Tri Yann, Perry Rose, Urban Trad, Cré
Tonnerre
Celtic Festival - Chapelle-Lez-Herlaimont (b) - 16 août
2003
C'était la toute grande foule à Chapelle
pour ce premier festival celtique, se déroulant au joli
domaine de Claire-Fontaine. Les nombreuses animations, le marché
médiéval et l'affiche intéressante avaient
attiré une foule de près de 5000 personnes composée
de famille et d'amateurs toujours plus nombreux de mélodies
celtiques...
Le programme musical débuta avec les Gaumais
de Cré Tonnerre. Le combo distilla une
bonne humeur communicative à un public qui ne demandait
que ça: chansons de marins et mélopées celtisantes
bercèrent une fin d'après-midi délicieuse
faite de soleil et de bière blanche servie avec le sourire.
Cela continua avec Urban
Trad, qui avait attiré une bonne partie du public.
Les représentants belges au dernier concours Eurovision
devaient montrer qu'ils étaient plus qu'une sensation télévisée
furtive. Les musiciens, excellents, ont des planches et ça
s'entend. Certains diront que leur musique n'est jamais que du
celtique de variété mais c'est injuste. Il y a plus
que cela: une volonté de (se) faire plaisir, trois chanteuses
craquantes, un esprit de camaraderie et de très bons morceaux.
Ainsi, de manière inattendue, "Sanomi" fut loin
d'être le moment le plus intense d'un concert qui montra
de nombreuses facettes du réel talent de la bande à
Yves Barbieux.
Perry Rose, leur
ancien comparse, passa ensuite à l'action. Le Belgo-Irlandais
n'est pas un débutant et ça se sent. Il balance
son public à sa guise, au son de ses douces ballades radiophonique
au long d'une heure agréable, mais sans surprise, parsemées
néanmoins de très bons moments, dont le magnifique
"Green Bus".
Quand, la nuit tombée, Tri
Yann investit la scène, on se rendit compte de
l'ampleur du succès du festival: la plaine était
remplie et compacte, dégageant toujours une ambiance estivale
et amicale. Ce fut un feu d'artifice qui démarra sur les
chapeaux de roues. Jean-Louis Jossic et Jean-Paul Corbineau ont
revêtu leurs costumes de cellophane étincelante,
irradiant d'une ambiance à mi-chemin entre San Ku Kaï
et Bonney M. Eloquent, Jean-Louis y va de ses saynètes
poétiques, souvent drôles et émouvantes mais
parfois aussi agaçantes ("nous, en Bretagne, on sait
que le soir le soleil ne va pas éclairer les petits papous
mais tombe dans la mer pour s'y reposer..."), moralisatrices
("nous allons vous jouer le plus bel hymne du monde, celui
pour lequel le sang n'a jamais coulé, c'est l'hymne breton;
ami tu es le bienvenu en Bretagne que tu sois américain,
irakien, belge ou afghan, pour autant que tu laisses là-bas
toutes tes talibaneries et autres terroristeries..."), voire
larmoyantes ("il n'y de monuments qu'aux soldats de la guerre,
il n'y en a pas aux soldats de la paix; nous dédions ce
morceau au casque bleu français untel"...
Mais qu'importe, les gens s'étaient
déplacés pour la musique et de ce côté,
ils furent comblés. Le concert que leur offrirent les Bretons
était parfait: varié, entraînant, passant
en revue les meilleurs moments de leur longue carrière,
même si l'on sentit un léger essoufflement en dernière
partie, ce qui n'empêcha néanmoins pas deux rappels.
Bref, les organisateurs eurent
toutes les raisons de se féliciter de la réussite
sans faille de cette entreprise rondement menée. C'est
d'autant plus remarquable qu'une partie des bénéfices
devaient revenir à des actions de solidarité locales
et étrangères. Une deuxième édition
est dors et déjà prévue et on ne peut que
s'en réjouir !
Frédéric Cotton
- Septembre 2003
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