle entendue dans le film conforte notre opinion que "personne d'autre ne pouvait le faire".

Etc, etc, etc !

On pourrait en parler pendant des heures sans se lasser. Le Seigneur des Anneaux incarne la meilleure transposition cinématographique d'une oeuvre littéraire. Sans lui, nous serions encore en train de rêver, vainement, à l'arrivée du preux chevalier, armé de sa fidèle épée, capable de raconter à nos oreilles émerveillées une histoire maintes fois contées, mais jamais réalisée. Nous ne pouvons que vous tirer notre chapeau, Mr Jackson, pour avoir concrétiser nos rêves les plus fous. Mais nous vous détestons encore plus, pour nous faire patienter une année complète pour voir la suite de vos aventures. Et à ceux qui osent encore dire que l'année prochaine sera celle de l'Episode 2 (Attack of the Clowns) et Harry Potter 2 (toujours réalisé, si on peut dire, par Chris "Maman, je suis tombé de mon balai" Columbus), trois mots suffisent : "ON S'EN FOUT!"

Olivier Ruol
Toutes les images sont copyright 2001 New Line Cinema Productions, Inc.

 

 

 
 
                                                   Best view with IExplorer 5 @ 800x600.   © 2002-2004 Anthesis. Tous droits réservés.