Goetherock Festival
Ancienne Belgique - Bruxelles - 15 novembre 2003
Le Goetherock Festival est l’une
des initiatives les plus intéressantes de cet automne au
niveau concert: réunir une affiche qualitative et variée
de groupes d’expression allemande. Pour ce faire, les organisateurs
ont placé la barre assez haut: choix des groupe, choix
de la salle, le tout pour un prix raisonnable.
Ouverture
des portes 14 heures
Première surprise, une foule assez restreinte est rassemblée
à l’entrée de l'AB sans avoir l’air
de se presser ou de manifester une impatience particulière…
Sont-ce de simples curieux ou des fans blasés ? On espère
à ce moment que le gros du public arrivera rapidement…
Vers 14 h 45, démarrage des hostilités...
Dementi
Ce groupe quasiment inconnu dans nos régions a eu la dure
tâche de commencer à jouer devant un public très
peu nombreux et encore froid. On leur tire notre chapeau car il
ont su faire abstraction du vide devant la scène et ont
joué comme si de rien n’était. Le groupe est
encore "jeune" mais prometteur: un peu réservé
sur scène, il possède un son pas encore très
original mais au travers duquel on sent un potentiel qui ne demande
qu’à éclore. Peu d'applaudissements saluèrent
leur prestation et c'est bien dommage car ils méritent
tous les encouragements pour l'avenir. Ils ont, en 30 minutes,
donné toute leur énergie sans compter pour dégeler
les rares curieux présents. Mention: à surveiller
!
Die Apokaliptischen
Reiter
La bonne surprise de ce festival ! Un son énorme, une énergie
électrisante et un show mouvementé ! Ces énergumènes
dont la réputation est grande en Allemagne mais confidentielle
chez nous, ont fait de nombreux nouveaux adeptes. Un style inclassable:
rythmique, gimmicks, sonorités très mélangées…
Est-ce du Hardcore ? Du Trash ? Du Black ? Du Death ? Du Folk
ou même du Symphonique ? En tout cas, on y trouve de tout:
voix hurlantes, voix d’outre-tombe, côté festif
et joyeux, basse et batterie en forme de charge de cavalerie,
le tout avec le sourire communicatif et charmeur du chanteur.
A voir sur scène en prévoyant des boules Quiès
pour ceux qui ont les oreilles sensibles car ça arrache
sec ! Leur réputation d’allumés n’est
pas usurpée ! Le public a rapidement investi la salle,
attiré par les hennissements de ces cavaliers de l’apocalypse…
Mention: à recommander !
Tanzwut
Tanzwut - cliquez pour agrandir
Dans la lignée des Corvus
Corax (normal, direz-vous puisque que c’est en
partie leur side-project "acoustique"), Letzte
Instanz et autres In Extremo, Tanzwut
a présenté un show coloré et délirant:
costumes, éclairages, tout était là pour
épater la galerie. Musicalement, leur show était
au point. Bon son, dans l’ensemble bon musiciens, avec toutefois
une remarque: les instruments dits "folks" sont peu
mis en avant et le chanteur "cornu" manque de ce charisme
qui caractérise son homologue d'In Extremo. Mais dans l’ensemble
le public a bien suivi. Mention: à suivre !
Oomph !
Sans se tromper le meilleur concert de tout le festival ! Un son
puissant, une pêche d’enfer pour Dero, le chanteur
et sa bande… Une ambiance formidable dans le public. Un
joyeux pogo a rapidement gagné l’avant-scène.
Le groupe était particulièrement souriant et semblait
content d’être là. Techniquement et musicalement:
rien à redire ! Encore un groupe qui a fait de nouveaux
adeptes… Et c’est tant mieux. Les manquent pour en
dire plus, si ce n'est: foncez chez votre disquaire pour acheter
leurs albums ! Mention: à ne pas rater !
Subway to
Sally
Bilan plus mitigé… Bons éclairages, bonne
mise en scène, quelques morceaux intéressants mais
à part ça ? Le chanteur blond et rondouillard en
jupette noire frise parfois le ridicule, la violoniste (fort charmante
d’ailleurs…) est trop présente – l’utilisation
systématique du violon sur toutes leurs compositions n’apporte
strictement rien, les autres membres du groupe pas toujours coordonnés…
Bref, l’ensemble, attirant dans les premiers morceaux, a
rapidement sombré dans un fouillis musical qui a eu pour
effet de pousser une grande partie du public à retourner
au bar ! Probablement le moins bon choix de ce festival…
Mention: dispensable !
Das Ich
La tête d’affiche (et donc censée être
le clou du spectacle) était attendue par la majeure partie
du public. Toutefois, Das Ich a servi un show assez moyen, pour
ne pas dire faible. S’il est un groupe qui vit sur sa réputation
et ne se fatigue pas à se renouveler, c’est bien
eux ! Dommage… Seule chose sympa: leur "rappel"
a cappella alors que la salle était rallumée, les
instruments coupés (seuls les micros fonctionnaient encore)
et les techniciens de l’AB en train de ranger et démonter
le matériel sur scène ! Mention: pour fans inconditionnels
uniquement !
Conclusion
d’ensemble
Félicitation aux organisateurs d’avoir osé
prendre le risque d'organiser un tel festival dans une salle comme
l’AB ! Le Goetherock est une initiative louable et nous
espérons avoir le plaisir d’en voir d’autres
du même genre. Un seul regret: l’absence de rappels
pour les groupes, ce qui a du décevoir pas mal de gens
présents. Critiques globales vis-à-vis des organisateurs:
ne pas avoir mis Oomph ! en tête d’affiche, ce qui
aurait été beaucoup mieux que Das Ich au vu de leur
prestations respectives et de la réponse du public. Et
surtout et enfin la très mauvaise organisation au niveau
de la promotion et de la publicité auprès des médias,
qui est la cause principale à mon avis d’une foule
finalement assez peu nombreuse. Dommage !
Texte: Rafaël Verbiese
- Novembre 2003
Photos: Zak Azmani
Lien: Goetherock
|