Dour Festival 2003: The Kryptsonic
Stage
Dour - 11 juillet 2003
Pour son quinzième anniversaire,
le festival de Dour ne présentait pas de réelle
tête d'affiche mais plutôt une mosaïque de suggestions
et, comme c'en est la tradition, de découvertes. Cette
année, le soleil étant (fortement) de la partie,
la foule avait répondu en masse avec tout ce que cela implique...
C'est au retour de la scène electro-indus-ebm 100% belge
que nous nous sommes intéressés, le vendredi, sous
la Magic Tent.
Fin d'après-midi, les bruxellois
de Pneumatic Head Compressor ouvraient les hostilités
devant un parterre maigrichon qu'ils assommèrent de leur
emo-fusion-hardcore guerrier.
Ils furent suivis par The
Dawn Visitors, éternel espoir du goth-electro
wallon, dont la chanteuse Roxane retrouvait Dour après
quelques années. Leur set reçu un accueil plus chaleureux
de la part d'une assistance un peu plus étoffée.
Très à l'aise, Roxane posa adroitement sa voix entre
lave et glace, pour un set qui méritait une place plus
haute dans l'affiche.
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The Dawn Visitors
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Ce fut ensuite au tour de Nebula-H,
dernière signature d'Alfa Matrix, réunissant Stéphane
Froidcoeur et Mika Goedrijk, maître à penser du fantastique
–dans tous les sens du terme– This Morn' Omina. Entre
future pop et ebm old school, leurs rythmes amusèrent sans
enflammer la petite centaine de personnes présentes, si
l'on excepte un joli petit noyau de fans. Même remarque
pour Imminent, plus habitué aux grandes messes indus qu'aux
festivals d'été, et qui souffrit peut-être
d'un horaire peu favorable.
Avec IC 434, qui
donnait d'ailleurs son dernier concert sous ce nom, les choses
sérieuses commençaient. Ce qu'on pouvait enfin appeler
un public se formait sous la poussiéreuse tente et réagissait
positivement aux invectives electro-indus de Geert de Wilde, concurrent
de plus en plus sérieux à un Suicide Commando qu'on
retrouverait plus tard.
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IC 434
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Le clou de la soirée fut
planté à la nuit tombante par Sonar...
Dirk Ivens, en toute grande forme, appuyé par un light
show hypnotique, devait rameuter une bonne partie des amateurs
d'electro présents dans les parages. Une vibration, un
oscillement, un tremblement et bientôt de vraies secousses
sismiques agitaient le site de la machine à feu pour transformer
le set en véritable rave. Dirk et son comparse laissèrent
un chapiteau bourré sur les rotules.
Difficile pour quiconque d'assurer
le relais... a fortiori pour un Luc Van Acker
qui effectuait là un retour pas réellement attendu.
Les meilleures instants furent les 30 premières secondes
du set, marquées par un rythme funk emballant et un joli
light show. Bien que très speedé, Van Acker parut
fatigué voire pathétique avec son look de présentateur
de télé flamande privée en salopette, grimé
de peintures de guerre. Malgré des efforts méritoires,
l'hémorragie humaine était inéluctable et
un quart d'heure plus tard, l'ex Arbeid Adelt devait se retrouver
face au même public que Nebula-H.
Cette pause aurait pu profiter
à Suicide Commando qui livra pourtant
un set en demi-teinte. Les conditions sonores idéales,
l'environnement peut-être pas. Toujours est-il que le public,
à nouveau nombreux, ne fut pas pris d'hystérie à
l'écoute d'un set alliant tubes horrifiques et nouvelles
compositions d'un album à sortir un mois plus tard. On
vous l'a dit, la tête d'affiche morale avait sans doute
joué une heure plus tôt.
Ce n'était en tout cas pas
The Neon Judgement, éternellement sur
le retour sans jamais être vraiment parti. Pour la première
fois de la journée, les conditions sonores faiblissaient,
au moment où les antiques gloires de la wave-ebm en avaient
le plus besoin. Les hits se traînèrent: "Neon",
"Tomorrow in the Papers", "Awful Day"... Pas
d'étincelle, pas de magie, les deux routiers sont en roue
libre, et l'ennui inévitablement survient. Plus qu'une
heure à tenir et les dividendes d'une carrière bien
lointaine tomberont... Etre ou avoir été, telle
était la question posée par TB Frank et Dirk Da
Davo...
Par la suite Biochemist
(Digital Monster, Pilgrimage) prolongera la scène jusqu'à
l'aube avec un set qu'on qualifia d'atomique, pour clôturer
une jolie réussite, que l'on espère juste débarrassée
de ses has been moribonds à la prochaine édition.
Frédéric Cotton
- Août 2003
Photos: Filip Van Muylem
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