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Quelle
différence peut-on faire entre Project Pitchfork et les
autres groupes du même genre?
Peter Spilles (P.S.): La principale différence doit être
dans notre style. Je peux juste dire que je ne sais pas. Peut-être
que nous sommes meilleurs ou que nous sommes devenus plus calmes…
ou que nous avons les meilleurs fans.
Dans quel
pays préférez-vous jouer en dehors de l'Allemagne
?
P.S: Partout. C'est toujours intéressant, que ce soit en
Belgique, en Scandinavie, en France, en Italie, en Espagne, en
Hollande. Ce qui compte, ce n'est pas de dire "ce peuple-là
est comme ça, et on aime ou on n'aime pas", mais de
se rendre compte qu'ici on s'est bien amusé, qu'on a eu
du plaisir. C'est ça l'important; à partir de là,
savoir qui sont ces gens importe peu.
Quel rôle
donnez-vous au maquillage que vous mettez sur scène ?
P.S: C'est une préparation pour le concert. C'est un peu
comme pour mettre un masque pour jouer un rôle, pour porter
des paroles, pour renforcer l'aspect magique.
Que pensez-vous
de la scène electro-allemande actuelle ?
P.S: Honnêtement, je n'aime aucun groupe allemand pour le
moment. Il n'y en a aucun qui soit écoutable ni audible.
C'est mon opinion, ce sont mes goûts. Je pense que c'est
sans cesse un remake de ce qu'il y avait avant et, en plus, un
mauvais remake.
Quels sont
vos goûts actuels alors ?
P.S: Il y a des mouvements très intéressants et
étonnants en Amérique. Il y a là-bas beaucoup
de groupes que j'apprécie. je serais content que cela se
passe en Allemagne, parce qu'ils sont simplement stimulants.
Quelle
opinion avez-vous sur la société américaine
après avoir effectué une tournée là-bas
?
P.S: Qui suis-je pour juger les Américains! En ce qui concerne
la scène musicale, je peux simplement dire qu'il y a pour
le moment beaucoup de groupes de très bonne qualité.
Ce n'était pas ainsi il y a dix ans. C'était une
voix différente et la façon de travailler était
meilleure en Europe. Le problème des groupes européens
actuels est de copier les anciens groupes comme Front 242, Nitzer
Ebb, Klinik ou Project Pitchfork. Il y en a qui cherchent à
sonner comme nous à nos débuts. Ils ne développent
rien de nouveau. Evidemment, je parle comme un européen
et mon impression par rapport aux USA, c'est comme aller sur une
autre planète; c'est comme si les USA, c'était la
bonne façon de vivre. J'ai envie d'aller visiter, mais
pas d'y vivre, d'y gagner de l'argent. je préfère
en sortir le plus vite possible. Les USA sont une nation d'une
façon incroyable, très violente. En Allemagne, même
dans les régions les plus sombres, personne n'a à
craindre pour sa vie, personne n'a peur d'être tué.
En Amérique, dans les clubs, il y a des gens qui te disent
de ne pas sortir parce que l'on risque de te tirer dessus. C'est
dangereux pour les gens de couleur, pour ceux qui n'ont pas le
bon T-shirt, ne font pas partie du bon gang, ne jouent pas au
même jeu, n'ont pas d'arme… Par contre au Canada,
tu te sens comme en Europe; les gens dans la rue te regardent
dans les yeux. En Amérique, il y a une telle psychose.
Quand tu t'y promènes dans la rue, tu ne peux pas te permettre
de regarder quelqu'un dans les yeux, car cette personne est peut-être
parano.
Project
Pitchfork, un bon moyen pour exprimer ses idées ?
P.S: C'est ma seule manière. C'est comme les interviews.
Mais ces dernières permettent de faire passer les choses
plus clairement. Je ne veux pas être un prêcheur parce
que je pourrais être dans l'erreur. j'ai ma manière
de voir, mais je respecte quiconque pense différemment,
car cette personne peut avoir raison… si ce n'est pas contre
la logique.
Est-ce difficile
à porter pour un groupe allemand ce passé nazi ?
P.S: Non. Ca semble plus facile, en ce moment, même quand
on écrit des paroles en allemand. Mais il y a beaucoup
de personnes, dans différents pays, qui ont les mêmes
idées idiotes, proches de ces gens qui agissent et parlent
à la façon germanique rude et sévère.
Ce n'est pas qu'un problème lié à l'Allemagne.
le fascisme est partout. C'est une manière de voir tribale,
rudimentaire, de la nature humaine. Il parle ma langue, il a la
même couleur de peau, il est de ma tribu, je dois le protéger
et personne d'autre ne fera partie de ce groupe! C'est toujours
une manière de voir digne de l'âge de la pierre.
On termine
par quelque chose de positif ?
P.S: Il y a des choses positives. Il y a beaucoup de personnes
qui s'interrogent sur le pourquoi de ceci, le pourquoi de cela,
qui pensent au-delà de ce qu'il y a à l'écran,
qui se demandent ce qui se passe derrière, pourquoi ils
sont là, pourquoi les choses se produisent. Juste penser.
C'est une bonne qu'il y ait toujours de l'espoir…
Pour une biographie complète
d'un des groupes électro les plus talentueux qui ait été,
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Interview: Laurence Gilis
Photos: Filip Van Muylem
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