ANTONIUS REX - Neque Semper Arcum Tendit Rex

C'est à la découverte d'un précurseur génial et méconnu du rock progressif gothique que vous invite le label Black Widow avec cette superbe réédition.
Petit flash-back: Milan, fin des années '60, Antonio Bartoccetti, un guitariste, fonde, avec la claviériste Doris Norton, un groupe baptisé Antonius Rex & Jacula (qui, plus tard, devient simplement Antonius Rex). Leur style musical est alors totalement inédit: une oeuvre sombre, inspirée par l'ésotérisme et le satanisme, mettant en musique des textes dictés par des médiums, des invocations démoniaques ou des formules d'exorcisme... Cette approche est tout à fait en dehors de l'air du temps: on est en pleine période post-hippie et la musique se doit d'être libératrice, positive et colorée. Le pressage des trois premiers albums sera d'ailleurs limité à quelques centaines d'exemplaires et, à l'époque, seuls quelques dizaines se vendront, surtout dans le cercle des adeptes des messes noires. Alors qu'en 1980, la démarche d'Antonius Rex commence enfin à intéresser quelque peu les médias et le public rock, Bartoccetti décide de saborder le navire, préservant ainsi son image d'artiste maudit.
Troisième album d'Antonius Rex, Neque Semper... a été enregistré en 1974 et constitue l'œuvre la plus aboutie du Roi Antoine. Outre Bartoccetti (guitare, basse et voix) et sa complice Norton (piano, grandes orgues et synthé), on y retrouve un certain Albert Goodman, riche châtelain anglais, passionné d'ésotérisme et de percussions, qui finança la réalisation du disque en contrepartie de sa participation (Goodman mourut quelques années plus tard dans des conditions assez étranges, ajoutant à l'aura de mystère entourant ce disque). Disons le d'emblée, ce CD est un véritable chef d'œuvre du genre que tout amoureux de musique gothique se doit enfin de découvrir. L'orgue, omniprésent, crée une ambiance mystique, le piano fait monter la tension et tend les nerfs de l'auditeur tandis qu'une guitare plombée ajoute à la lourdeur de l'atmosphère. La voix grave de Bartoccetti psalmodie des textes maudits, les notes de synthé (du bon vieux Moog des seventies) fusent comme des feux-follets et, derrière tout cela, résonnent les coups de boutoir des percussions. Les silences sont pesants, déchirés de sons inquiétants. On sent qu'il va se passer quelque chose... C'est véritablement du grand spectacle pour amateurs de sensations. A consommer dans la pénombre (dans l'obscurité pour les plus intrépides) et à volume sonore élevé !
Particulièrement bien enregistré (et remasterisé), ce disque étonnant n'a, en 30 ans, pas pris une ride et a assurément sa place dans la discothèque de tout amateur de musique sombre. Ne le ratez pas !

PJH - Mai 2003


Black Widow
CD - 2003

1. Neque Semper Arcum
2. Pactus
3. In Hoc Signo Vinces
4. Non Fiat Voluntas Tua
5. Devil Letter
6. Aquila Non Capit Muscas

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Antonius Rex
Black Widow

 

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