The Legendary Pink
Dots (2)
Celle-ci débute en 1987
avec la sortie de "Any Day Now" et s'étend jusqu'en
1991, et peut être considérée comme le véritable
"golden age" des Legendary Pink Dots. Chaque album est
une pure merveille en lui-même, dégage sa propre
odeur musicale, expire sa propre respiration en paroles. Le violon,
toujours aussi prenant, est présent dans de nombreuses
compositions pour quasi devenir l'instrument central des mélodies.
Les rythmes se font plus diversifiés avec des sons plus
actuels. Quant à la structure des morceaux, elle se singularise
souvent par un mouvement de départ donné à
la mélodie, et puis tout d'un coup, c'est la cassure, parfois
même le chaos, comme si l'humeur brusquement changeante
du moment impose que la musique en pâtisse; s'installe alors
une période de flottement , les instruments se cherchent,
la voix donne l'impression de n'en faire qu'à sa tête,
l'apocalypse semble proche… et puis c'est la délivrance,
tout se dégage, soit que tous se soient alignés
sur le changement de ton donné, soit que la raison ( si
elle peut encore trouver sa place ici) remet tout le monde sur
l'air de départ. Une dernière anecdote: au moment
où sortirent "The Crushed Velvet Apocalypse"
et "The Maria Dimension", la Warner Bros s'intéressa
de très près aux Legendary Pink Dots qui faillirent
conclure avec elle.
Enfin, le dernier tronçon
du chemin déjà parcouru par le groupe s'étend
de la sortie de "Shadow Weaver" à aujourd'hui.
Le virage est assez sec. "Shadow Weaver" ( où
l'on retrouve un peu de violon) tranche complètement avec
les albums qui le précèdent. A présent, l'ambiance
est beaucoup plus pesante, et les structures des morceaux deviennent
très homogènes. La place est laissée plus
à l'expérimental avec une sensation d'improvisation
de la part des différents membres. Les séquences
musicales se font répétitives sur une base de départ
qui perdure tout au long de la composition. Le tout est en même
temps beaucoup moins rythmé. Toutefois, avec "Hallway
of the Gods" et "Nemesis Online", le groupe marque
un retour à des albums beaucoup plus mélodiques
et avec davantage de rythmique. Mais surtout, "9 Lives to
Wonder" sorti en 1994 mérite une mention particulière
parmi les réalisations récentes des Legendary Pink
Dots. En fait, cet album aurait très bien pu s'insérer
dans la seconde période, et en quelque sorte, il en constitue
une réminiscence: très mélodique, lyrique
et onirique, il semble appartenir au domaine du rêve. Les
chansons donnent en effet l'impression de flotter sur un "softly-softly"
nuage de notes; légères, elles permettent à
l'auditeur de laisser libre cours à son imagination et
de s'envoler avec elles. Un album à découvrir.
Nous avons de la sorte parcouru
ensemble l'Oeuvre principale des Legendary Pink Dots. Toutefois,
sachez que le groupe possède également à
son actif toute une série de cassettes autoproduites, réalisées
entre 1981 et 1990. Et plusieurs d'entre elles ont été
rééditées sur CD, ce qui permet de se les
procurer plus facilement. De plus, Edward Ka-Spel et The Silverman,
d'une part se retrouvent dans Mimir plus expérimental,
et d'autre part s'investissent également chacun dans un
"side-project" solo. Ensuite, Edward Ka-Spel participe
à un troisième "side-project" avec les
membres de Skinny Puppy, baptisé The Tear Garden. Ka-Spel
toujours fait également partie du projet gothique Artwork
dont on peut compter parmi les membres notamment Oswald Henke
des Goethes Erben. Serait-ce enfin tout? Eh bien non, car il semblerait
qu'une collaboration entre Ka-Spel et son ami David Tibet (le
chanteur-leader déjanté de Current 93) soit prévue
depuis quelque temps… affaire à suivre… et
à ne pas manquer!
Pour découvrir The Legendary
Pink Dots ou pour poursuivre votre voyage à travers leur
imaginaire, tous les grands disquaires possèdent en principe
leurs albums dans leurs rayons. Sinon, faites un tour à
la Médiathèque de la Communauté Française
de Belgique: ils ont tout! Pour terminer, si vous avez l'intention
de les voir sur scène, sachez que The Legendary Pink Dots
se produisent régulièrement en Belgique… tenez-vous
donc au courant.
Et voilà, il est temps
à présent de clore cette plaidoirie en faveur du
groupe le plus génial (entendons-le dans son sens premier)
qu'il m'ait été donné de connaître.
Souhaitons aux Legendary Pink Dots de poursuivre leur carrière
au gré de leurs pulsions, de parvenir à l'idéal
qu'ils se sont donné. Et puis, qu'ils continuent à
nous donner des émotions authentiques, à nous enchanter,
et enfin qu'ils gardent leur personnalité qui les rend
uniques et inclassables...
Bernard Depelchin - 2000
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