Krystal Camprubi
De la
planche à la page
Connue
pour ses talents de peintre, de dessinatrice et d'illustratrice,
Krystal Camprubi a décidé
de monter sa propre maison d'édition. Une telle initiative
méritait quelques éclaircissements au moment
où certaines maisons d'édition ferment leurs
portes ou affichent des difficultés. |
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LeFantastique.Net:
Vous avez décidé de monter une maison d'édition,
comment vous est venue cette idée ?
Krystal Camprubi: C’est une idée que je caresse depuis
longtemps. A vrai dire, je crois qu’il est possible de faire
remonter l’ébauche de ce désir informulé
à mon enfance. Très tôt, j’ai réalisé
des petits livres. J’écrivais, illustrais, et avec
une petite relieuse traditionnelle que mon père m’avait
offerte à un anniversaire, je reliais les livres. Je tâchais
d’imiter au mieux les livres du commerce, couverture et
publicités sur les collections comprises. Plus tard, cet
intérêt s’est traduit par une boulimie de livres.
Je vis dans une bibliothèque-atelier.
Que je me sois dirigée vers une carrière d’illustrateur
n’a pas étonné ma famille, pas plus qu’aujourd’hui,
l’institution d’une maison d’édition.
Tout cela fait parti du même amour du livre qui a toujours
été une part importante de ma personnalité.
Mon métier d’illustratrice m’a permis de me
rapprocher du milieu de l’édition et d’y porter
un regard plus accru et plus objectif. J’ai pu constater
ainsi que dans le domaine du livre illustré, l’édition
française était loin d’avoir exploité
tous les potentiels intéressants et qu’il m’était
possible, en déployant l’énergie nécessaire,
de combler une partie de cette lacune en créant ma propre
ligne éditoriale. C’est une aventure gigantesque,
qui comme toutes les aventures de ce genre est à la fois
terrifiante et grisante.

LF.N: Qui
vous accompagne dans ce projet et comment vont être répartis
les rôles ?
K.C.: J’ai tenu à me dégager de la gérance,
qui ne me paraissait pas être dans mes aptitudes; le gérant
est Julien Sébire, qui m’accompagne depuis des années
et soutient mon art. Il est d’ores et déjà
très impliqué dans la communication et les relations
avec les distributeurs, puisque c’est lui qui gère
la vente et la diffusion de mes produits dérivés.
Il recèle les qualités attendues pour son poste:
une certaine ténacité, des aptitudes à la
gestion et au commerce, une bonne connaissance du livre (c’est
un grand lecteur), doublée d’une connaissance maintenant
aiguisée des arts graphiques. C’est en plus un véritable
stakhanoviste.
Tout ceci ne remplaçant pas l’expérience,
nous nous sommes entourés de personnes qui travaillent
ou ont travaillé dans le milieu de l’édition
et qui sont à même de nous conseiller.
Je tiendrai le rôle de directrice artistique, en choisissant
les illustrateurs et auteurs amenés à travailler
pour PorteLune, et en exerçant
un regard critique sur les projets soumis.
LF.N: Que
comptez-vous publier ? Va-t-il avoir de la place pour la littérature
?
K.C.: D’ores et déjà, nous nous dirigeons
vers le beau livre, un livre soigné. Nous ferons en sorte
que PorteLune réponde avant tout à des objectifs
de qualité et d’esthétique.
Mais il ne s’agira pas uniquement de livres d’images.
Alors que PorteLune n’était encore qu’un
balbutiement, j’ai contacté des auteurs pour leur
parler de mon projet. Le principe de PorteLune est justement d’établir
un équilibre entre auteurs et illustrateurs.
Le public visé ira des adolescents aux jeunes adultes,
mais pourra s’étendre, en fonction des ouvrages,
à un public plus jeune ou plus âgé. En matière
de Fantastique au sens large, le public peut-être très
varié : de Harry Potter à Edgard Poe, on doit pouvoir
couvrir toutes les générations. Ceci est d’autant
plus vrai pour les images, qui ont un impact assez universel:
une peinture préraphaélite pourra être appréciée
à tout âge: elle ne sera simplement pas ressentie
de la même manière en fonction de la maturité
du lecteur.
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