Black Lotus réédite les albums des Grecs
de Necromantia, adeptes d'un black metal
old school, viscéralement underground, sans concessions,
nourris aux albums de Bathory, mais ne
dédaignant pas des apports heavy metal des années
80. Cela va en ravir quelques-uns qui ne pouvaient pas
trouver les pressages originaux dans nos pays.
On replonge donc aux racines du genre, c'est-à-dire
une musique dérangeante, jusqu'au-boutiste, volontairement
transgressive, ne respectant que ses propres codes et
basée sur des thèmes issus de l'épouvante
("The Blair Witch Cult" (2000), "Les Litanies
de Satan" (1993), "Devilskin" (1995)…),
du fantastique ("The Vampire Lord Speaks…"
(1993), "The Shaman" (1997)…). Cela nous
donne une musique plutôt lourde et lente aux accents
inquiétants et fantastiques. On se croirait dans
un film d'horreur ("For The Light Of My Darkness"
(1997), "Lord Of The Abyss" (1993)…).
Parfois, le rythme s'accélère, offrant
quelques plages épiques qui sentent bon la fureur
("Spiritforms Of The Psychomancer" (1997), "The
Warlock" (1993)…), mais on sent que le groupe
souhaite inquiéter plutôt qu'écraser,
préférant répéter des riffs
lancinants à grands coups de rythmiques pesantes.
Ces rééditions, présentées
dans des digipacks permettent d'apprécier en plus
des reprises de groupes plutôt surprenants pour
des amateurs de black metal. Si "The Number Of The
Beast" (1997) d'Iron Maiden représente
la partie démoniaque du groupe, on peut s'étonner
de voir des reprises de titres très metal comme
"Each Dawn I Die" (1997) et "surtout "Demon's
Whip" (1995) de Manowar, l'étonnant
"Death Rider" (1993) d'Omen
ou encore le tolkiennien "Mordor" (2000) de
Running Wild. Toutes ces interprétations
ne sont pas du plus bel effet, notamment en raison d'un
chant très black qui jure avec les originaux. Le
titre d'Iron Maiden est sans doute le plus adapté
au groupe, ceux de Manowar ne me semblent pas convaincants.
Les quatre albums proposés ne sont pas de la même
qualité, même si chacun laisse entrevoir
toutes les idées du groupe. Le dernier réédité,
IV: Malice, semble de meilleur
qualité, notamment en ce qui concerne la production
et c'est le cas également du miniAncient
Pride. Plus brut, Crossing The
Fiery Path nous renvoie immanquablement
aux productions de Bathory que citée plus haut
et ravira les fans purs et durs d'underground. Mais ne
nous y trompons pas, tout cela est d'un niveau correct
et fera bel effet dans une discothèque dédiée
au black metal. Les pochettes, quant à elles, évoquent
les Templiers: Ancient Pride (mais vus sous leur
face sombre), le démon: Crossing The Fiery
Path et IV: Malice, ou encore les vampires:
Scarlet Evil, Witching Black
(pochette sans doute réalisée à partir
de photos scannées si l'on en juge par les seins
siliconnés de la dame vampire !!).
Il y en a donc pour tous les goûts et il est indéniable
que ceux qui ne connaissent pas le groupe et qui sont
amateurs du style à l'ancienne de ces Grecs vont
pouvoir y trouver leur compte.
Denis Labbé
Liens: Necromantia
- Black
Lotus Records