Summer Darkness: Mila Mar - Estampie
Tivoli - Utrecht - 15 août 2003
L'Eurorock ayant malheureusement
mis la clef sous la porte –les quatre premières éditions
resteront toutefois des événements dont il faudra
se souvenir–, on savait que les initiatives ne manqueraient
pas dans la région. L'une d'entre-elles était cette
première édition du Summer
Darkness, qui proposait un festival goth-éclectique
(goth, electro, indus, médiéval, métal) se
déroulant dans trois endroits différents de la belle
cité d'Utrecht pendant tout un week-end.
Cliquer sur les photos pour agrandir
Le vendredi, en la salle de Tivoli,
se produisaient trois formations aux styles contrastés...
Devant un parterre clairsemé mais comptant une cinquantaine
de leurs fans, les locaux de NG-Pro ouvrirent
les hostilités avec une electro guitarisée à
la Propulsion. Sur des beats plombés, du claviéristes
s'échangèrent le micro, passant parfois à
la guitare, pour livrer un set dansant mais sans finesse et en
tout cas peu en accord avec la suite...
C'est en effet c'est au charme
que la pop énergisée mais mal dégrossie allait
faire place devant une salle remplie au tiers à peine.
Mila Mar a évolué. Son Pic
Nic on the Moon tout frais s'éloigne des
sphères heavenly goth qui enchantèrent sur Elfensex
et surtout Nova, pour explorer les voies
de la pop intelligente.
La belle Anke a tombé les
ailes de fées mais son charme a grandi. Cette fille spirituelle
de Kate Bush possède un pouvoir: elle captive et envoûte
de ses tours vocaux étourdissants, emballant de plusieurs
octaves les mélodies synthétiques agrémentées
de violoncelle électrique. Ce fut une heure intense qui
passa en un éclair, au cours duquel le dernier album fut
largement exploré en gagnant nettement en puissance et
en profondeur. Un excellent moment.
Les regrets de cette magie trop
courte devait néanmoins s'estomper à l'arrivée
de Syrah, Michael Popp et leurs comparses, réuni sous l'oriflamme
d'Estampie.
Il est trop rare de pouvoir admirer
ce groupe et finalement, il est étonnant de le retrouver
dans de tels événements gothiques alors que sa musique
médiévale authentique et raffinée extrême,
objet de soigneuses recherches, pourrait trouver sa place dans
le cadre d'événements médiévaux ou
dans des lieux dédiés aux musiques classiques...
Passé la première demi-heure où la magie
réussi à créer le recueillement dans le public,
les deux heures passées debout eurent raison d'une bonne
moitié de celui-ci, qui se mit à jacasser ou à
se diriger vers le bar.
Comme on s'y attendait, le concert
des Allemands fut plutôt long (plus de deux heures), ce
qui en soi était une bonne nouvelle mais qui, dans les
circonstances de la soirée, ne permit pas de pleinement
apprécier les envolées retravaillées de Fin
Amor et du répertoire plus ancien.
Une très agréable
soirée estivale néanmoins...
Frédéric Cotton
- Septembre 2003
Liens: Mila
Mar - Estampie
|