C'est en 2002 que la
belle Sonja Kraushofer, vocaliste au sein
du célèbre groupe autrichien electro L'âme
Immortelle, lance son projet personnel, Persephone.
Surprenant, ce concept distille une musique néo-classique
raffinée, aux inspirations poétiques et aux
relents gothiques. Deux ans plus tard, avec l'arrivée
de Thomas Höfert, notamment connu pour son implication
au sein de Sopor Aeternus, le projet livre
la même année deux albums somptueux qui constituent
un concept sur lequel la muse aux cheveux de feu s'explique
un peu… |
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On
perçoit une belle unité de ton ainsi qu’une
grande richesse culturelle (références à
l’Antiquité, à l’Orient, au Romantisme…)
au sein de Persephone. Comment s'est opérée la collaboration
entre les différents intervenants pour atteindre une telle
alchimie ?
Nous travaillons avec des gens qui sont totalement en accord avec
le groupe et sa philosophie. C'est comme une grande communauté
artistique. Nous aimons travailler avec différents musiciens.
Martin Höfert et moi sommes responsables
de la majeure partie de l'écriture mais le guitariste Wim
Leydes (ex-Christian Death) a apporté
quelques idées. Nous avons écrit "Guardian
Angel" et "Shadow Dance" ensemble. Nous n'avons
jamais cherché de musiciens, nous les avons trouvés.
Les deux derniers albums ont été mixées par
John A. Rivers (Dead Can Dance).
Il aime vraiment le projet et l'atmosphère que les chansons
créent. Il a toujours de brillantes idées. Joachim
Luetke a réalisé toute l'imagerie depuis
le début. Il a créé le visuel et l'esthétique
de Persephone.
Depuis
des années, tu es connue en tant que chanteuse de L'âme
Immortelle et Persephone est officiellement présenté
comme ton side-project même si tu y sembles personnellement
plus impliquée. As-tu créé Persephone pour
exprimer tes influences classiques, des sentiments plus personnels,
les deux ?
Eh bien, je n'aime pas le terme de "side-project". Il
sonne comme "sans importance". Je préfère
le mot "groupe". J'aime travailler pour les deux projets.
C'est très excitant et amusant d'être impliquée
dans des groupes aussi différents. Cela me donne du plaisir
et stimule ma créativité. Tu as raison en disant
que Persephone montre plus de moi-même que L'âme
Immortelle. J'écris la plupart des textes, qui
décrivent mes peurs intérieures et mes pensées.
Souvent, je suis inspirée par les rêves.
J'aime le son des instruments acoustiques. Chaque instrument a
une histoire et un son unique qui dépendent de l'humeur
de celui qui en joue. Ces choses m'intéressent énormément.

Le nom de
ton projet fait référence à un célèbre
mythe grec ancien. L'artwork de la trilogie montre l'alternance
des saisons et le cycle éternel de la vie et la mort. Quelle
est ta conception du paganisme ?
Le personnage de Persephone vit un changement permanent: elle
passe trois mois sous terre avec Hadès, son mari et le
reste de l'année avec sa mère, Déméter,
sur terre. Selon moi, nous devons tous faire face à des
changements: parfois nous recevons amour et harmonie (la vie sur
terre) et soudainement la douleur et l'agonie amènent l'ombre
dans nos vies (la vie sous terre). Nous faisons tous partie du
cycle éternel. Nous portons tous vie et mort.
Le
titre "Nightingale's Lament", issu de ton dernier album,
évoque un peu la douce mélancolie de certains textes
médiévaux où le rossignol symbolisait souvent
les aspirations secrètes et impossibles des amants.
C'est vrai, dans le sens figuré. Le protagoniste de Atma
Gyan et de Mera Sangeet Kho Gaya
a vécu une histoire d'amour qui s'est terminée.
C'est pourquoi elle s'est enfuie en laissant tout derrière
elle. Ce titre est une métaphore. L'oiseau est détenu
dans une cage, la protagoniste est prisonnière de ses propres
sentiments, de ses peurs et de ses souvenirs. Elle essaye de fuir,
elle veut être libre mais elle ne peut oublier le passé,
ses pensées prennent son esprit.
Quelle
importance revêtent pour toi le conte et les traditions
séculaires ? Pourquoi avoir privilégié ce
type d’expression en particulier pour ce morceau et "Secret
Garden" ?
Les contes sont très importants pour moi. Enfant, j'aimais
en lire et c'est toujours le cas. La fantasy et la réalité
ne font plus qu'une. Il faut lire entre les lignes et trouver
le grain de vérité. C'est fascinant.
"Secret Garden" et "Nightingale's Lament"
sont des moments fondamentaux de chaque album. Le premier prédit
l'imminence de tout le voyage alors que le second en montre la
progression.
Tu as peut-être remarqué des parallèles entre
les tracklists de Atma Gyan et de Mera Sangeet Kho Gaya. "Secret
Garden" et "Nightingale's Lament" ont le même
numéro. Ils montrent chacun une étape intermédiaire
du voyage. De la même manière, "Winter"
prolonge "Lullaby" et termine le récit. Enfin,
"Shadow Dance" et "Danse sur la Corde" sont
deux chansons du "prince" qui fut déjà
introduit dans "Beautiful Prince", sur l'album Home.
Quelle sera
la suite après ce concept très riche ?
Nous collectons des idées pour le prochain album. Nous
donneront quelques concerts sporadiques. Deux spectacles sont
déjà prévus. Cet été, nous
jouerons dans un magnifique château en Allemagne où
nous nous sommes déjà produits. Nous avons également
beaucoup aimé notre concert à Bruxelles et aimerions
y revenir. En attendant, nous invitons les auditeurs et lecteurs
à jeter un œil à nos sites qui contiennent
beaucoup d'informations, textes et choses à télécharger.
Pierre Coleau & Frédéric
Cotton

Discographie
Home (CD, 2002)
Still (EP, 2003)
Atma Gyan (CD, 2004)
Mera Sangeet Kho Gaya (CD, 2004)
Internet
http://www.persephone-home.de
http://www.darkreflection.de
http://www.trisol.de
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