Project Pitchfork
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Le génie de Project Pitchfork
se résume donc à réussir cette parfaite harmonie
entre chant, rythme et mélodie.
C'est en 1991 alors que voit le
jour le premier album officiel de Project Pitchfork. En réalité,
le groupe avait déjà sorti en 1987 une cassette
démo comprenant quatre titres, qui démontrait déjà
tout le potentiel du duo.
Cette démo fut mise sur CD en 1994 en édition limitée,
avec pour titre " Little Io ". C'est donc " Dhyani
" qui débute véritablement la carrière
de Peter Spilles et Dirk Scheuber dont il ne faut pas oublier
les indéniables qualités musicales. Enregistré
en seulement trois jours, cet album se caractérise par
une musique électronique simple et des textes fort élémentaires.
Les sujets traités reprennent les diverses absurdités
humaines ( guerre, destruction de la nature, torture animale,
etc),... bref, rien de très joyeux. La voix de Peter Spilles
est quant à elle déjà unique et facilement
reconnaissable. Musicalement, les morceaux sont très carrés,
avec un rythme toujours très soutenu et puis aussi quelques
sons déjà percutants. C'est sur " Dhyani "
que l'on retrouve la fameuse plage " K.N.K.A. " ( Killing
Nature Killing Animals), aujourd'hui encore très apprécié
du public et diablement dansant. Peu de temps après, ils
sortent le maxi-CD " Psychic Torture ".
Et puis arrive l'année 1992 avec l'album " Lam-'bras
" : Project Pitchfork est déjà presque à
maturité musicale. C'est " Lam-'Bras " qui va
véritablement lancer Project Pitchfork... le succès
ne les quittera plus à partir de ce moment. Project Pitchfork
poursuit sur sa lancée les thèmes développés
dans " Dhyani ", mais les textes sont maintenant beaucoup
plus réfléchis. On trouve dans " Lam-'Bras
" le premier véritable hit du groupe, " Conjure
" composé d'une basse électronique comme colonne
vertébrale du morceau, d'un rythme hyper entraînant
et d'un chant scandé tel un credo que le groupe lance au
monde entier.
A la fin de la même année
( ils sont très productifs), sort un nouvel album : "
Entities ". Il est difficile de dire s'il est mieux que "
Lam-'Bras ". Certainement pas moins bon, il est en tout cas
différent. Beaucoup plus dur musicalement ( et dans les
textes), la structure de " Entities " est caractérisée
par des " Mirror ", petits interludes qui annoncent
chaque plage principale. Le sampling devient ici très fouillé.
C'est à partir de cet album que Project Pitchfork sera
considéré comme le meilleur groupe allemand de dark-electro,
et cela grâce notamment à deux morceaux : "
Entity " qui se résume à du " 100% qui
pêche " ; et puis l'inévitable " Souls
" chanté en duo avec Patricia Nigiani, et devenu LE
thème de Project Pitchfork au point qu'on n'imagine plus
un concert sans ce véritable slow electro ! " Souls
" fut d'ailleurs voté numéro un par les lecteurs
de Zillo, le magazine musical indépendant le plus important
d'Allemagne. Le morceau sera remixé dans le très
bon maxi-CD " Souls-Island " sorti en 1993 où
l'on entend beaucoup mieux les deux chants qui se superposent.
Ce maxi se verra aussi apporter le concours de Mark Wheeler, guitariste
de Love Like Blood, groupe gothic-rock très en vogue à
l'époque.
Par la suite, paraît un nouveau
maxi-CD intitulé " Carrion " dont la chanson-titre
remportera elle aussi un véritable succès. On y
trouve également une version de " Circus of Death
" de Human League. " Carrion " annonce le prochain
album de Project Pitchfork: " Io ".
De nouveau, celui-ci est différent
de " Entities " et même de " Lam-'Bras ".
Je pense toutefois qu' " Io " doit être considéré
comme le point d'aboutissement de la maturité musicale
de Project Pitchfork. Le sampling est
omniprésent et les morceaux se suivent les uns après
les autres sans interruption telle une histoire qui se raconte.
Les rythmes deviennent moins " typiquement electro ",
mais incitent toujours à la danse. On sent une recherche
beaucoup plus poussée de sons moins conventionnels. "
Io " sera d'ailleurs le premier album du groupe à
atteindre le Top 100 allemand pour se placer à la 56ème
place, et il restera numéro un des " charts "
alternatifs indépendants pendant trois mois ! Il atteignit
également la première place au Zillo magazine.
Peu de temps après, le groupe
sort encore un maxi-CD de la plage " Renascence ", encore
un tube notamment par le thème choisi de la réincarnation,
maxi-CD dans lequel Ernst Horn de Deine Lakaien et Bill Leeb de
Frontline Assembly apportent leur contribution.
L'année 1995 est une année de changement. Peter
Spilles quitte son side-project Aurora Sutra et Patricia Nigiani
met fin à sa collaboration dans Project Pitchfork. C'est
à cette époque également que le groupe fonde
son propre label. Et puis arrive " Corps d'Amour ",
l'album sans doute le plus occulté et le plus boudé
par le public. Il est vrai qu'il est assez étrange par
l'éclectisme des morceaux qu'il contient. Et niveau parole,
il est clair que sa séparation avec Patricia Nigiani n'est
pas sans laisser indifférent Peter Spilles. Tous les textes
traitent de l'amour ou de la sexualité... courage Peter,
une de perdue, dix de retrouvées. Toutefois, dans l'ensemble,
le niveau de l'album est très bon, et on ne peut y voir
une baisse de régime du groupe. On a juste l'impression
que Project Pitchfork tente de se donner une nouvelle orientation,
même si certaines plages restent dans la lignée de
ce qui a été fait avant.
La même année sortira
alors " aW " qui se resitue dans la plus pure tradition
" pitchforkienne ". Que ce soit au niveau des textes,
de la musique ou de l'interprétation, il n'y a rien à
redire. Peut-être peut-on voir cet album dans le même
style que " Io ". En tout cas, il remporta un vif succès
auprès du public. C'est dans " aW " que l'on
trouve le nouveau hit des soirées : " Requiem ".
Par la suite, paraîtra un maxi-CD " Ch'I " avec
deux nouveaux titres.
En 1996, le groupe se dit qu'il
est peut-être temps de sortir une compilation des différents
morceaux créés jusque là. Ce sera chose faite
avec " The Early Years ". Conseillé pour celui
qui veut découvrir Project Pitchfork.
A la fin de l'année, sort
le maxi-CD " En garde ! " annonçant le prochain
album " Chakra :Red ! ".
Celui-ci arrive février 1997. Les plages sont encore plus
puissantes apportant beaucoup d'éléments crossover
comme des breaks dans les rythmes et l'utilisation de guitares
distorsion façon heavy metal. Toutefois, les mélodies
planantes sont toujours bien là; il faudrait en fait plutôt
y voir les sons synthétiques et les guitares qui se répondent
tout au long du morceau sans qu'il n'y ait de gagnant à
la fin. Il devient difficile de dégager des titres à
succès tant la qualité de l'album entier est présente.
Citons quand même " Alien Crossing " et "
God Wrote ".
Peu de temps après, Project
Pitchfork sort un live de sa tournée 1997. On y remarque
la présence d'une batterie et de guitares, ce qui a pour
effet, pour les compositions provenant de " Chakra : Red
! " d'entendre des versions-concert époustouflantes
( notamment " Human Crossing "), mais pour ce qui est
antérieur à cet album, la batterie ne parvient pas
à remplacer les rythmes purement électroniques des
morceaux originaux, ce qui in fine donne moins d'entrain à
celui qui écoute.
Enfin, nous arrivons au dernier
album du moment de Project Pitchfork ; " Eon : Eon "
sortira après trois maxi-CD " Steelrose ", "
Carnival " et " Little Eon " où seul ce
dernier ne contient que des nouveaux titres. " Eon : Eon
" reste dans la lignée de " Chakra : Red "
même si les guitares se font un peu moins entendre. Impeccablement
conçu, ce dernier album annonce encore beaucoup de beaux
jours à venir pour Peter Spilles et Dirk Scheuber. Je voudrais
juste encore vous mentionner la sortie il y a un an d'un dernier
maxi-CD " I Live Your Dream ", plage tirée de
" Eon : Eon " avec un remix notamment de Gary Numan.
Et voilà, je vous laisse
en compagnie de Project Pitchfork que je vous conseille vivement
de découvrir. Leur discographie est disponible dans tous
les grands disquaires.
Bernard Depelchin - 01/2000
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