Mortiis

Mortiis est un personnage inquiétant, troublant, au parcours empreint de rumeurs et de non-dits.
Autant sa musique a été variée tout au long des années, autant controversé a été que son aspect "trollesque".
Au moment de la sortie de sa tournée européenne, Mortiis nous dit tout du passé, du présent et du futur de sa carrière découpée en "ERAS". Rencontre avec un artiste hors du commun...

ERA1

LeFantastique.Net: Quand as-tu décidé de revêtir l’aspect sous lequel nous te connaissons actuellement et pourquoi ?
Mortiis: Je pense aux alentours de 1994… Je crois que j’ai juste voulu avoir une image qui allait encore plus loin que ce que je connaissais.

LF.N: De nombreux side-projects sont sortis pendant l’ERA1. Pourquoi ne pas les avoir sortis sous Mortiis, alors que le genre était sensiblement le même ?
M: Parce que l’esprit de ces projets étaient grandement différent. Vond par exemple était le projet le plus enraciné dans la réalité et probablement celui qui me représentait le mieux en tant que individu de la vie quotidienne à cette époque. Mortiis était un vrai projet d’évasion alors que Fata Morgana ressemblait quelque peu à Mortiis mais avec des chansons plus courtes, plus "catchy". Ce projet n’avait pas l’aspect "dark fantasy" que Mortiis avait à cette époque. C’est pourquoi j’ai décidé de donner à toutes ces idées des noms différents.

LF.N: Quand tu regardes en arrière, es-tu fier de tout ce que tu as fait sous l’ERA1 ? Considères-tu que certains œuvres peuvent paraître à ce jour naïves ?
M: Musicalement parlant, je pense que tout est plutôt naïf, infantile et plutôt joué de manière assez pauvre. Je pense qu’il y avait quelques bonnes idées ici ou là, quelques bons thèmes qui auraient pu être très bons si ils avaient fait correctement.

LF.N: Avec l’album The Stargate, tu avais sorti le livre Secret of my Kingdom. Continues-tu toujours à écrire de telles histoires ?
M: Non, je ne fais rien de ce genre depuis ce temps là. Au niveau des textes, je pense que tout a été publié dans ce livre et très peu d’inédits de cette époque existent. Au niveau musical, il y a plusieurs idées sous forme de démos quoique grossières qui restent mais je n’ai absolument aucune idée si elles prendront la forme de quelque-chose de sortable. Peut-être que dans quelques années, je me sentirais l’envie de faire quelque-chose de ce genre encore et je creuserai alors ces démos pour voir si je peux encore les utiliser.

LF.N: Quel était ton état d’esprit à cette époque ? Tu semblais très en décalage avec ta musique qui était aussi "calme" que tu pouvais être guerrier…
M: Je pense que j’étais dans un autre lieu musicalement parlant, mais mentalement j’avais quasiment le même état d’esprit que maintenant: varié. Ce qui probablement explique pourquoi j’aime également la variation dans la musique.

ERA2

LF.N: La transition avec l’ERA1 en a dérouté plus d’un… Prends-tu en compte ce que les fans peuvent attendre de toi ?
M: J’écoute… mais n’attends pas de moi de satisfaire les souhaits de quiconque à part les miens.

LF.N: Ta musique comme ton look a évolué. Peux-tu nous dire si ton aspect révélait un sens particulier. Est-il directement inspiré par ta musique ?
M: J’essaie d’inclure une symbolique graphique dans mes albums, qui sous-entend le contenu de l’album. A cet effet, je change aussi mon apparence le cas échéant. Ce n’est pas nécessairement directement inspiré par la musique… Cela se passe plus au niveau de l'état d’esprit et du contenu des paroles qui, en retour, influencent la musique.

LF.N: L'artwork des livrets de tes albums est très travaillé. Est-ce toi qui gère cet aspect ? Pourquoi le choix d’un "crop circle" ? Pour nous indiquer la trace sur terre d’un alien comme toi ?
M: En fait, c’était l’idée du graphiste de l'époque. Je l'ai trouvée bonne et l'ai acceptée. Parfois, si une chose est graphiquement belle, je ne ressens pas le besoin que cela exprime quelque-chose. Généralement, je m’occupe énormément de l'artwork. J'apporte les idées de base et la symbolique (si il y en a une) et le graphiste et moi y réfléchissons. Ce dernier arrive aussi généralement avec ses propres idées. Cela représente pas mal de réflexions mais de toute façon, rien ne sort sans mon approbation finale

LF.N: On ressent par la courte durée de l’ERA2 une certaine volonté de fuite. Représentait-elle un moment particulier ?
M: C’était une période réellement triste personnellement et c’est ce dont tout l’album traitait. J’ai fait de mon mieux pour me relever et m’éloigner de cette tristesse et j’ai réussi. C’était une progression naturelle.

ERA3

LF.N: Un retour aux sources pourrait-on dire, connaissant tes débuts avec Emperor. Est-ce que la musique de The Grudge n’est pas finalement ce dont tu as toujours eu envie de jouer ?
M: C’est définitivement la façon dont je voulais que The Smell of Rain sonne mais je n’y suis jamais arrivé, par manque d’expérience je suppose.

LF.N: Sur la tournée qui accompagnait la sortie de The Smell Of Rain, tu étais déjà accompagné des musiciens actuels. Pourtant, Mortiis n’était pas un groupe à part entière comme aujourd’hui. Pourquoi ce choix ?
M: Mortiis est un groupe depuis la toute première tournée que nous avons faite pour The Smell of Rain. J’ai décidé de créer un groupe car autrement, il aurait été très difficile de jouer la musique live, ce qui était le plus important pour moi.

LF.N: Pourra-t-on te voir un jour jouer live des parties de l’ERA1 ?
M: Aucune chance. Nous avons essayer en tant qu’intro il y a quelques années et c’était pas terrible

LF.N: L’ERA3 se terminera-t-elle aussi vite que l’ERA2 ? Créeras-tu de nouveaux side-projects ?
M: Peut-être, peut-être. Difficile à dire, cela dépend de la façon dont je change mentalement et comment j’évolue en tant que musicien. Si cela part en vrille, peut-être que je débuterai un side-project. Je suis impliqué dans une ou deux choses pour le moment mais rien de très officiel encore. Les gens peuvent aller sur www.mortiis.com pour de plus amples informations.

LF.N: Quand est-il de ton actualité proche comme éloignée ?
M: Nous allons commencer à travailler sur un nouveau single, un DVD live et une vidéo, tout cela pour ce printemps. Nous sommes aussi en train de travailler sur une tournée en Grande-Bretagne pour la même période.

LF.N: Une question revient dans la bouche de nombreuses personnes… "Le troll compte-t-il un jour tomber le masque ?" Si oui, n’as-tu pas peur que quelque part ce soit la fin de Mortiis ?
M: Je ne suis pas un troll… Je ne peux pas comprendre comment les gens prennent la liberté d’appeler quelque chose qui n’est pas humain un troll… peu importe… je trouve ça stupide...
Si j’enlèvait le masque, qui déciderait que c’est la fin de Mortiis ? La seule personne qui décide de la fin, c’est moi-même. Je me fiche que personne n’achète mes albums, si je suis toujours là, ce n’est pas la fin. Quant au masque, nous verrons. Je maintiens le suspense

LF.N: Que pouvons-nous te souhaiter et que souhaites-tu à nos lecteurs ?
M: N’hésitez pas à jeter n œil à The Grudge qui devrait être finalement disponible en France… Il ne l’était pas pendant un moment parce que notre label avait perdu le contrat avec le distributeur dans votre pays ou quelque-chose dans le genre, ce qui explique également pourquoi nous n’avons pas joué en France lors de notre tournée l’année dernière… Souhaitez-nous bonne chance pour avoir quelques dates en France cette année.

Propos recueillis par Dunkelheit - Mars 2005
Photos (c) Mortiis et Harry Fayt (Datapix Agency)

Site Web Officiel de Mortiis

                                                                               Best view with IExplorer 5 @ 800x600.   © Anthesis. Tous droits réservés.