Cymoryl

Cymoryl est un groupe français qui existe depuis six ans et qui vient de sortir, avec Strange Evocation, un premier album de très bonne facture qui ravira les fans de métal progressif et les amateurs de textes fantastiques. D’ailleurs, pour les plus avertis, le nom Cymoryl provient d’Elric le Necromancien de Michael Moorcock, source inépuisable de patronymes si l’on en juge par les groupes qui ont puisé en lui: Tygers of Pan Tang, Stormbringer, Yyrkoon… Appréciant autant les ambiances que les envolées lyriques, les mélodies que la puissance, Cymoryl prouve que la scène française est bien vivante et qu’elle offre des groupes de qualité qui, non seulement ont quelque chose à dire, mais qui le font avec talent. Plongez-vous donc dans leur premier album et découvrez-les grâce à cette intéressante interview qui nous les révèle.

Pour commencer, pouvez-vous nous parler de cet étrange symbole qui orne votre pochette et votre disque ? Cette roue à cinq branches évoque-t-elle la cohésion de votre groupe ? Quelle signification pouvez-vous donner à la pochette du disque ?
Le symbole de la roue à cinq branches est effectivement le logo du groupe qui symbolise la cohésion des cinq membres qui regroupés forment un ensemble plus fort que chaque individualité. Nous retrouvons également à l’intérieur du sigle chaque lettre de manière plus ou moins évidente qui forme le nom Cymoryl.
Un soin tout particulier a été apporté à la conception de la pochette de l’album qui doit refléter l’ambiance musicale du disque. Ce couloir imaginaire étroit et écrasant dont le sol est un tapis de sable contraste totalement avec l’ouverture vers l’extérieur qui symbolise la liberté et la découverte d’où émerge le logo de Cymoryl. Mais avant d’arriver au bout de ce couloir il faudra ouvrir chaque porte qui représente chaque morceau et histoire de l’album.

De quoi parlent les différentes chansons composant Strange Evocation ? Vous semblez prendre beaucoup de soin dans l’élaboration de vos paroles.
Les paroles tournent autour de récit souvent épique pour conter des angoisses humaines intemporelles: la mort ("Futile Things", "Strange Evocation"), l’aliénation ("Lunacy", "My Duty"), la guerre et ses conséquences ("Soldiers of Shame", "Exile"). Ces thèmes sont abordés soit par des descriptions de situations, soit par le biais d’un récit fantastique tel "Strange Evocation" ou "Eternal Being". L’objectif est de transporter l’auditeur dans un univers imaginaire qui aborde pourtant les angoisses de notre monde bien réel.

Votre groupe existe depuis plus de 6 ans. Est-ce que cela vous a semblé long jusqu’à la sortie de votre premier album ?
Six années, ça représente effectivement un bout de temps mais tellement de choses se sont déroulées depuis: beaucoup de concerts et quelques changements de line-up qui ont renforcé la cohésion du groupe. En fait l’histoire de Cymoryl s’est accélérée avec l’arrivée d’Alain au chant en 2000: dès cet instant l’objectif du groupe était de sortir cet album. Ce disque n’est pas pour autant un aboutissement en soi mais le début d’une nouvelle expérience qui maintenant devient professionnelle.

Quel regard portez-vous sur la scène française ? Et sur la scène internationale ?
Malgré les croyances du public, la scène française fourmille de groupes vraiment intéressants et capables musicalement de rivaliser avec la scène anglo-saxonne. Cependant le manque de structure pour diffuser et accueillir ces groupes (surtout pour le métal et le prog) rend très difficile le cap du professionnalisme et tue 90% des espoirs français.
Aujourd’hui la crédibilité et la réussite d’un groupe français doivent passer obligatoirement par le marché international, c’est l’objectif de Cymoryl.
Pour la scène internationale, le métal progressif connaît depuis 3-4 ans un regain d’intérêt avec d’un côté l’école Dream Theatre et de l’autre l’école Malmsteen période Marching Out avec des musiques beaucoup plus symphoniques. Les productions actuelles dans le style placent la barre très haute par rapport à ce qui se faisait en Hard Rock il y une quinzaine d’années et contrastent totalement avec le paysage pop et variété qui lui épure de plus en plus.

Quelles sont vos différentes influences ? A l’écoute de votre disque, elles semblent multiples.
Nous avons tous, dans Cymoryl, une culture musicale commune et très variée. Du prog (Yes, Rush, King Crimson…), du Hard classique (de Led Zep à Megadeth en passant par Van Halen et Maiden), de la musique de shredder (Malmsteen, Vai, Vinnie Moore, Satriani…), du jazz rock, du Blues ainsi que des influences classiques notamment de sonorités orientales (Shakti, Shankar…) Une autre influence évidente est Dream Theatre qui représente pour nous le bon mariage de toutes ces influences.

Comment s’est passé l’enregistrement de cet album ?
Nous avons enregistré et mixé l’album au Studio La Grange à Saint Martin de Crau dans le sud de la France. Nous y sommes entrés en mars 2002 pour enregistrer en 2 semaines toutes les parties instrumentales. Au mois de mai nous avons posé les voix puis fait un break jusqu’à la mi juillet où j’ai attaqué le mixage du disque avec le producteur. La qualité et l’espace de ce studio nous ont permis de reproduire fidèlement le son du groupe notamment pour le son de guitare souvent négligé dans les productions nationales.

Lorsque l’on jette un œil sur votre site, Cymoryl semble être un groupe de scène. Quelle importance accordez-vous à cette partie de la vie d’un groupe ?
La plus grande importance, la scène est l’élément moteur qui anime le groupe.
Que l’on mette l’étiquette de métal, de prog ou toutes autres, les racines communes sont le rock qui est une musique de scène, l’album n’est qu’une photo à un instant donné. De plus, comme nous évoluons dans un marché très restreint, les concerts restent le meilleur moyen de promouvoir un groupe et de rencontrer son public. C’est d’ailleurs par ce biais que nous avons rencontré notre maison de disques et notre producteur.

Avec quels groupes aimeriez-vous tourner ?
Le rêve serait de pouvoir ouvrir pour Dream Theatre ou un artiste de la carrure de Steve Vai. Mais il y a tellement de groupes que nous apprécions et avec qui nous serions honorés de pouvoir jouer, par exemple: Vanden Plas, Adagio, Ron Thal, Planet X, Iron Maiden, Freak Kitchen

http://www.cymoryl.com

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