Collection d'Arnell-Andréa
Depuis
la sortie de Tristesse des Mânes
(2002) et les rééditions successives et indispensables
de Villers-aux-Vents (1994/2003) et
d’Un automne à Loroy (1989/2004),
à l’initiative du label français Prikosnovénie,
l’espoir renaissait de découvrir prochainement le
successeur de Cirses des Champs (1996),
dernier véritable album du célèbre projet
de rock baroque Collection d'Arnell-Andréa.
Restait à lever le mystère sur ce nous pouvions
en attendre. Électro-électrique, comme l’avaient
été ces derniers albums ou, au contraire, intimiste
et acoustique comme Tristesse des Mânes nous le
laissait supposer ? The Bower of Despair
n'est finalement ni l’un ni l’autre... A moins qu’il
ne soit un peu des deux, comme un nouveau sentier d’automne...
sur lequel nous guide Jean-Christophe d’Arnell.
Tristesses
des Mânes
Depuis
1988, qui saluait la sortie de leur premier opus (Autumn's
Breath for Anton's Death), Collection d’Arnell-Andréa
n’a cessé de se redéfinir autour de son concept
fondateur, entre classicisme et mélancolie. Marquant le
passage d’un registre "classique" à un
registre résolument pop-rock mélodique (le piano,
les rythmes synthétiques, la voix académique de
Chloé Saint-Liphard et le violoncelle ayant toujours constitué
la marque de fabrique du groupe), Villers-aux-Vents suivi par
l’excellent Cirses des Champs va marquer un deuxième
temps fort dans l’existence du groupe… en l’ouvrant
à un public moins confidentiel.
A
tel point qu’il faudra attendre près de six années
pour que de nouveaux travaux nous parviennent.
"Après Cirses des champs, nous avons éprouvé
le besoin de revenir au plus près des instruments acoustiques
que nous utilisons depuis le début. Nous avions envie de
redécouvrir, en quelque sorte, le son du violoncelle, de
l’alto, du piano et bien sûr la voix de Chloé.
La réalisation de Tristesse des Mânes nous a pris
énormément de temps et d’énergie, car
il a fallu réapprendre à travailler sans les aides,
et parfois les artifices, qu’apporte l’électronique.
Ce disque représentait comme un challenge pour nous tous...
un album de "musique de chambre", un peu dans l’esprit
des Mélodies de Fauré ou de Duparc."
Exercice de style assumé
comme tel, Tristesse des Mânes revient donc de
façon radicale aux ambiances feutrées et intimistes.
Cet album marque également le début d’une
collaboration avec le label français Prikosnovénie,
connu pour la qualité et la richesse de son catalogue dans
les domaines heavenly et folk. "Dès que l’enregistrement
fut terminé, Prikosnovénie nous a proposé
de sortir l’album. Ce label nous a semblé parfaitement
adapté pour un disque aussi différent. En plus,
nous nous sommes toujours sentis plus proches de petits labels
indépendants, avec qui les contacts sont directs et plus
simples, et surtout avec qui notre liberté artistique est
totalement préservée".
The Bower of
Despair
"Lorsque
Prikosnovénie nous a proposé de ressortir Villers-Aux-Vents,
nous nous sommes tout de suite impliqués. Le label nous
a d’ailleurs proposé la réédition de
tous les autres albums". Et c’est au cœur de cette
effervescence que sort The Bower of Despair. Entièrement
écrit en anglais – exercice inédit –,
ce nouvel opus renoue avec une démarche introspective et
l’un des thèmes récurrents du groupe: l’Homme
confronté à ses doutes, à ses émotions
et à la Mort. L’atmosphère est résolument
sombre mais animée d’une énergie électrique
presque adolescente qui tranche avec le noble recueillement de
Tristesse des Mânes.
"La
réalisation de Tristesse des Mânes nous ayant mobilisés
pendant presque 4 années, nous avions tout naturellement
envie de revenir à des ambiances plus "dures",
sans totalement tourner le dos à ce que Tristesse des Mânes
nous avait apporté: la présence de la voix, la lisibilité
des cordes… Je pense que par sa couleur et ses évolutions
The Bower of Despair marque une étape importante au sein
de notre parcours."
En composant The Bower of Despair,
c’est peut être sa part d’ombre que tente de
saisir le collectif. C’est en tout cas une "œuvre
au noir" (l’album s’ouvre avec l’explicite
"From Our Dark Side") qui cherche de ses racines, dans
le terreau le plus sombre, à nourrir une œuvre qu’il
nous reste à découvrir ou à redécouvrir.
John Cultiaux
Discographie
1988 - Autumn's Breath for Anton's Death
1989 - Un Automne à Loroy
1990 - Au Val des Roses
1992 - Les Marronniers
1994 - Villers-aux-Vents (Février 1916)
1996 - Cirses des Champs
1998 - Coll AGE 1988-1998
2002 - Tristesse des Mânes
2004 - The Bower of Despair
Internet
http://cdaa.free.fr
http://www.prikosnovenie.com
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