Drop-O-Rama
Un panorama rock à découvrir
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Avec la sortie de leur troisième album, Three
At Last, les Français de Drop-O-Rama
confirment tout le talent pressenti sur leurs deux précédents
opus. Nous sommes allés à la rencontre d'Olivier
et d'Antoine, chanteur et batteur du groupe, pour qu'ils
nous éclairent sur leurs influences et sur leurs
goûts. Lorsqu'on y découvre Billy Idol, Europe,
Bon Jovi, Simple Minds voire Britney Spears et Robbie
Williams, on se dit que Drop-O-Rama a vraiment des choses
à nous dire. Je croise les doigts pour qu'après
cette lecture vous courriez acheter leur dernier album
qui vaut réellement le détour.
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LeFantastique.Net: Pour commencer, pouvez-vous
nous expliquer votre parcours musical avant la formation de
Drop-O-Rama? Et comment avez-vous fondé ce groupe ?
Olivier: J’ai débuté
le chant à 17 ans et j’ai joué dans toutes
sortes de formations allant du Heavy Glam à la Soul Rock.
En 1995 je me suis expatrié à Londres où
j’ai eu la chance de beaucoup tourner. J’ai rencontré
Antoine au travers d’un ami commun, Eric Pagès
(ex-batteur de Respect) et très vite
je me suis retrouvé à travailler son projet d’album.
Antoine: Ce qui était au départ un simple projet
studio, que Raphaël (guitares) et moi avions créé
quelques mois auparavant est rapidement devenu notre premier
album, Nothing Changes, sorti en 2002.
Que
signifie "Drop-O-Rama" et comment avez-vous trouvé
ce nom ?
Antoine : Ah ah... La question piège... Nous recherchions
avant tout un nom qui sonnait bien dans toutes les langues. Je
ne voulais pas d’un nom anglais à la Twisted Smile
ou Funky Brothers, comme c’est souvent le cas en France...
Pour la signification, c’est censé rester un mystère,
donc vous le saurez après ma mort, ou bien lorsque le groupe
se séparera – je ne sais pas quelle solution vous
préférez !
Vos influences
musicales semblent nombreuses et variées. Si l'on cite
The Angels, Bon Jovi, Rod Stewart, Billy Idol ou Europe sommes-nous
dans le vrai ?
Olivier: Bien vu, dans mon cas il y en a 3 dans le désordre
!
Antoine: A peu de choses près, oui ! Nous avons tous des
influences extrêmement variées et différentes
en effet, et ces artistes sont également une bonne synthèse
de tout ce que nous apprécions – tout comme l’est
Drop-O-Rama ! En ce qui me concerne, pour ce qui ressemble de
près ou de loin à Drop-O-Rama, j’aime particulièrement
Billy Idol, Bon Jovi, Europe, Simple Minds, Robbie Williams et
pour ce qui s’entend beaucoup moins dans notre musique,
je suis un fan absolu de Mötley Crüe, Manowar, Black
Sabbath, Alice Cooper, bref pas mal de choses. En revanche, je
n’ai jamais écouté The Angels, mais je suppose
donc que ça doit valoir le coup !
Quels sont
les albums que vous conseilleriez à nos lecteurs?
Olivier: Hormis le dernier Drop-O-Rama…
Antoine: Le dernier Bon Jovi, les albums solos de Joey Tempest
(Europe), l’intégrale d’Elvis Presley et le
dernier Drop-O-Rama !
Sur votre
album précédent "Superlove" vous avez
surpris beaucoup de monde en reprenant "Stronger", un
morceau de Britney Spears. Comment vous est venu cette idée
?
Olivier: Antoine et moi sommes des fans de cette chanteuse,
surtout de son époque "couettes". On s’est
dit que ce serait le meilleur moyen de la rencontrer, mais cela
n’a pas suffi... snif...
Antoine: En fait, beaucoup de gens aiment critiquer assez facilement
et rapidement ce genre d’artiste (car c’en est une,
malgré tout) sans trop prêter attention à
la musique, mais quand on examine de plus près, on se rend
vite compte que Britney Spears (comme beaucoup d’autres
chanteuses interprètes) est une artiste qui chante bien,
qui produit des vrais spectacles sur scène (bien plus amusants
que le concert de rock moyen: playback ou pas, on s’en fiche,
on veut du show !) et surtout, qui est entourée de la crème
des compositeurs et des producteurs (Mutt Lange, Max Martin, ...
pas mal de personnes qui ont traîné dans les studios
des groupes de hard-rock des 80s). Du coup, ça donne des
tubes imparables qui restent dans la tête, des compositions
intéressantes, et des albums aux sonorités actuelles
et abouties. Notre but était de montrer qu’une de
ses chansons, interprétée à la manière
rock, passait très naturellement sur un album de rock –
la plupart des personnes qui ne connaissaient pas la version d’origine
pensaient même qu’il s’agissait d’une
de nos compos, comme quoi c’est un très bon morceau
! D’ailleurs, le tout nouvel album de Britney Spears est,
dans ce sens, une tuerie: super prod, très bonnes compos,
excellente interprétation. Tiens, vous pouvez le rajouter
à la liste ci-dessous !
Cet
album est sorti fin 2004, qu'avez-vous fait depuis ?
Antoine: Nous avons tenté de le promouvoir, effectué
des concerts, compris que le label sur lequel nous avions signé
ne soutiendrait pas et ne ferait rien pour l’album, puis
commencé à travailler le suivant afin de travailler
avec des gens motivés et compétents, histoire de
rattraper le coup !
Olivier: J’étais à Londres où j’ai
composé et enregistré avec le groupe Rime,
qui est produit par George De Angelis, un ancien du label ZTT
de Trevor Horn. Même si j’ai eu un petit dilemme avec
le groupe, j’ai eu l’occasion de travailler dans des
studios comme The Dairy et Abbey Road, et de rajouter quelques
bonnes salles à mon actif.
Comment
avez-vous atterri sur le jeune label "Why Note" ?
Antoine: Lors de la promo de Superlove,
j’ai rencontré Yann Armellino, qui est également
signé chez Why Note et qui m’a fait rencontrer Stéphane
Bergeon et Stéphane Jumelle, les managers du label. Ils
ont apprécié notre direction musicale et notre envie
d’aller de l’avant, et nous nous sommes rapidement
dit que l’aventure avec Why Note pouvait être belle.
En tout cas, elle nous fait largement oublier notre tout précédent
label...
Est-ce
que le fait d'être "dirigé" par un guitariste
(qui plus est talentueux mais ne lui répétez pas)
change quelque chose pour vous ?
Antoine: Je ne sais pas s’il nous "dirige",
mais il est effectivement très talentueux. Salut Yann !
Pourquoi
ce nouvel album s'appelle-t-il Three at Last ?
Antoine: Car c’est notre troisième, après
trois longues années difficiles !
Qui a imaginé
la pochette et quelle atmosphère essaie-t-elle de donner
de l'album ?
Antoine: La photo a été prise durant le tournage
du clip de "Half Past Drunk" (qui sera diffusé
très prochainement) et lorsque nous l’avons vu, nous
nous sommes dit qu’elle illustrait parfaitement Drop-O-Rama:
un micro, et une voix !
Il renferme
douze chansons tout en nuances, aux arrangements fins. Comment
composez-vous et arrangez-vous vos chansons? Est-ce qu'une partie
de l'écriture s'est déroulée durant l'enregistrement
ou tout était déjà prêt ?
Antoine: Les morceaux avaient déjà été
maquettées avant – nous avons commencé les
sessions d’écriture dès la fin de la promo
de Superlove. Tout est venu très vite, et nous avons finalisé
les arrangements et mélodies vocales en studio. En général,
chaque musicien s’occupe de ses propres arrangements. Certaines
parties vocales ont même été enregistrées
dans les toilettes d’un des studios: la réverbération
s’y prêtait bien, et Olivier avait de quoi s’occuper...
Cet album
est une autoproduction puisque vous êtes producteurs et
ingénieurs. Comment cela s'est-il passé ? N'auriez-vous
pas aimé avoir un regard extérieur ou préférez-vous
tout contrôler par vous-mêmes ?
Antoine: On aurait aimé s’appuyer sur l’expérience
de Bob Rock, mais finalement ça n’a pas pu se faire…
du coup, nous avons préféré prendre les choses
en mains nous même !
Les
paroles de vos chansons semblent évoquer des expériences
personnelles. De quoi parlent-elles? Avez-vous des messages à
faire passer ?
Olivier: En effet cet album transporte des expériences
personnelles, collectées un peu de partout puisque nous
étions tous éparpillés: Antoine à
Copenhague, Raphaël en France et moi au Royaume-Uni et en
Irlande..."Half Past Drunk" traite de l’auto-destruction,
l’alchimie est venue de façon très instinctive,
presqu’en une prise.
Pourriez-vous
vous arrêter sur la signification des paroles de "Don't
kill your idols (kill yourself)" et "Visions in black
and white" dont les ambiances renvoient à The Angels
d'ailleurs ? Y a-t-il un clin d'œil à Billy Idol dans
la première ?
Antoine: Je n’avais même pas fait le rapprochement
avec Billy Idol ! Pour résumer, "Don’t Kill
Your Idols" s’adresse à ceux qui aiment un jour
descendre en flèche des artistes ou personnalités
qu’ils appréciaient la veille, chacun peut sûrement
en trouver autour de soi... Pour "Black & White",
tout vient de la première phrase: "One more winter,
there’s one more christmas tree to burn". Je déteste
Noël et toute cette période de fête stupide:
c’était un moyen d’immortaliser ces pensées
nobles et humanistes dans un morceau !
On sent
une ironie assez mordante dans "Pink is for girls".
Comment vous est venue l'idée de cette chanson ?
Antoine : Euh… le rose, c’est plus joli sur
une fille que sur un garçon, non ?
Est-ce que
nous allons avoir la chance de vous retrouver sur les routes ?
Antoine: On fait tout pour. C’est extrêmement difficile
de tourner en France, et de trouver des dates intéressantes
(aussi bien pour le public que pour le groupe). Tu connais les
traditionnelles complaintes des groupes français... Je
félicite ceux qui ont le courage de tourner non-strop dans
les bars et pubs, car je t’assure que ce n’est pas
drôle tous les jours. Et puis, on attend le coup de téléphone
d’Aerosmith pour nous emmener dans leur tournée mondiale,
donc on est un peu coincés…
Etant
donné la qualité de votre album et aussi de beaucoup
d'albums de groupes français, pour quelles raisons vos
chansons comme celles d'autres groupes ne passent ni sur les ondes
de radios périphérique ni à la télévision
?
Antoine: On chante en anglais, et les radios n’en veulent
pas... Tant pis, on assume. J’ai toujours trouvé
que le rock chanté en français ne sonnait pas très
bien, alors on s’est entêté dans l’anglais.
"Half Past Drunk" et "Head Rolls", ça
a plus de gueule que "A moitié bourré"
ou "La tête roule", non ?
Est-ce qu'il
y a des groupes actuels qui vous branchent sur la scène
française et que vous aimeriez faire connaître à
nos lecteurs ?
Antoine: Pleasure Addiction, un petit groupe français
qui monte... Je crois qu’ils sortent un album l’an
prochain.
Olivier: Je connais très peu la scène rock française,
j’aime bien le dernier titre en date de Superbus et j’ai
eu l’occasion de rencontrer le groupe français Gojira
à l’Underworld (Londres), ce sont de très
bons musiciens.
Interview réalisée
par Denis Labbé
Lien: Drop-O-Rama
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