Il
est rare de prendre une telle claque avec l’album
d’un groupe quasi inconnu ! Surtout dans ce style
de métal néo-classique à tendances
symphoniques ! Dans la lignée de Malmsteem,
Symphony X ou Stratovarius
(en plus technique), voilà que déboulent
les Belges de Magic Kingdom menés
par l’excellent guitariste Dushan Petrossi capable
de nous assener des riffs de qualité, des solos
d’une étonnante technicité, des arpèges
foudroyantes tout en privilégiant la musicalité
de ses compositions, dans un univers mêlant magie
et fantasy.
Voilà qui méritait un prolongement en compagnie
de Dushan...
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Tout d'abord, je tiens à vous féliciter
pour cet excellent album qui, je l'avoue, passe en boucle sur
ma platine et dans ma voiture depuis que je l'ai eu.
Merci ! On est très heureux de voir que l’album plaît
; on y a mis tout notre cœur et beaucoup d’énergie.
Merci aussi pour ta chronique (la
lire ici).
Comment
s'est formé ce groupe international ? D’où
viennent les nouveaux musiciens qui apparaissent sur Metallic
Tragedy ?
Nous sommes de Bruxelles, mais notre chanteur Max Leclerq vit
dans le nord de la France, il est de Nancy, moi je suis né
à Bruxelles ; sinon notre bassiste Vassili Moltchanov vient
de Moscou et notre batteur Anton Arkhipov est de Minsk en Biélorussie,
nous vivons tous à Bruxelles sauf Max et notre claviériste
Aymeric Ribot de Headline, voila c’est un line up très
international.
Pour certain morceaux nous avons Oliver Hartmann au chant (il
a fait aussi tous les chœurs additionnels pour chaque morceau)
et Sylvie Grare de Headline pour la voix soprano
dans «Metallic tragedy», Romuald Siedlestky pour la
voix death et Aymeric Ribot au chant bass baryton toujours dans
notre mini metal opera, notre chanteur Max a par contre aussi
fait la voix black metal dans ce même morceau.
On sent
de nombreuses influences sur cet album, tant dans le domaine du
métal (Malmsteem, Symphony X) que de la musique classique.
Quels sont les musiciens et les groupes que vous appréciez
?
Il est clair que Yngwie m a influence surtout étant plus
jeune, j’ai beaucoup appris de lui, mais j’essaye
d’avoir mon style, j’aime beaucoup d autres guitaristes:
Gary Moore, Al di Meola etc,
j’ai été influencé par des tas de groupes
des 80: Maiden, Slayer, Annihilator
et j’adore aussi Symphony X. Je suis aussi
influencé par la musique classique, baroque, les opéras
de Haendel, Verdi, Bellini,
Mozart, le tout est de savoir bien doser les
différents éléments afin d’être
cohérent avec le métal.
Si les
compositions sont techniques, vous semblez privilégier
les chansons avant les démonstrations. A partir de quels
éléments bâtissez-vous vos chansons ? Qui
compose et sur quels instruments ?
Je compose toute la musique et les paroles, essentiellement sur
la guitare mais les mélodies de chant sont très
importantes pour moi, je compose toujours en fonction de la voix
et pas l’inverse comme beaucoup de groupes le font. Les
harmonies développes par tous les instruments sont basées
sur les lignes de chant mais bon une fois que nous partons en
solo ou vers des parties plus progressives, c’est tout à
fait le contraire et nous nous lâchons à ce moment
là. Rien ne sert d’en mettre plein la vue tout le
temps. Mes morceaux se veulent efficaces et mémorisables
après une ou deux écoutes. C’est là
le principal intérêt de la musique pour moi.
Metallic
Tragedy semble aborder des thèmes propres à la fantasy
et à la mythologie égyptienne. Pouvez-vous nous
en dire un peu plus sur vos paroles ?
J’adore traiter de sujets épiques, c’est bien
plus intéressant que de parler de sa vie de tous les jours,
le grunge et post grunge a assez pourri le mental des jeunes ;
il est temps de laisser un peu son imagination prendre le dessus,
ce n’est pas un hasard si des films genre Lords
of the Rings ont un tel succès, les gens
veulent se changer les idées, notre monde actuel est une
telle horreur, mais de temps à autre je glisse aussi quelques
faits autobiographiques «Another Sun», toujours métaphoriques,
je ne me fixe aucune limite stylistique, ni pour la musique ;
ni pour les paroles.
Le morceau
« Metallic Tragedy » semble différent du reste
des compositions. Pourquoi avoir inclus un tel morceau et comment
l'avez-vous composé et enregistré ?
J’ai eu cette idée il y a 5 ans maintenant et je
crois que c’est un véritable nouveau style de métal,
nous continuerons dans cette voie pour les prochains albums car
tout le monde aime ce morceau, il n’est pas exclu de faire
un album en entier dans ce style, c’est à dire mélanger
des voix black, death, soprano, basse baryton classique avec notre
chanteur au style métal traditionnel ; je vais même
essayer d’intégrer des chœurs d’enfants
et des voix féminines supplémentaires (non sopranos
plutôt à la Gathering) le tout dans
un même morceau, tout dépendra de la suite de l’histoire
du chapter 2 mais bon j’ai déjà 6 morceaux
«normaux» pour le prochain don on en discutera avec
Limb et nous verrons en temps voulu ; ce qui est sûr c est
que la suite du morceau y sera.
Ce qui est drôle, c’est qu’une semaine avant
d’entrer en studio, je n’avais toujours pas une grosse
partie du morceau (paroles comprises) ce qui fait que nous ne
l’avions répétée que deux fois et une
fois au studio de Didier. Mais après une nuit d’anniversaire
bien arrosée avec les autres, j’ai dû prendre
ma guitare malgré ma migraine et tout ce qui nous manquait
m’est venu en 15 minutes, comme par miracle, tout s’emboîtait
à merveille (rire). Je pense qu’il est vraiment temps
de mixer différents univers métal et de voir ce
que ça donne. Il y a tellement de formations qui jouent
la même chose depuis des années, je ne pourrais pas
faire une même musique pendant 20 ans. Il faut faire évoluer
les choses, doucement au début pour ne pas trop choquer
mais assez pour faire changer les choses.
Justement,
comment s'est déroulé l'enregistrement avec Didier
Chesneau ? Comment l'avez-vous choisi ?
Je
lai rencontré à un festival à Nancy et lui
ai simplement demandé de produire l’album. Je n’étais
vraiment pas content du premier album (qui n’était
qu’une démo pour démarcher des labels ; on
n’a jamais réussi à faire remixer ce disque
par notre premier label, car j’ai toujours tout payé
moi-même) l’enregistrement a été très
long car nous produisions notre album nous-même, et il a
fallu s’arrêter plusieurs fois avant de trouver l’argent
nécessaire pour continuer, à cela s’est ajouté
des déboires juridiques avec notre premier label (ils voulaient
notre second album sans aucune option valide), j’ai donc
dû les attaquer en justice pour nous libérer définitivement
de ce contrat merdique, pas d’avance, ni tour support, rien
pour enregistrer) cela a pris presque 2 ans, mais nous avons gagne
le procès, bref on a perdu beaucoup de temps, la plupart
des morceaux que tu entends sur ce disque, je les ai composés
en 2000.
L’enregistrement s’est très bien déroulé,
Didier est très pro et est un très bon preneur et
ingénieur du son. Il a une super oreille et du bon matos
; il voulait que nous jouions tous les morceaux en live pendant
5 jours dans son studio pour au mieux recréer l’énergie
du live et ainsi noter tous nos changements de tempos, au millimètre
près pour reprogrammer le clic track se basant sur le côté
instinctif du live, très dur mais super efficace, certains
morceaux que certains qualifieront de simple power speed possèdent
plus de 5 ou 6 changement de tempos(sans parler des morceaux plus
prog, qui eux atteignent 8 voir 9 beats différent), imperceptible
pour la plupart des gens mais qui donnent toute leur puissance,
c’est la le secret d’une musique énergique.
Vous avez
signé avec un label dont le souci premier est la qualité
des groupes. Quel effet cela fait-il de se retrouver à
côté de Rhapsody, Mob Rules ou Pagan's Mind ? Qu'attendez-vous
de cette signature ?
Cela fait toujours plaisir d’être sur un très
bon label, c’est très pro ; c’est une nouvelle
étape qui va dans le bon sens pour nous ; il faut se battre
pour progresser, il y a tellement de formations qui rêveraient
d’être à notre place qu’il faut être
deux fois plus persuasif, je respecte les groupes que tu cites,
ils méritent leurs succès et sont talentueux ; mais
pour être franc, je joue de la guitare depuis très
longtemps et je n’ai pas attendu le succès de ces
groupes pour composer et jouer ce style de métal donc pour
moi ce sont juste des musiciens comme nous (et pour un des trois
des label mates), qui y sont arrivés un peu mieux que les
millions d’autres groupes qui attendent dans l’ombre,
il y a énormément de gens talentueux, des bons guitariste
ou bands, mais seuls quelques-uns arrivent à signer. Il
faut s’accrocher et être motivé, ne pas désespérer
quand un label te dit non.
Pour répondre à ta question, il est clair que l’on
veut s’affirmer en temps que groupe et on compte très
sérieusement sur notre nouveau label pour faire bouger
les choses et nous faire connaître au maximum. On est très
heureux car on vient d’apprendre que l album sort aussi
au Japon sur Marquee/Avalon, un très gros label, après
toutes ces années de galères, les choses finissent
par s’arranger.
Pouvons-nous
espérer vous voir sur scène en Belgique et en France
?
Tout dépendra des ventes, et en espérant que les
gens aillent acheter le disque plutôt que de le télécharger,
mais nous sommes ouverts à toutes bonnes propositions et
on a vraiment hâte de venir jouer en France et en Belgique.
A ce sujet,
quel regard portez-vous sur ces deux scènes belge et française
? Est-ce que cela a de l'importance dans une Europe qui devient
de plus en plus large ?
Tu sais le monde du métal est très étiqueté,
et parfois le pays d’origine peut jouer en défaveur
d’un groupe. Si tu penses Allemagne ; tu penses automatiquement
heavy speed metal, c’est ainsi que la presse fonctionne
dans la plupart des cas. Les journalistes aiment catégoriser.
Je ne dis pas ça pour nous car nous sommes de Bruxelles,
mais pour nous un bon groupe reste un bon groupe, qu il soit Français,
Belge, Japonais ou Allemand. Nous sommes nous-même dans
Magic Kingdom tous d’origines et de pays différents.
Pour nous pas de frontières pour le métal.
Mais il est vrai que nous sommes le seul groupe signé sur
un label étranger évoluant dans le métal
symphonique et néoclassique. Mon autre projet Iron
Mask est quant à lui signé en Finlande
sur Lion music, le 2ème album sort bientôt aussi.
Nous sommes en train de mixer, avec aussi Oliver Hartmann au chant
et Goetz Mohre, un autre super chanteur allemand que Oliver m’a
proposé pour chanter le reste de l’album. C’est
un peu plus dans un genre hard rock, un Rainbow moderne en quelque
sorte, différent de Magic Kingdom qui est plus speed.
Vous avez
plusieurs invités sur cet album, notamment Oliver Hartmann
(ex At Vance). Comment les avez-vous contactés et que vous
ont-ils apportés ?
Je lui ai simplement demandé de chanter quelques titres
et de faire tous les chœurs additionnels sur tout l’album.
C’est un super chouette mec et très pro, je suis
un grand fan de sa voix et je pense que c’est un des meilleurs
chanteurs métal avec Jorn Lande. Je suis donc très
fier et heureux qu’il trouve ma musique bonne et veuille
travailler avec moi. Notre collaboration n’est pas prête
de s’arrêter. (Sourire)
Merci pour ton interview
et n’oubliez pas de chercher notre album, la version digipack
contient une chanson en plus, le clip de «Child of the Niles»,
des liner notes, poster, sticker et pleins de photos en plus !
A bientôt ! Metal rules !
Site
Web du label LMP
Propos recueillis par Denis Labbé
- Mai 2004
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