Pour fêter dignement l’été
et afin que vous puissiez agrémenter votre bronzage
cadavérique de quelques notes bien choisies, Peaceville
a décidé de rééditer en digipacks
les quatre premiers albums des black métalleux
cultissimes de Darkthrone.
Dès leurs débuts, ces Norvégiens,
menés d’une voix de maître par Fenriz,
ont cherché à puiser aux sources de ce style:
Venom, Celtic Frost,
Bathory, pour mieux y demeurer fidèles.
Pour ceux qui ne le savent pas, après une parenthèse,
Darkthrone est revenu et nous a livré un dixième
album cette année. Nous sommes donc dans un black
métal de puristes: envolées lyriques, voix
d’outre-tombe, tempos lourds et rapides, qui peuvent
devenir parfois pesants, thèmes sulfureux et même,
pour Darkthrone, des morceaux dans leur langue natale:
le norvégien. Sympathique voyage linguistique !
Le premier album Soulside Journey,
direct, prend aux tripes dès le premier morceau,
entraînant l’auditeur dans un voyage au cœur
du fantastique et de l’étrange. Les thèmes
abordés touchent en effet la mythologie ("Cromlech",
"Neptune Towers"), l’horreur la plus pure
("Nor The Silent Whispers", "Eon"),
plongeant dans le latin pour rendre l’atmosphère
plus séculaire encore ("Sunrise Over Locus
Mortis") avant de distiller la crainte avec des tempos
plus lents ("Grave With a View") ou ("Nor
The Silent Whispers"). Un premier album qui jette
déjà les bases de ce que va être Darkthrone:
un groupe efficace, direct, sans compromis, bien décidé
à suivre sa voie (voix ?) satanique.
Le deuxième album A Blaze in the
Northern Sky accentue cette plongée
vers le Mal dès l’introduction angoissante
de "Kathaarian Life Code" qui annonce un morceau
alternant chevauchées fantastiques et marches douloureuses.
Le son est moins touffus, plus direct, rappelant les premiers
Bathory. "Paragon Belial" ouvre l’un des
cercles de l’enfer, tandis que "The Pagan Winter"
ramène tout le monde vers un monde nouveau, dépouillé
de ses artifices où des dieux moins miséricordieux
règnent. En tout, plus de 40 minutes sans compromissions
qui frappent là où ça fait mal. Tentez
cet album sur la plage ensoleillée, coquillages
et crustacés…
Et pour vos soirées drague (sans modération),
cocktails (avec modération) et lune ensorceleuse,
je vous propose Under a Funeral Moon
et son premier morceau qu rejoue la Belle au bois dormant
("Natassja in Eternal Sleep") tandis que le
deuxième vous souhaite un agréable été
("Summer Of the Diabolical Holocaust"). A nouveau
du pur black metal, qui joue la carte des thèmes
de guitares répétitifs et inquiétants,
supportés par une rythmique rapide ou lancinante
qui ouvrent le chemin à une voix immédiatement
identifiable, abreuvée aux flammes de l’enfer.
Fenriz ne veut pas déroger aux règles du
black et s’il doit être le dernier, il tiendra
sa place. A retenir, tout particulièrement "To
Walk the Infernal Fields", encore plus terrifiant
que les autres morceaux, puisque Fenriz y chante son amour
pour le diable. Purement satanique, blasphématoire
et agressif. Vos voisins vont adorer…
Pour terminer avec ces bluettes estivales, au moment
où les intermittents du spectacle ne veulent plus
faire de spectacle, passez-leur ce Transilvanian Hunger
qui plonge au cœur du mythe vampirique dans une explosion
de violence et de frayeur. Pour la suite, c’est
à nouveau du black metal, c’est-à-dire,
une musique directe, angoissante, alternant tempos rapides
("Over Fjell Og Gjennom Torner"), ultra rapides
("Skald Av Satans Sol"), pour mieux finir en
apothéose ("En As I Dype Skogen"). Car
avec cet album, Darkthrone a décidé de frapper
fort, mettant toute sa haine dans cette œuvre qui
explore les limites du genre en refusant toute compromission.
On aime ou on n’aime pas, mais l’on doit reconnaître
que Fenriz et sa bande ont décidé de suivre
leur route coûte que coûte devenant le groupe
culte du black metal en refusant de quitter l’underground
que d’autres ont abandonné, attirés
par les lumières de la consécration et de
l’argent. Quant aux paroles, je n’ai pas eu
accès à un dictionnaire Français-Norvégien
ce qui ne m’a pas permis de traduire les paroles
des 6 dernières chansons. Mais le peu que j’en
ai compris suffit à vous dire qu’il est encore
question de satanisme. Un peu de crème solaire
ou vous attendez la nuit pour attirer les plagistes dans
une ronde infernale ? A ce sujet, si vous voulez agrémenter
vos soirées, passez donc les interviews qui sont
distiller en bonus sur ces CD. Elles valent le détour.
C’est à la mode Darkthrone… A vous
de les découvrir !
Liens: Darkthrone
- Peaceville
Denis Labbé - Août 2003