Rotonde Festival
Hirson - 21-22/10/2002
En ce 21 mai 2005, la neuvième
édition du festival de la Rotonde à Hirson proposait
une affiche plus éclectique que les années précédentes
avec en point d’orgue les Italiens de Lacuna Coil,
tout auréolés de leur succès aux Etats-Unis.
Mais pour commencer, le festival a été ramené
sur une seule journée, avec deux scènes: une grande
pour l’affiche proprement dite et une plus petite pour des
groupes de moindre envergure... quoi que...
Morpheus ouvre
les hostilités sur la grande scène en ce début
d’après-midi ensoleillé avec un heavy plutôt
classique qui, malheureusement, ne va pas rencontrer un franc
succès étant donné que cela coïncide
avec l’arrivée du public.
Vient ensuite Penumbra
qui présente un gothic metal à tendances lyriques
mené par une chanteuse et un chanteur jouant aussi du hautbois.
L’aspect visuel est bien travaillé avec une robe
pâle pour la chanteuse rousse et des vêtements noirs
pour le reste du groupe. Mais si l’ensemble est bien arrangé,
la recette a du mal à prendre, faute sans doute à
des mélodies peu connues du public présent.
La petite scène s’active
alors, avec les Belges de Skeptical Minds qui
œuvrent dans un gothic metal industriel plutôt bien
ficelé avec une chanteuse qui se défend honorablement.
A noter, un ultime instrumental très heavy qui a renversé
les fans présents. Un groupe à suivre.
Epica investit
alors la grande scène pour ravir les fans présents.
Le groupe s’en tire vraiment bien, alternant anciens et
nouveaux morceaux avec talent. Simone attire à elle tous
les regards, moulée dans l’ensemble qui apparaît
sur les photos de l’album. Le groupe est parfaitement rôdé
après les incessantes tournées qui les mènent
à travers l’Europe depuis plus de deux ans maintenant.
Assurément une des réussite du festival.
Ashura passe sur
la petite scène au milieu de problèmes nombreux
ce qui donne à leur musique un aspect des plus brouillons.
A oublier, surtout que les Portugais de Moonspell
montent sur la grande scène et assomme le public présent
avec un set efficace en dépit de la clarté solaire
qui ne va pas avec leur musique sombre. Dommage qu’ils ne
soient pas passés plus tard. Mais le groupe est indéniablement
talentueux.
Sur la petite scène, Spectrum
Of Oblivion ne convainc pas avec son black peu original
et vraiment brouillon. Surtout qu’ils sont suivis sur la
scène principale par Hypocrisy qui va
livrer un set effrayant d’efficacité et de fureur.
De nombreux fans présents sont heureux comme des fous et
se déchaînent. Le son est fort, la musique cataclysmique,
ce qui achèvent les indécis, au propre ou au figuré,
c’est selon. Leurs récits d’extraterrestres
et leur décor de scène sont plutôt originaux
dans l’univers métal actuel.
Les oreilles encore bourdonnantes,
une partie du public se rue pour assister à la prestation
des Français de Malediction, sans maison
de disques actuellement. Leur heavy classique, avec des relents
de hard des années 80, réjouit les fans qui connaissent
les paroles par chœur. Mêlant des morceaux de leurs
deux albums, ils présentent un set sans failles ce qui
leur permet de remporter le tremplin pour aller jouer en Finlande
au Tuska Festival. Un bon point pour eux.
Arrive alors l’un des moments
les plus attendus par une bonne partie du public: Apocalyptica.
La frange la plus jeune qui les a vus en première partie
de Rammstein est venue en masse pour revoir ces violoncellistes
fous. Dès leur entrée sur scène, le public
est totalement acquis à leur cause. Supportés par
un batteur, les quatre violoncelles peuvent s’en donner
à chœur joie, alternant morceaux du dernier album
et reprises de Metallica notamment. Cela rend bien, les musiciens
sachant parfaitement jouer avec leurs points forts et masquer
leurs faiblesses. La musique est étonnamment heavy, enjouée
et communicative. Les jeux de lumières, les courses de
musiciens le violoncelle à la main, les solos, les harangues
continuelles permettent au groupe d’offrir le meilleur de
lui-même. Le set se termine sur une adaptation très
personnelle (et à mon avis bien peu convaincante) de "Dans
le Hall du roi de la montagne" de Peer Günt.
Sur la petite scène, Anorexia
Nervosa déboule alors la rage au ventre en annonçant
que cela fait longtemps qu’ils n’ont pas joué
sur un podium de la fête de la musique. Ils en profitent
pour détruire musicalement tout ce qui se trouve devant
eux. Un set violent, carré, déchaîné,
qui prouve qu’ils auraient largement pu remplacer sans aucun
problème au moins deux ou trois des groupes présents
sur la grande scène. Leur son est meilleur que celui de
leurs prédécesseur sur le "podium" et
ils finissent en apothéose pour les fans présents.
La soirée se termine en
beauté sur la grande scène avec Lacuna Coil
qui va retourner tout le monde. Sur scène, les Italiens
savent à merveille chauffer le chaud et le froid, passant
de morceaux puissants à des ambiances plus intimistes en
faisant vibrer leur gothic metal comme peu savent le faire.
Bien au-dessus des groupes présents
ce samedi, il est indéniable que Lacuna Coil est un grand
groupe, tous styles confondus. Exhumant des morceaux de leurs
débuts, même leur premier single, les Italiens revisitent
toute leur carrière jusqu’à leur excellent
dernier album. Leur musique, faite de nuances, sait allier éléments
heavy et ambiances sombres, tout en s’appuyant sur une rythmique
carrée et sans failles.
Le duo de chant est en revanche
surtout dominé par la voix étonnamment fluide et
savoureuse de Cristina Scabbia qui, de plus, possède un
charisme indéniable, attirant à elle oreilles et
regards. Un pur moment de magie qui clôt ce festival devant
un parterre bien plus rempli que les années précédentes.
Un incontestable succès musical auquel s’ajoute une
organisation à la fois professionnelle et humaine. Ne ratez
pas la prochaine édition.
http://www.rotondefestival.com
Denis Labbé
Photos: Grégory Lécrivain
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