Vampire Festival II
Hof ter Lo - Antwerpen - 25 septembre 2004

C’est en ce samedi 25 septembre, l’automne à peine entamée, installant sa morosité dans nos âmes perdues, que s’est déroulée cette deuxième édition du Vampire Festival, avec son affiche orientée electro/harsh-electro, histoire de retarder l’hibernation...

Le festival s’est ouvert avec Buropolitik, un groupe belge toujours méconnu... Leur compos sympathiques, très rythmées (mais si on enlève le rythme, il reste pas grand chose...), présentent malheureusement un sacré goût de déjà-vu... Leur live était accompagné de projections d'images d’explosions nucléaires, d’exécutions, de discours de W Bush, de suicides, illustrant les textes politiquement engagés du groupe, leur seul réel relief, vu la maigre présence scénique, l'essentiel de la musique étant préenregistrée. Pendant l'essentiel du set, la fille s'est contentée d'être présente, récitant ses textes sans passion. Le lead singer, quant à lui, malgré ses efforts, n'enthousiasma pas le public, peut-être en raison d'une certaine arrogance...

Le deuxième groupe à l’affiche était Tactical Sekt. Ahhh, là les choses sont devenues BEAUCOUP plus intéressantes! Anthony Mather, plus connu pour son implication dans le groupe Aslan Faction, a massacré l’audience avec ses morceaux harsh-electro très rythmés, dansants, accrocheurs, et terriblement enragés ! La présence sur scène du trio était excellente, tous trois ont donné le meilleur d’eux-mêmes et nous ont transmis avec acharnement la rage qu’expriment les morceaux. L'amuseur de service, Beam (le batteur du groupe, membre par ailleurs de Feindflug), s’est déchaîné derrière sa batterie (originalité du set), laquelle est venue enrichir les boucles de la boîte à rythme. Pendant les transitions, ce pitre venait sur le devant de la scène faire des grimaces, jouer le fou (un petit peu la manière de Keith Flint de Prodigy), et faire éclater des capsules de sang dans sa bouche. Le claviériste n'était pas en reste et vivait lui aussi pleinement la musique.

Le groupe ne s’est pas démonté lorsque deux coupures de courant généralisées sont venues interrompre brusquement leur set, que du contraire! Beam a gratifié l'assistance d’un solo de batterie, tandis qu’Anthony maintenait la foule chaude à souhait. Et celle-ci les remerciait de ses acclamations et de ses encouragements, qui montraient bien qu'elle appréciait réellement. Anthony, humble, s'excusait des problèmes techniques (pour lesquels il ne pouvait rien), et a remercié le public en s’inclinant à genoux. Petit bémol (parce qu’il faut bien en trouver un): c’était le seul groupe de la soirée à ne pas avoir utilisé de projection vidéo... Mais les jeux de lumières était excellent !

C’est ensuite Nebula-H qui a pris le relais. Même si ce groupe a des qualités indéniable, il n’est malheureusement pas à la hauteur d’un Tactical Sekt, aussi bien du point de vu des compos que de la prestation live, et il a souffert de la comparaison... On l'aurait volontiers placé avant les Anglais. Le public était manifestement moins chaud mais les morceaux très dancefloor obtenaient un certain succès néanmoins, malgré une certaine monotonie. Le chanteur se donnait quand même pas mal, mais face à la placidité désarmante des deux musiciens (qui nous offraient une prestation très impersonnelle), cloîtrés derrière des tables tels des fonctionnaires, le tableau faisait penser à un test d’admission pour la pop star ! La projection d’animations psychédéliques enrichissait leur set sympa en somme, très dansant, sans prétention...

C’est un des noms de ce festival pour lesquels les gens se sont déplacés qui a pris place sur scène ensuite: Lights Of Euphoria, expérimentés, auteurs d'une discographie conséquente, à l'aise sur scène... mais desservis par un son indigne, en particulier au niveau du mixage de la boîte à rythmes, ce qui a eu pour résultat de faire migrer une bonne partie du public vers le fond de la salle ou vers le bar... En dehors d'un chanteur motivé et qui ne méritait pas ça, le percussionniste et le claviériste n'y mettaient pas beaucoup du leur. Un set qui, sans être décevant, n'était pas à la hauteur de la qualité musicale des CDs...

Finalement, la tête d’affiche tant attendue arrivait, Suicide Commando. Leur concert débutait avec le sample désormais célèbre “Each year approximately 1.000.000 people die from suicide”. Et on sentait déjà le public vibrer et la frustration qui avait pu s’accumuler dans le public pendant les lives précédents s’évanouir comme si de rien n’était ! Le concert était une bombe du début à la fin. Johan Van Rooy, survolté, enchaînait des morceaux plus violents comme “Cause of death: Suicide” et “Raise your God” avec des morceaux plus calmes mais non moins captivants comme “One Nation Under God” et “Sick In Your Mind” (pendant lequel il a endossé une camisole de force). Le son était très bon et le jeu de lumière superbe. Van Rooy a captivé à lui tout seul l’attention du public, les autres membres restants discrets, même Beam, de retour à la batterie. Johan Van Rooy a par ailleurs cédé le micro pendant quelques instants à quelques gars du public, enchantés de pouvoir vomir leurs trippes sur quelques vers du morceau! Le concert s’est terminé avec deux rappels, dont “Hellraiser” pour clôturer, pendant laquelle Anthony de Tactical Sekt est venu hurler “Hellraiser” avec Johan, et avec le public! Suicide Commando mérite bien sa place parmi les meilleurs groupes dans le style !

Texte: Fabien De Angelis - Octobre 2004
Photos: The Grey Old Men

 
                                                                               Best view with IExplorer 5 @ 800x600.   © Anthesis. Tous droits réservés.