Diary of Dreams

Créé à la fin des années 80, Diary of Dreams ne sortit toutefois son premier album qu'en 1994. Ce groupe gothic-rock ne comportait à ses débuts qu'Adrian Hates qui fut membre aussi du groupe Garden of Delight. Faisant couler dans ses veines le courant musical de ces derniers, Diary of Dreams réussit cependant à s'en dégager (et à surpasser son géniteur) par un son guitare tout à fait particulier dès le début et l'introduction de plusieurs éléments électroniques par la suite, cela n'altérant toutefois en rien le "son" originel d'Adrian Hates. Mais un retour aux sources est annoncé.

Pourquoi venez-vous souvent en Belgique?
Adrian Hates (H.D.): Le public est très ouvert lors de nos apparitions. La première fois que nous sommes venus, c'était en 1991 et depuis lors nous sommes revenus régulièrement. J'aime beaucoup ce public et le public semble nous apprécier. C'est donc une bonne combinaison.

L'actualité du groupe, c'est une compilation reprenant quelques morceaux retravaillés plus quatre inédits.
H.D: A l'origine, "Moments of Bloom" était uniquement destiné au marché américain parce qu'on y avait signé sur un label. De plus, je pensais que pour les Américains, ce serait bien d'avoir une juste idée de ce qu'a fait le groupe avant et ne pas être confronté à un nouvel album sans savoir quelle a été l'évolution du groupe jusqu'à cet album. Comme je ne tenais pas à ce que les fans européens soient forcés de payer le prix d'un import, je l'ai aussi distribué en Europe. Finalement, je pense qu'il en vaut vraiment la peine parce que les nouvelles versions ont un caractère très différent et un nouveau style.

Le choix des morceaux ?
H.D: C'est un choix personnel. J'ai juste écouté les morceaux à plusieurs reprises et j'ai réfléchi à quelles chansons pourraient bien s'y retrouver. Ensuite, quelles étaient celles qui pourraient être interprétées d'une façon différente, parce qu'il y a des chansons pour lesquelles je me dis que je ne dois rien changer.

Comment décririez-vous les quatre nouveaux morceaux ?
H.D: je pense que pas mal de personnes prétendent apprécier nos débuts et que cela est plus difficile en ce qui concerne nos derniers travaux. Mais je ne suis pas d'accord, car c'est un développement très souple et il ne s'agit pas d'aller-retour. Donc, je considère que ce que nous avons fait est très compréhensible et que la plus grande partie de nos fans sont d'accord avec cela et nous suivent. Nous avons des fans très réguliers. Nous n'en perdons pas; au contraire, nous en gagnons avec les années.

Comment expliquez-vous que vous soyez aussi productif ?
H.D: Je n'ai pas de réponse là-dessus. J'en ressens le besoin. Je n'ai pas d'explication à ma productivité ou pour mon inspiration ou mes influences. D'autant plus que je travaille sur trois projets différents depuis quelques années déjà.

Vous manquerait-il un hit ?
H.D: Je ne pense pas. Les gens connaissent les chansons et chantent avec nous. C'est une mentalité typiquement allemande. Les gens aiment la musique dure, agressive, très lourde, très rythmée. Et je ne vais pas dans ce sens. Donc avoir un hit en Allemagne voudrait dire que j'aurais fait un morceau très rythmé et fort. J'utiliserai des rythmes forts si j'en ai envie, mais si quelqu'un me dit de le faire pour avoir un tube. Et puis, nous avons des rythmes très entraînants, très dansants.

Les trois premiers albums furent des projets solo. Le quatrième voit l'apparition d'un véritable groupe.
H.D: Oui. Les trois premiers albums étaient très personnels. J'y ai fait 99% des choses. Je jouais les guitares, piano, etc… j'ai composé les arrangements, j'ai enregistré, mixé, remixé. J'ai fait tout ce que l'on peut faire dans la réalisation d'un disque, y compris la distribution. On a ensuite remarqué qu'une ou deux personnes sur scène, ce n'était pas très bon. Nous avons ressenti le besoin d'être accompagnés par d'autres personnes et au fil des ans, nous l'avons réalisé. Mais cela m'a pris beaucoup de temps de trouver les personnes adéquates.

Interview: Laurence Gilis
Présentation: Bernard Depelchin
Photos: Filip Van Muylem

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