Les romans que Fabrice Colin publie chez l’Atalante possèdent une force narrative et une inventivité qui étonnent à chaque fois. Moins ancrés dans les littératures de genre que ses autres publications, ils explorent néanmoins, comme dans Kathleen, les méandres de l’esprit humain et leurs liens avec l’art. Basé sur plusieurs récits qui s’entrecroisent, ce roman met en scène un homme atteint de la maladie d’Alzheimer dont l’esprit se décompose tout en recomposant la réalité. Celle-ci est alors traversée, transfigurée, par l’œuvre et la vie de l’écrivain Katherine Mansfield. Face à ce délitement, son fils essaie de recoller les morceaux épars qui ont fait l’existence de son père. Ce sont ces deux parcours que suivent les lecteurs avec intérêt, passant de l’un à l’autre, tout en se perdant de temps en temps dans l’esprit torturé du père.
|