Apoptygma
Berzerk constitue le premier ambassadeur danois de la musique
électronique. Remportant actuellement un réel
succès lors de leurs concerts et mené par
un certain Stefan Groth, co-fondateur du groupe en 1989,
celui-ci nous propose une electro calquée sur les
légendaires Depeche Mode, mais en version plus noire.
Cependant, il faut mentionner la plage "Spiritual Reality",
véritable exception à cette electro somme
toute conventionnelle; le chant y est agressif, la musique
percutante et cinglante… un véritable bijou.
Ah! Si tous leurs morceaux avaient cette même énergie
! |
Combien
êtes-vous sur scène ?
Stefan Groth (S.G.): nous sommes trois sur scène; un synthé,
une guitare et moi qui chante.
Comment
présenter Apoptygma Berzerk ?
S.G: nous sommes une sorte de mixture entre toutes sortes de musiques
électroniques: house, techno, synth,… on essaye juste
de créer quelque chose de nouveau et de spécial.
Est-ce important
de sortir des limites de l'ebm ?
S.G: j'aime beaucoup Front 242. Je pense que Apoptygma Berzerk
fait partie de la scène ebm, mais pas au même titre
que d'autres. nous ne sommes pas aussi ebm que les autres, car
nous mixons beaucoup de tendances. Ce n'est pas très habituel
pour cette scène. On fait des morceaux plus mélodiques
et plus pop que les autres formations.
Cela
ne vous pose pas de problèmes que vous soyez catalogués
synth-pop ?
S.G: Non. J'aime bien la synth-pop. Mais de nouveau, nous ne sommes
pas 100% synth-pop. On s'inspire beaucoup de la scène synth-pop
et du matériel des années 80 avec notamment Depeche
Mode et Alphaville. Mais nous sommes trop un mix de beaucoup de
choses. J'aime la techno, la house, la dance,… toutes ces
sortes de nouvelles tendances électroniques, j'essaye de
les y inclure.
Pouvez-vous
nous dire quelques mots sur votre cd-rom ?
S.G: Il dure 45 minutes avec des petits films, des interviews
et beaucoup d'extraits live de la tournée européenne
dont la Belgique.
Pourquoi
un live ?
S.G: On a pratiquement tourné pendant toute l'année
1998 en enregistrant tous les concerts. Pour nous, l'album live
est essentiel, car il nous est important d'éditer chaque
année quelque chose. En étant tout le temps en tournée
cette année-là, nous n'avions dès lors pas
pu enregistrer du matériel nouveau.
Accordez-vous
de l'importance aux textes ?
S.G: Chaque chanson a son propre sens, son message. J'écris
à propos de tout ce qui me passe par la tête. J'écris
sur ce que j'ai expérimenté ou sur des choses extérieures
à moi-même. Je ne peux pas parler d'un thème
commun. Toutes les chansons sont différentes et abordent
des sujets particuliers. Mais la chose la plus importante pour
moi reste d'écrire sur l'amour. ce que je ne sais pas exprimer
par moi-même, je le fais par la musique. Les chansons d'amour
sont très personnelles.
Est-il
question pour vous de sortir des limites de la scène techno
?
S.G: C'est très important pour moi de faire du nouveau
matériel original. Si tu ne crées pas, cela ne vaut
pas la peine. Quel est l'intérêt? faire des copies
de Front 242? Beaucoup le font déjà. Je veux innover
et faire avancer cette scène. Heureusement, des groupes
comme Covenant ont apporté quelque chose de nouveau; ils
sont partis vers une nouvelle direction. Ils ont fait redémarrer
la scène. Il faut que celle-ci reste en vie, il faut la
faire avancer et évoluer dans d'autres directions, sinon
elle mourra.
Vous aimez
faire des remixes ?
S.G: J'aime vraiment faire cela. J'aime reprendre des chansons
d'autres groupes et j'aime remixer. Quand tu remixes, cela devient
presque ta chanson. Avec Funker Vogt, Project Pitchfork, Front
242, … j'ai essayé de les faire sonner comme Apoptygma
Berzerk.
Vous utilisez
beaucoup le sampling?
J'aime beaucoup travailler dans cette voie. Quand tu fais une
chanson, que tu prends un élément d'ailleurs et
que tu l'introduis dans ton morceau, cela apporte quelque chose
de magique, de spécial.
Interview: Laurence Gilis
Présentation: Bernard Depelchin
Photos: Filip Van Muylem
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