Rest In Peace

Après un premier album bien reçu par la critique, le groupe français Rest in Peace sort un deuxième album particulièrement réussi qui mêle, avec talent, les multiples influences du groupe: métal, progressif, blues-rock, thrash… Bénéficiant d’une bonne production, les compositions montrent qu’en France, comme ailleurs, des groupes de talent savent composer des disques susceptibles d’intéresser le plus grand nombre des amateurs de métal. Chose à souligner, les paroles sont à la hauteur de l’ensemble. A travers cette interview, il vous est donc offert de découvrir un groupe qui sort de l’ordinaire et qui mérite d’avoir une chance sur la scène internationale.


Rest in Peace sort son deuxième album cette année, quel regard portez-vous sur l’histoire du groupe depuis sa création en 1996 ?
Cet album marque une certaine évolution d'où quelque part le titre de l'album. En effet, les compos, comme le son voire les musiciens, ont pas mal évolué. On peut considérer qu'il est déjà pas mal d'avoir pu enregistrer deux albums et un mini auto-produits en quatre ans. Le groupe a eu ses hauts et ses bas. Cet album a vu le jour dans la douleur mais on y est quand même arrivés.

Evilution recèle de nombreuses influences musicales. Pouvez-vous nous éclairer sur celles-ci ? Quels groupes vous passionnent ou vous ont passionnés ?
On peut effectivement parler d'un mélange d'influences dans RIP. C'est un peu la marque de fabrique du groupe. On n'a absolument pas envie de s'enfermer dans un seul style. Aldo sera plus influencé par Portnoy ou Paice en sachant qu'il fut aussi un très bon batteur de blues. Laurent à la guitare est un fan de Malmstee, Lynch, Angra ou Vanden Plas. Eric est le spécialiste de Maiden et de tout ce qui est métal en général, il écoute toute la scène métal. Laurent B, le bassiste est fan de Maiden également sans pour autant négliger Pretty maids ou Helloween. Quant à moi, je n'écoute pas du tout de métal. Mes préférences vont vers le classique (Rachmaninov, Bartok et Grieg), la musique celtique et folk ou la pop-rock britannique.

Vos paroles explorent différents univers: historiques, fantastiques, symboliques. Comment écrivez-vous ces paroles et qu’est-ce qui vous inspire ?
Les paroles sont écrites après la musique en règle générale exceptions faites de "Blood Tears" ou "Heroes"... C'est Eric qui s'y colle généralement. Il est prof d'Histoire. Je suis moi-même passionné d'Histoire ce qui explique les sujets Historiques des chansons. La symbolique vient du côté engagé du groupe voire des études de poésie.

Le titre "Widukind" me semble le plus abouti de cet album. Comment vous sont venues vos idées pour le construire ? Saviez-vous que le groupe français Seyminhol a composé un album entier, Northern Recital autour de cette histoire ?
Avant qu'Eric n'écrive le texte, on n'avait pas pour ainsi dire une franche connaissance du personnage de Widukind, alors de là à penser qu'un autre groupe en avait fait un album entier... Lolo a amené une trame de guitare et on a brodé autour à coups d'idées de batterie et piano. En voyant l'aspect maléfique du truc, Eric a opté pour Widukind. Il faut aussi dire que les solos ont été trouvés au studio car on était un peu en mal d'inspiration.

Vous avez créé un personnage, Pietro Balducci, dont on suit un nouvel épisode de l’existence dans cet album. Pouvez-vous nous en parler un peu plus ? Est-ce qu’un développement sous forme de nouvelles ou de romans est prévu ?
Je suggérerai à Bévy d'écrire un roman sur Pietro Baducci. Pour être sérieux, je dirai que ses aventures se terminent là. J'imagine mal un troisième volet, mais who knows ?... Je pense que Pietro fait penser dans l'esprit des gens à un certain personnage ayant vécu à la même époque. Il a d'ailleurs des points communs avec lui, outre le fait qu'ils étaient vénitiens tous les deux.

Quel regard portez-vous sur la scène française actuelle ? Pensez-vous que des groupes français peuvent s’en extirper et réussir sur la scène internationale ?
Ca paraît triste de dire ça, mais c'est aujourd'hui un handicap d'être Français dans le métal. A partir du moment où t'es Français, t'es pas crédible dans l'esprit des fans. Les jeunes se tournent tous vers des groupes germanico-scandinaves, qu'ils soient bons ou mauvais. Et je crois qu'il sont très influencés par trois lettres au dos des disques représentant un certain label français. Un groupes comme Dyslesia, même si je n'adhère pas à leur musique, mériterait d'aller plus loin. Ils s'investissent, font des kilomètres pour jouer. Les autres, no comment, je ne connais ni leur musique, ni leur situation.

Je ne pense pas que vous puissiez vivre de votre musique. Quelles difficultés rencontrez-vous à mener de front plusieurs activités ?
On n'a pas beaucoup de temps pour répéter. Il faut gérer les emplois du temps de chacun. Une répét par semaine à peine. Mais pour mes camarades, le groupe est le seul loisir sortis du boulot et de la famille. J'ai la chance de partager mon temps libre entre le piano, le groupe et le foot. Il n'a de toute manière jamais été question de vivre de la musique. On sait que ça s'arrêtera un jour, l'âge aidant. Donc on fait avec les éléments et on brasse avec, tout comme les influences d'ailleurs. C'est l'image de RIP.

Quels sont vos projets après cet album ? Avez-vous planifié une tournée ou des dates de concerts ? Avec qui aimeriez-vous tourner ?
On va essayer de trouver des concerts pour jouer, chose qui est de plus en plus dure d'ailleurs. Le premier objectif est de rembourser l'argent emprunté pour faire l'album. On jouera avec qui voudra bien jouer avec nous. Les premiers concerts se feront en Rhône-Alpes. On attendra un peu avant les concerts plus lointains.

Site Web Officiel de Rest in Peace

Propos recueillis par Denis Labbé - Mai 2003

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