C'est
en 1997 que God's Bow tira sa première flèche.
Trio formé d'Agnieszka Kornet (chant), de Krzysztof
Pieczarka (claviers) et SidjaGG (claviers), la formation
polonaise se présenta au célèbre Castle
Party Festival. Leur prestation se solda par une reconnaissance
immédiate sous la forme d'un prix et d'un contrat
avec le label Black Flames. Un an plus tard, sortait, après
quelques participations à diverses compilations,
un premier album intitulé Twilight. En 2001, c'est
sous la supervisation du très sélectif Roman
Rütten d'Endraum qu'ils enregistraient What's Beyond
The Sun, petit chef d'oeuvre d'heavenly-electro délicate
et architecturale. C'est d'ailleurs en première partie
des allemands que God's Bow, désormais réduit
à Agnieska et Krzysztof, donnait son premier concert
en Belgique. En janvier dernier, ils remportaient haut la
main les présélections de l'Eurorock 2002,
faisant l'unanimité du public et du jury. |
En
1997, vous avez participé à un concours dans le
cadre du Castle Party Festival (Varsovie) et l'avez remporté.
Quelques temps plus tard, au même festival, vous avez remporté
un prix. De quoi s'agissait-il exactement ?
K: Nous avions été invités à jouer
au festival mais nous n'avions, à l'époque, que
5 chansons. Nous avons eu beaucoup de chance: notre musique a
plu et des producteurs Polonais (Black Flames Records) nous ont
proposé une collaboration. Ce fut une très bonne
surprise...
Peux-tu
nous décrire ce festival: les lieux, l'ambiance...
K: Le Castle Party Festival est le seul et unique événement
en Pologne où l'on peut entendre des artistes alternatifs,
allant du gothique au métal, en passant par l'électro.
Au départ, il se déroulait dans un petit château,
à Grodziec, et présentait surtout de jeunes groupes
Polonais. Le public se limitait à quelques centaines de
personnes. Avec le temps, la scène alternative polonaise
a grandi, tout comme le festival. En 1997, il devait déménager
vers un endroit plus vaste, au château médiéval
de Bolkow, une petite ville montagnarde dans une région
ravissante. L'an dernier, il comprenait deux scènes et
accueillait plus de 4000 spectateurs.
Vous
avez déjà joué à plusieurs reprises
en Belgique, la dernière fois en remportant les présélections
pour l'Eurorock Festival. Vous semblez apprécier ce pays...
A: Nous sommes très impressionnés par la Belgique.
Nous avons visité Bruxelles et Anvers et y avons admiré
l'architecture et l'amabilité des gens. Ce pays recèle
quelque chose de particulier, que l'on ne peut pas décrire.
Il faut y être pour ressentir cette atmosphère...
Nous n'y avons joué que trois fois et pourtant nous nous
y sentons déjà comme chez nous, sans doute aussi
parce que notre musique et y est appréciée. Le genre
électro est très développé ici et
ça a une influence très positive sur nous, particulièrement
depuis ce 27 janvier !
Avez-vous
joué dans d'autres pays ?
K: Nous avons donné quelques dates en Allemagne où
les choses se sont très bien passées. Les gens étaient
surpris que cette musique ait pu naître en Pologne... En
Suède, ce fut moins facile car nous avons été
invités parmi des formations exclusivement gothiques et
métal. Les réactions se résumèrent
à de l'indifférence, ce qui n'était déjà
pas si mal...
Vous
semblez être très influencés par la poésie
de William Blake...
A: William Blake est une personne très importante, mystique
et mystérieuse. Il a créé sa propre mythologie
en voyageant dans son monde imaginaire. Nous apprécions
ces choses inhabituelles et inexplicables qui ont quelque chose
en commun avec le mysticisme. Nous aimons traquer la vérité,
dépasser le naturel et la part physique de l'Univers. Les
poèmes de William Blake ont cette similitude avec ce que
nous aimons expérimenter. Le mysticisme de ses poèmes
est la clé de notre imagination.
La mythologie
antique a-t-elle autant d'importance ?
A: Ces temps anciens ont laissé un héritage intellectuel
et culturel énorme, des mystères inexplorés
et des beautés architecturales d'une grande inspiration
pour l'imaginaire, sans équivalent dans le présent.
Cette époque est aussi une source de nostalgie que l'on
peut retrouver dans notre musique. Nos textes évoquent
parfois cette période de l'histoire, même si le plus
souvent, ils parlent de nos expériences et observations,
de ce qui se passe chez les humains et avec les humains, de tout
ce qui est perdu dans le chaos des temps modernes...
Quelle
est votre opinion sur l'éventualité d'une forme
de vie, ailleurs ?
A.: Au vu du nombre de planètes et de systèmes solaires
dans l'univers, la probabilité d'une vie extraterrestre
est très élevée. Le sujet est éminemment
compliqué et sujet à discussion mais selon certains,
il existe des indices de telles civilisations tels que les pyramides
d'Egypte. Pour d'autres, de telles hypothèses sont inacceptables...
Quelle sera
l'orientation de votre prochain CD ?
K: Nous avons commencé à y travailler et quatre
morceaux ont déjà pris forme. Les parties vocales
d'Agnieska seront encore plus présentes. Comme nous développons
notre home-studio, le panel de sonorités sera plus large
mais il est difficile à ce stade d'en dire plus. J'aimerais
que le son soit à la fois plus spacieux et plus trouble.
J'essaye de peindre en musique les images de nos pensées.
Justement,
Agnieska s'adonne aussi à la peinture...
A: Je peins surtout des choses irréelles, des visages et
des silhouettes étranges... Mes principales influences
sont les oeuvres de Salvador Dali, de Wasilij Kandinsky, de Paul
Klee ou de Picasso. C'est encore un début pour moi. Les
choses vont doucement et spontanément. Tout comme en musique,
il y a un moment l'on SENT que c'est maintenant que l'on doit
sortir quelque chose.
Quelle
est votre littérature favorite ?
K: Je suis plutôt intéressé par la littérature
scientifique, les découvertes de l'esprit humain. J'aime
aussi me plonger dans les mondes irréels de la science-fiction
et du fantastique.
A: J'adore la littérature, essentiellement des biographies
de gens célèbres, des documentaires ou parfois de
la science-fiction ou du fantastique. Jusqu'il y a peu, j'étais
très méfiante par rapport ce genre, particulièrement
au niveau cinématographique. J'avais beaucoup de difficultés
à entamer une lecture. Pourtant, il y a deux ans, j'ai
essayé de lire "Flowers for Algernon" de Keyes.
Je l'ai adoré. Il a changé mon regard sur la science-fiction.
A présent, je découvre l'oeuvre de Tolkien. Quand
le film "Lord of the Rings" est sorti, j'ai décidé
de commencer ce livre dont mes amis me bassinaient les oreilles
depuis toujours. A présent, je sais pourquoi...
Quels sont
vos rêves en temps que membre de God's Bow et en temps qu'être
humain ?
A: Mon plus grand rêve pour God's Bow serait de trouver
le succès: donner un tas de concerts, pouvoir présenter
notre musique dans les pays occidentaux, devant un public nombreux...
C'est incroyable d'observer les réactions positives des
gens écoutant sa musique. Ce serait merveilleux si elle
pouvait trouver de plus en plus fans, si les gens avaient l'envie
d'acheter nos albums et de s'amuser à nos concerts. Voilà
mes rêves... Dans la vie de tous les jours, je désire
simplement que ma famille et mes amis aient une existence paisible
et heureuse.
Photos et interview: Filip
Van Muylem
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