The Cube – P.M.T – Clawfinger
L’Elysée Montmartre – Paris - 15 avril 2004
C’est
un petit Elysée qui accueille ce 15 Avril les vétérans
suédois de Clawfinger et leur support
helvétique sur la tournée, les P.M.T, ainsi que
leurs invités sur la date, The Cube. Un
petit Elysée qui sera au final plus que convenablement
remplis après des débuts laborieux, car, mystères
de l’organisation, un quatrième groupe "fantôme"
s’est, paraît-il, finalement produit sans être
annoncé, avant l’horaire d’ouverture officiel...
et donc avec peu de spectateurs ! Car même pour le premier
groupe "officiel", The Cube, on ne
peut pas dire qu’il y avait foule (la faute, sans doute,
à l’horaire un peu précoce).
C’est donc The Cube
qui ouvre les hostilités (pour ceux qui s’étaient
fié à l’affiche originelle) mais sans convaincre.
La musique est sans grande saveur, techniquement plutôt
irréprochable mais sans rien qui accroche vraiment ou marque
l’oreille, et on ne peut pas dire que le groupe se démène
pour assurer un quelconque ‘show’. L’accueil
de la salle est plutôt glacial et les encouragements de
bonne volonté du chanteur raisonnent plus ou moins dans
le vide. La prestation se finit dans la mauvaise humeur du groupe,
avec un remballage hâtif.
Viennent ensuite P.M.T,
qui ne vont pas mettre longtemps à réchauffer l’ambiance.
Après une entrée en scène un poil Marilyn
Mansonnienne du chanteur (frontman au demeurant charismatique),
place à la sueur et à l’énergie brute.
Une section rythmique bien puissante et compacte, un son bon et
net, les Suisses maîtrisent leur sujet et séduisent
rapidement la salle, passant de manière fluide d’une
titre à l’autre, "Taste in Camouflage",
"Compost", "Frigo". L’album prend un
relief considérable et gagne largement en efficacité
sur scène. Les musiciens occupent bien l’espace et
se donnent à fond, sans oublier de rendre hommage à
leur hôte en incluant un petit sample de "Do What I
say", pour conclure avec un "Tous en Orbite" bien
tonique avec ses refrains au mégaphone. De leur prestation
scénique ressort une très forte énergie,
une envie de bien faire et donner le maximum, et un plaisir quasiment
palpable. Le chanteur communique bien avec le public, bref, rien
à redire. Une fort agréable découverte.
Place, enfin, à Clawfinger.
Même avec un dernier album, Zeroes and Heroes,
plutôt décevant, les Suédois restent égaux
à eux-mêmes sur scène: efficaces et puissants,
entraînants et prenants. D’autant plus qu’ils
n’ont focalisé leur prestation sur aucun de leurs
albums en particulier, reprenant au contraire, et pour la joie
de tous, leurs grands classiques, à commencer par "Nigger",
puis les incontournables "Warfare", "Biggest and
the Best", l’excellent "Two Sides" et leur
quasi-hymne "Do What I Say" en rappel. Le public ne
s’y trompe pas et headbang…à ne plus savoir
où donner de la tête, lançant même quelques
bons vieux stage-diving ! Le groupe est incontestablement à
l’aise sur scène, se donne à fond et se permet
même quelques blagues, dont celle du claviériste/sampler
qui passe la bande-son de "Terence et Philip" au milieu
du concert. Zakk Tell, vocaliste/rappeur/crieur légendaire
montre à l’occasion qu’il reste un véritable
phénomène scénique avec ses mimiques saisissantes,
ses harangues et son flow impressionnant, et sa présence
physique rayonnante qui occupe parfaitement l’espace. Bref,
une prestation mémorable, qui faire regretter le public
néanmoins réduit que le groupe semble en mesure
d’attirer.
Texte: Célia Schneebeli
- Mai 2003
Photos: Clément Schneebeli
Liens: Clawfinger
- P.M.T
|