
Une plongée dans la magick-pop
Liquid
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Soysoy…
un nom à la fois étrange, parfumé et
ludique, une incantation sensuelle qui se chuchote et s’insinue.
Soysoy est le nom d’un trio qui, depuis quelques années,
s’impose comme une valeur sûre de la scène
darkk-heavenly. Seul manquait un véritable album
pour briser le cercle des initiés. À l’heure
où le bel album Liquid
sort sur le label indépendant Li Mohe, une présentation
s'imposait. |
C'est
à l'agonie du millénaire que naît Soysoy,
cendres du combo rock White Lie. Pianiste de
formation classique, professeur de guitare et de chant, Cécile
"Seesayle" Gonay participe à de nombreux projets
dans l’univers trad ou rock. Franck "Wiz" Marchand
s’est frotté à pratiquement tous les genres,
du prog à la new-wave, en passant par le punk. Avec leur
nouveau projet, ils décident de ne s'imposer qu'une règle:
n’avoir d’autres limites que celles de leurs imaginations.
Ils transgressent les frontières et créent une alchimie
où les musiques rituelles et incantatoires celtes et balkaniques
se fondent dans de puissantes rythmiques rock. Inédit,
le résultat évoque une célébration
pop de la Wicca. Soysoy l’appelle magick-pop. Bricolé
avec peu de moyens et beaucoup d’enthousiasme, un premier
EP recueille des commentaires élogieux dans la presse spécialisée.
Seesayle, dont la voix hantée passe sans peine d’un
chant d’enfant perdu aux vocalises puissantes d'une chanteuse
bulgare, est souvent comparée à Lisa Gerrard. Wiz
lui donne la réplique avec une voix de ténor chaude
et profonde. Soysoy se voit ainsi vite catalogué au rayon
des groupes "à la Dead Can Dance"
mais, malgré un indéniable air de famille, la magick-pop
de Soysoy et ses multiples facettes (un véritable kaléidoscope
!), est tout sauf un "produit dérivé".
La formule duo étant peu
adaptée à la scène, Soysoy se fera rare en
concerts jusqu’en 2003, quand le claviériste Sébastien
Lhoest intègre le projet. Son arrivée est célébrée
par la sortie d’un EP live enregistré au Botanique.
En 2005, le label associatif Li
Mohe Music donne carte blanche au trio pour un véritable
album qui sort à l’été 2006.
LeFantastique.Net:
Du son au design, la réalisation de Liquid a été
entièrement prise en charge par les membres du groupe.
Volonté d’indépendance ou contraintes économiques
?
Wiz: Volonté d’indépendance créative
avant tout. Nous n’avons pas signé chez Dark Wings
(un label gothique allemand aujourd'hui disparu, ndlr) car il
voulait nous imposer un producteur. Nous sommes fiers de faire
une musique non formatée, sans contraintes de style, et
n’avons pas l’intention d’accepter les vues
"normalisantes" d’un intervenant extérieur,
à moins qu’il ne s’agisse de quelqu’un
dont nous admirons la créativité, comme Tchad Blake
(on peut toujours rêver.. !). Le fait de tout réaliser
en autarcie nous permet aussi, par l’absence des contraintes
du studio, de revenir autant de fois qu’il est nécessaire
sur tel ou tel aspect d’une chanson sans se poser la question
de savoir si on aura le temps d’aller jusqu’au bout
de l’idée…
Seesayle: Grâce aux compétences graphiques de Seb
et aux talents de producteur de Wiz, on a pu arriver à
de bons résultats de manière autonome, sans devoir
attendre une infrastructure. Seulement, les contraintes économiques
font que tout prend plus de temps. D’un autre côté,
avoir le temps d’exprimer ce qu’on sent et ce qu’on
veut est aussi avantageux.
LF.N: Pourquoi
Liquid ?
W: Un liquide prend la forme du récipient dans lequel on
le verse, sans changer de propriétés chimiques,
de goût ou de couleur. Il en est un peu ainsi de notre musique:
bien que sautant d’un style musical à l’autre,
le "goût", la "substance" de nos chansons
restent assez constants. La production musicale de beaucoup d’artistes
que nous admirons (Kate Bush par exemple) peut se voir de la même
façon: le style varie, mais c’est toujours le même
univers émotionnel.
LF.N: Liquid
s’est fait longtemps attendre: annoncé pour 2005,
plusieurs fois reporté… Difficultés imprévues
ou perfectionnisme ?
S: Difficultés imprévues, certainement ! Mais aussi
réflexion quant au fait d’enregistrer encore en autoproduction
ou d’attendre un éventuel label. Quant au perfectionnisme,
il est difficile à évaluer ! Mais c’est clair
qu’on ne voulait surtout pas bâcler notre premier
album…
Pierre-Jean Henrottin - Octobre 2007
Discographie
Six teaspoons of Eiran Cari (Autoproduction
2002)
Six Pinches of Stage Flavour (Autoproduction 2004)
Liquid (Li Mohe 2006)
Internet
www.soysoy.org
www.limohe.com
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