|
Phénomène
incontesté de la scène hard rock en 2008,
les Australiens d'Airbourne viennent de traverser la
France lors de leur tournée européenne.
Héritiers d'AC/DC
et de Rose Tattoo, ils offrent une musique directe,
puissante, pleine d'entrain et d'énergie, capable
de retourner n'importe quelle salle.
Nous nous devions de
ne pas les manquer lors de leur passage par chez nous,
et nous avons donc dépêché deux
personnes pour les interviewer avant leur concert à
la Laiterie de Strasbourg. Une interview instructive.
|
Pour commencer,
bienvenue à Strasbourg. Nous sommes très heureux
de vous rencontrer, car nous sommes fans, c’est donc un
honneur pour nous de réaliser cette interview.
Ryan O’Keefe (batteur): J’en suis ravi !
D’ici
la fin de l’année, vous aurez fait plus de 180
concerts...
Oui ! Enfin je crois que c’est même beaucoup plus
que ça ! [rires]
C’est
énorme ! Comment te sens-tu par rapport à cela
?
Oh, je me sens très bien ! Vous savez, j’ai seulement
22 ans, je suis jeune, donc pas de soucis à ce niveau
là. Je ne suis pas fatigué du tout, ça
se passe très bien !
N’est-il
pas trop difficile de tenir ce rythme ? Quel est votre secret
pour garder cette énergie et cette motivation pour tous
ces concerts ?
Quand tu fais ce job, tu signes pour ce rythme de vie en quelque
sorte. C’est ce qu’on aime faire, ce qu’on
a toujours voulu faire. Donc quand tu te lances là dedans,
tu te donnes à fond. Et puis, personnellement, je serais
pour qu’on fasse encore plus de concerts !
Encore
plus ?
Si nous n’étions pas autant sur la route, je ne
sais pas ce que nous ferions. Nous aimons ça, donc il
n’y en a jamais assez.
Avez-vous
le temps de penser à d’autres choses pendant votre
tournée ou vivez-vous avec la musique 24h/24, 7j/7 ?
Pas vraiment non. On aimerait bien, mais on n’a pas beaucoup
le temps entre les nombreux concerts, et la composition de nouvelles
chansons. Nous essayons de voir les villes autant que possible,
mais ce n’est pas toujours facile. Nous aurons un break
du 30 décembre au 2 janvier, nous retournerons en Australie
voir un peu de monde et nous reposer un peu. Ca nous permettra
aussi de travailler un peu sur des nouvelles chansons.
En parlant
de cela, un nouvel album est-il en préparation ?
Oui, nous avons prévu de sortir un nouvel album en courant
d’année prochaine.
Avez-vous
déjà composé pour ça ? L’album
a-t-il déjà un nom ?
Non, rien de concret pour le moment. Avec notre rythme de vie,
nous n’avons pas spécialement le temps de nous
concentrer là-dessus. Nous avons quelques riffs, quelques
paroles, il va falloir rassembler tout ça !
Vos
chansons sont-elles écrites par l’ensemble du groupe,
ou plutôt par ton frère (Joel O’Keeffe) et
toi ?
Généralement on fonctionne comme ça pour
la composition: Joel (O’Keeffe, chanteur et guitariste)
fait le premier boulot, il écrit des paroles, il prend
des riffs, en crée de nouveaux et fait une première
ébauche de chanson. Ensuite on se met tous ensemble,
et chacun met main à la pâte pour donner vie à
la chanson, c’est là que la magie opère
!
A présent,
après l’Australie, les Etats-Unis et le Japon,
vous commencez à être connus en Europe. Comment
ressentez-vous cette notoriété, est-ce un accomplissement
pour vous ?
C’est fantastique ! Nous avons toujours voulu venir en
Europe, le public est génial ici. Nous avons fait beaucoup
de festivals, et là c’est notre première
tournée "Airbourne" en tant que têtes
d’affiches. Nous reviendrons l’année prochaine
pour faire encore plus de concerts une fois que le prochain
album sera prêt.
Vous êtes
peut-être habitués à de plus grandes salles
? Ici avec le Zénith de Strasbourg, nous avons une salle
de 10 000 personnes par exemple...
Vous savez, nous avons commencé par faire beaucoup de
premières parties, et c’est notre première
tournée « Airbourne ». Nous sommes heureux
quand nous jouons devant 1 000 personnes, alors 10 000…
Waou, je n’arrive pas trop à m’imaginer !
[rires]
C’est
l’une de vos premières visites en France, appréciez-vous
notre pays ?
Oui effectivement, nous avons fait le Hellfest puis un showcase
à Paris. Nous aimons bien la France, c’est un beau
pays.
Les
amateurs français de hard rock et de metal sont une minorité.
L’ambiance est-elle la même qu’en Australie
par exemple ?
J’ai entendu parler de la rumeur qui disait que le public
français n’était pas bon. Il faudrait que
la mentalité change un peu par rapport à cela.
Honnêtement, je trouve qu’en Europe la France se
place en deuxième position juste derrière l’Allemagne.
Vous avez de vrais fans de rock et cela fait vraiment plaisir
de jouer chez vous.
Avez-vous
eu le temps de visiter certaines des villes dans lesquelles
vous êtes passé ? Vous changez de ville quasiment
tous les jours…
Nous essayons de voir le maximum des villes dans lesquelles
nous passons, mais ce n’est pas toujours facile.
A Strasbourg,
nous avons actuellement le marché de noël le plus
connu en Europe, avec le meilleur vin chaud qui existe ! En
avez-vous entendu parler ? Il paraît que vous êtes
amateurs de vin… [rires]
[rires] Oui, j’ai goûté ça en Allemagne
il me semble. Le “Glühwein” c’est ça
? Effectivement, c’est très bon, je vais essayer
de goûter le vôtre si j’ai le temps ! [rires]
Quel
est le message principal que vous voulez transmettre ? Le classique
“sex, drugs & rock’n’roll” ? D’où
vient votre inspiration ? Généralement, le sexe
et l’alcool apparaissent souvent dans vos chansons, y’a-t-il
ici une référence à quelque chose …
? [rires]
Nous jouons du Rock’n’Roll, nous avons l’esprit
Rock’n’Roll ! Vous savez, les thèmes que
nous abordons sont les thèmes abordés par la plupart
des grands groupes de ce genre. Nous en faisons partie ! Et
puis, il faut avouer que le sexe et l’alcool, c’est
génial ! [rires]
Bien sûr, on s’inspire de nos vies, de ce qu’on
voit, de ce qu’on aime. Mais le plus important est l’esprit
Rock’n’Roll. Nous essayons de garder le même
esprit que les groupes qui faisaient cela durant les 70’s.
Ces groupes nous ont marqués, nous essayons donc de garder
les mêmes thèmes.
Je
pense qu’Airbourne représente peut-être la
nouvelle vague du hard rock. Mais beaucoup de personnes disent
que vous copiez AC/DC, que souhaites-tu leur répondre
?
AC/DC est un groupe immense, c’est un
emblème du rock‘n’roll. Bien sûr on
est dans le même registre, mais quel groupe ne s’est
jamais inspiré d’autres groupes ou de chansons
et musiques qu’ils ont entendues ? Vous savez, dès
qu’un groupe commence à percer, il y a toujours
des gens qui sont là pour dire qu’il copie tel
ou tel groupe. Honnêtement, cela ne nous touche pas. Nous
nous inspirons d’AC/DC, mais aussi d’autres groupes
comme Rose Tattoo etc.
OK, tournons
la question différemment: vous êtes plutôt
jeunes, comment ressentez-vous le fait qu’on compare votre
musique à des groupes comme AC/DC ?
C’est un honneur ! Quitte à être comparés
à quelqu’un, autant que ce soit à AC/DC,
non ? C’est un groupe fantastique, avec une longévité
extraordinaire. Nous espérons vraiment faire la même
carrière qu’eux.
Vous vous
êtes produits avec Rose Tattoo, qui est l’un de
vos groupes préférés, et les Rolling Stones.
Comment cela s’est-il passé ? Comment vous ont-ils
traité ?
Ah les Stones, c’était énorme ! Nous n’étions
pas très connus à l’époque, et nous
avons eu cette occasion donc nous avons sauté dessus.
Tout s’est très bien passé, ils nous ont
très bien accueillis, nous avons fait des photos avec
eux quelques secondes avant de monter sur scène, c’est
vraiment un très bon souvenir. Quant à Rose Tattoo,
ils sont devenus de supers potes, nous nous voyons souvent pour
boire quelques verres et faire la fête, ce sont des gars
géniaux, nous nous entendons vraiment bien.
Joel et
toi êtes frères, cela engendre-t-il une complicité
supplémentaire par rapport aux autres membres du groupe
?
Joel et moi avons créé le groupe, donc depuis
le départ nous étions un peu prioritaires au niveau
des décisions du groupe. Maintenant, elles sont prises
d’un commun accord avec tout le monde. Le fait que nous
nous connaissions aussi bien est très positif, dans le
sens où nous n’hésitons pas à nous
dire les choses, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.
S’il fait quelque chose de mal je lui dirai immédiatement,
et réciproquement, nous n’avons aucun tabou. Cela
permet d’avoir une bonne ambiance de travail.
Il
semblerait que la particularité de ton frère Joel
soit de grimper un peu partout, notamment sur les structures
de scènes, pendant les concerts. Penses-tu qu’il
fasse quelque chose de ce genre ce soir ?
[rires] Cet espèce de singe imprévisible ! («
Monkey boy ») [rires] Il adore s’accrocher et grimper
partout où il peut. Au Hellfest, il est monté
tout en haut de la structure et s’est suspendu par les
pieds avec sa guitare, la tête dans le vide…Et il
a joué son solo comme ça, dans le vide ! C’est
totalement imprévisible avec lui, ce sont juste des choses
qui lui passent par la tête, et il se lâche…
Et toi,
ça ne t’arrive jamais de faire ce genre de folies
sur scène ?
[rires] Moi… c’est à dire que je préfère
faire ça en dehors, quand on est entre nous, plutôt
que sur scène ! [rires]
Parfait,
merci pour tout, nous espérons avoir un gros concert
ce soir !
Merci à vous ! A bientôt !
Ambiance
du concert
Le public était tellement chauffé à bloc
par la première partie (Black Spider), qu’il a
repris les tests de micros de l’ingénieur du son
pendant les balances. Une fois le show commencé, c’était
parti pour une bonne heure de son à bloc. Des solos époustouflants,
une interprétation excellente, sans aucun temps mort
!
L’ambiance dans le public est restée folle durant
l’intégralité du concert, encore plus lorsque
Joel a traversé la foule avec sa guitare pour jouer son
solo interminable pendant Girls in Black. David et Justin ont
parcouru la scène de droite à gauche pendant tout
le show, ce qui a ajouté un plus à l’énergie
dégagée par le groupe.
A noter dans le registre des folies faites par Joel sur scène
: frapper des cannettes de bière contre sa tête
jusqu’à explosion, pour les jeter ensuite dans
la foule. Mis à part cela, on peut noter aussi la présence
de bouteilles de vin sur scène qui, pour l’occasion,
remplacent le traditionnel Jack Daniel’s.
Une banderole de fans a été accrochée sur
les amplis pendant le concert. Les slams dans la fosse font
très souvent intervenir les membres de la sécurité,
mais cela n’a pas empêché les courageux de
se jeter à l’eau !
Au niveau du son, rien à redire, très bonnes balances,
peut être un petit peu trop de volume (remarqué
notamment sur un énorme solo de Joel).
A la fin de cette heure haletante, nous sortons de la salle,
satisfaits de ce que nous avons vu, et avec des oreilles qui
s’en souviendront le lendemain…
Interview réalisée
par Nicolas Royer et Valéry Thomas -
La Laiterie, Strasbourg 1er décembre 2008