Lefantastique.net : Pouvez-vous
présenter brièvement l’histoire du groupe
pour nos lecteurs ?
François Loprete: Formé en 1986, la première
démo de Dyslesia n’apparaîtra
qu’en 1997 avec des titres qui figureront deux ans plus
tard sur le premier album de Dyslesia, My Own Revolution.
C’est à partir de ce moment là que les dates
avec les pointures européennes s’enchaîneront:
Vanden Plas, Rage, Royal Hunt, Symphony X. En 2001 sort Who
Dares Wins avec comme producteur Dennis Ward (Pink
Cream 69), notre plus gros succès au jour d’aujourd’hui.
Son successeur Years of Secret voit
le jour en 2002, c’est sur cette tournée qu'est
réalisé notre DVD Story and live.
Il aura fallu attendre 6 ans de voir notre dernier opus In
Veins, Heart and Minds.
Quelles
ont été vos influences lorsque vous vous êtes
lancés dans Dyslesia ? Est-ce que celles-ci ont évolué
au fil du temps ?
FL: Nous avons des influences assez éclectiques. La musique
de Dyslesia n’était pas réellement fixée.
C’était en écoutant en John Petrucci
et Dream Theater que nous avons réussi
à trouver le fil conducteur pour Who Dares Wins.
Il aurait été illogique 6 ans après de
resservir In Veins... à la même sauce.
Le fait de ne pas être attendu te laisse plus de liberté.
Il s’est passé
plus de cinq ans entre Years Of Secret (2002) et In
Veins, Hearts and Mind (2008). Qu’avez-vous fait
durant toutes ces années ?
FL: Durant ces 6 ans, nous avons travaillé sur le nouvel
album. Il faut savoir qu’il était prêt depuis
3 ans déjà. En plus du changement de line up,
des insatisfactions dans la production et la volonté
de ne pas refaire les erreurs de Years of secret nous a menés
jusqu’à aujourd’hui. Nous ne voulions pas
sortir l’album à tout prix et dans n’importe
quelles conditions.
Sur
ce nouvel album apparaissent des arrangements très professionnels:
claviers, chœurs, voix féminines en contrepoint,
cordes… qui aèrent votre musique au demeurant plutôt
lourde. Comment vous sont venues ces idées ? Ont-elles
été imaginées en studio ou étaient-elles
déjà prévue sur vos démos ?
FL: Cette question nous renvoie à la précédente,
le temps de travail accordé à un produit pour
qu’il soit le plus abouti possible. Une fois que tous
les instruments et le chant ont été enregistrés,
on s’est aperçu qu’il manquait quelque chose.
Sylvain (nouveau bassiste) a l’habitude de bosser en incluant
des machines sur ses propres compos. Il s’est proposé
de travailler sur un titre "Dependance". De plus,
la collaboration avec des personnes comme Thierry Mas, ou encore
Alain Durand, a apporté un énorme cachet aux différents
titres de cet album. Il nous aura fallu autant de temps que
de composer l’album.
Qu’est-ce que l’on
possède dans nos veines, nos cœurs et nos esprits
qui vous intéressent tant dans cet album ?
Thierry Lebourg: La réponse je pense est unanime pour
le groupe, c est la musique, pour nous elle a une place tellement
importante dans nos vie que vivre sans c’est un peu comme
enlever un organe vital.
Quels
sont les thèmes abordés dans vos chansons ? Quels
sont les apports autobiographiques ?
TL: Les thèmes sont assez variés, ils vont d’une
critique assez noire du monde qui nous entoure, aux regards
des gens sur leurs proches , mais c’est vrai que ce n
est pas toujours marrant, il n y a rien d autobiographique,
heureusement "rire" sinon l’asile me guette...
quoi que...
La pochette de l’album
est assez étrange et énigmatique. Que représente-t-elle
et comment a-t-elle été imaginée et créée
?
TL: Elle reflète l’ambiance générale
de l album et des textes, nous avons fait passer les écrits
au concepteur de l’artwork et il nous a fait différentes
propositions en fonction de son ressenti par rapport aux textes.
Nous avons choisi celle là, nous étions tous d’accord
le visuel, le côte froid, l’impression de solitude,
le côte glacial nous a aussi beaucoup attirés.
Vos trois premiers albums,
ainsi que votre DVD sont sortis sur Brennus, tandis qu’In
Veins… sort chez Rupture. Pourquoi ce changement de label
? Qu’en attendez-vous ?
FL: Petite rectification... My own... chez Brennus,
Who dares... chez Wagram, Years of... chez XIII Bis
Record et In veins... chez Rupture. Tout cela pour
dire qu’il est assez difficile pour un label de fournir
un travail constant pour assurer la pérennité
d’un groupe et encore plus aujourd’hui. Nous sommes
enchantés de nos débuts avec le label Rupture
Music et cela on l’espère donnera une longue collaboration.
Depuis My Own revolution
(1999), votre son et vos compositions ont évolué
tout en conservant une réelle qualité mélodique.
Qu’est-ce qui a changé dans votre manière
de composer et d’aborder la musique ?
FL: Nos goûts sont assez divers et vont vers des
registres même extrêmes mais la résultante
de tout cela reste la mélodie. Durcir les morceaux était
donc naturel. D’autre part nous n’avions plus envie
d’une double grosse caisse répétitive sur
chaque titre. On peut dire que In veins... est un nouveau
départ.
Les
prémices du groupe remontent en 1984. Qu’est-ce
qui a changé en France durant tout ce temps pour le metal
? Est-ce plus facile ou plus difficile d’enregistrer des
disques et de faire des concerts ?
FL: Rien !!!!!!! C’est plutôt direct comme réponse,
mais c’est malheureusement une réalité.
Le métal est un réseau très underground
et encore plus aujourd’hui. Les quelques émissions
qui diffusaient des clips métal à la fin des années
80 n’existe plus, à part "Antisocial"
de Trust, c’est tout ce que l’on
peut entendre sur les ondes à des heures grandes écoutes.
Les groupes français qui produisent des albums partent
à l’étranger car la production à
une part importante sur le travail qui lui sera accordé
notamment dans nos pays voisins.
Comme la plupart des groupes
vous possédez un site internet et une page MySpace. Comment
ces deux médias ont changé les rapports que vous
avez avec vos fans ?
FL: C’est une autre manière de dialoguer avec nos
fans. Je pense que l’avenir des groupes passera inévitablement
par là. En un clic vous avez toute l’actu du groupe:
dates de concert, nouvelles compos etc. Metallica devrait mettre
son nouvel album en ligne, les plus gros groupes montrent l’exemple.
Je vous laisse imaginez la situation des labels dans un avenir
proche.
La
France n’est pas un pays réellement rock, encore
moins metal, si l’on se réfère à
ses stations de radios, ses émissions de télé
ou ses ventes d’albums contrairement à d’autres
pays européens comme la Finlande, l’Allemagne ou
l’Angleterre. Est-ce que la seule passion peut y faire
survivre un groupe ?
FL: De plus la France est le seul pays à avoir le statut
d’intermittence du spectacle ce qui complique grandement
les choses. Je veux dire que vivre de ça musique va devenir
mission impossible en étant intermittent à cause
de la conjoncture actuelle. Au jour d’aujourd’hui
mieux vaut être amateur pour faire vivre sa passion.
Que pensez-vous de la
reprise acoustique de "Highway To Hell" par les candidats
de la Nouvelle Star ?
FL: Etant fan à la base, je pense que c’est une
bonne démarche de venir puiser dans une registre qui
regorge de hits encore méconnus dans notre pays. Au niveau
de la diffusion c’est pas encore ça, à croire
que ce serait la descente aux enfer pour l’émission
qui diffusera ce single.
Est-ce qu'on va pouvoir
vous retrouver sur la route ?
FL: On va laisser passer l’euro 2008 et les grandes vacances
se préparer et revenir sur scène en grande forme
dès la rentrée. Merci à toute l’équipe
et à tous les fans d’être encore présents.