The Legendary
Pink Dots
"Sing While You May !",
telle est la devise du groupe le plus étrange et le plus
difficile à cerner sans doute depuis bien longtemps: The
Legendary Pink Dots.
Fondé à Londres en
1980 par Edward Ka-Spel et Phil Knight, The Legendary Pink Dots
tire son nom du fait qu'à l'époque, les deux compères
jouaient entre autres sur un vieux piano aux touches couvertes
de taches roses. En 1992, Edward et Phil décident de s'installer
aux Pays-Bas pour y constituer le centre d'activité du
groupe. Celui-ci n'a pas tardé à séduire
l'Europe entière de ses compositions insolites. Toutefois,
actuellement, c'est le public américain qui a bien du mal
à résister aux avances musicales du groupe.
Sur les quasi vingt ans de carrière des Legendary Pink
Dots, ce n'est pas moins de vingt-cinq membres qui se sont succédés
pour venir apporter leur collaboration aux deux fondateurs. Actuellement,
le groupe compte six membres : Edward Ka-Spel (chant et claviers),
Phil Knight (claviers), Niels Van Hoornblower (instruments à
vents), Ryan Moore (basse, guitare, batterie), Edwin von Trippenhof
(guitare, basse) et Frank Verschuuren (producteur).
Attardons-nous un bref instant sur les deux membres-piliers :
Edward Ka-Spel, apparaissant souvent sous les pseudonymes The
Prophet Qa-Spel ou D'Archangel, doit être considéré
comme étant le leader charismatique des Legendary Pink
Dots. Son chant est d'une expressivité et d'une justesse
admirables. Autant sa voix peut se révéler torturée,
angoissée ou apeurée, autant peut-elle également
se montrer d'une tristesse et d'une douceur infinies.
Phil Knight, mieux connu en réalité sous le nom
de The Silverman ou Phil Harmonix, imprime l'esprit musical du
groupe. Toujours à la recherche de sons inattendus, The
Silverman assure à la formation une créativité
sans limites par des samplings les plus fous, des mélodies
émouvantes et une exploration fouillée dans les
percussions ethniques, à côté des batteries
ou boîtes à rythme traditionnelles.
Tant l'un que l'autre sont indispensables à la perpétuité
du groupe, car sans l'un, The Legendary Pink Dots n'est plus,…car
à eux deux, ils créent déjà l'émotion
!
La difficulté chez The Legendary Pink Dots est bien de
pouvoir définir leur musique par un genre musical : impossible
! Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle peut prétendre
aux qualificatifs suivants qui, mis ensemble, permettent de se
faire une idée déjà plus précise:
psychédélique, expérimentale, mélancolique,
bizarre, ésotérique, avant-garde, déviante.
Parmi les influences musicales les plus diverses que le groupe
se revendique principalement au début de leur carrière,
on peut citer Nurse With Wound, Joy Division, Syd Barrett ou encore
Faust. Les textes de qualité écrits par Edward Ka-Spel
sont également d'une grande beauté. Tantôt
très tristes, tantôt étranges ou encore tantôt
véritablement angoissants, ils n'en donnent pas moins tous
l'impression d'émerger d'un rêve, de décrire
un imaginaire pas toujours facile à saisir pour celui qui
désire s'y plonger.
L'heure a sonné à
présent de vous présenter l'Oeuvre des Legendary
Pink Dots. Il est sans doute possible de diviser celle-ci en trois
périodes, chacune avec sa propre personnalité, son
propre état d'esprit, et qui symboliserait peut-être
le parcours sans fin du groupe vers une quête perpétuelle…
celle du "beau" absolu!?
Parmi les généralités
qui se retrouvent dans l'intégralité de l'anthologie
des Legendary Pink Dots, on peut constater une omniprésence
tout au long de leur carrière de sons de percussions (The
Silverman ressent une véritable passion pour l'exploration
de ces dernières) ainsi que des instruments à vents
(clarinette, flûte,…). De même, dans quasi tous
les albums, on retrouve de l'orgue Hammond caractérisé
par un son mélancolique.
La première période s'étend de 1982, l'année
de sortie de leur premier album "Brighter Now", jusque
en 1985. Ce sont leurs premiers débuts… mais le ton
est rapidement donné. Musique étrange et déconcertante;
voix expressive et mystique. Les premiers albums se caractérisent,
début des années 80 oblige, par l'utilisation de
boîtes à rythmes analogiques. La structure des morceaux
est encore relativement continue et homogène même
si certains révèlent déjà une structure
beaucoup plus complexe. Et puis, surtout, leur violoniste virtuose
arrive dans le groupe dans l'album "The Tower"; il y
restera de manière permanente jusqu'à la sortie
de "The Golden Age". Pour cette première chevauchée
à travers les méandres de la musique, retenons "Love
Puppets" (Plage se trouvant sur l'album "Curse")
qui nous plonge dans un univers effrayant et apocalyptique et
"Poppy Day" (Plage se trouvant sur l'album "The
Tower") pour sa mélodie d'une mélancolie infinie,
chacune de ces deux chansons exprimant au mieux les deux atmosphères
que peut dégager le groupe par sa musique et ses textes.
C'est l'album "The Lovers" qui annonce déjà
l'avènement de la seconde période.
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