Le Temple et la Couronne

Kurtz, Katherine & Harris, Deborah T., 2006

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Envie d’un roman absolument et volontairement manichéen, aux réminiscences mythiques vaguement (?) chrétiennes ? Envie d’une plongée dans les plus sombres épisodes d’une Histoire européenne plus que fantasmée ? Vous venez de trouver chaussure à votre pied et livre à votre mesure. Le Temple et la Couronne déclame la chanson des chevaliers Arnault et Torquil et de leurs frères Templiers, en guerre contre Guillaume de Nogaret, Philippe IV de France, le pape et les forces du mal. Attachez vos ceintures…
 

“ Quand il ouvrit les mains vers le linge taché de sang au centre du pentagramme, la créature le lorgna d’un œil maléfique, puis abaissa sa grande tête. Le linge disparut dans un crépitement incandescent et une faible odeur de sang, ne laissant subsister que la fibule et la bague. Avec un rire rauque, Bartholomé s’avança à quatre pattes, sans peur maintenant, et prit la fibule dans ses deux mains en coupe avant de la presser sur le tatouage de son torse. ”

(p. 234)

Or donc, Arnault et Torquil s’emploient à combattre les machinations maléfiques ourdies par le sinistre Nogaret, au service du roi de France et surtout de ses propres intérêts, afin d’asseoir le futur Cinquième Temple qui doit trouver son socle dans le royaume d’Ecosse, pour la possession duquel le roi Bruce et la couronne d’Angleterre ont engagé une bataille féroce. Vous suivez toujours ? Accrochez-vous, car le jeu en vaut la chandelle. Le récit s’apparente à une épopée fantastique à travers la France, l’Ecosse et même Jérusalem afin de rétablir sur Terre la loi divine, qui a tendance à sérieusement chanceler sous les coups de boutoir d’une sombre faction, celle des Chevaliers du Cygne Noir. Tout l’intérêt du roman se situe dans cette lutte sans fin entre les hommes et surtout entres les forces qui les gouvernent. Le Bien et le Mal, évidemment. Quant à l’écriture, sans pouvoir justifier d’une folle originalité ou d’un talent cosmique, elle est adaptée par son rythme à l’enchevêtrement d’action et d’intrigues qui caractérise le roman.
 
Cette “ fantasy historique ” plaira à tous ceux dont les combats dantesques, les monstres ailés, la méchanceté abjecte affrontant les sentiments grandioses aiguisent l’intérêt. Elle séduira également ceux que les envolées lyrico-religieuses ne rebutent pas. Difficile à situer dans le cadre de cette littérature pourtant hybride, Le Temple et la Couronne pourrait avoir du mal à trouver son public en raison de l’ambiguïté de son propos : pure fiction ou apologie des croyances catholiques.

 

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