Le Dieu de Glace :
La saga Raven t.3

Holdstock, Robert et Wells, Angus , 2006

Points Fantasy

 
Troisième épisode de la « Saga de Raven » qui voit notre héroïne rousse poursuivre son ennemi juré, Karl Ir Donwayne, à travers le pays, avant d’affronter un terrible dieu du nord : le Dieu de Glace. L’idée de départ est assez mince, mais correspond à l’état d’esprit de la fantasy épique de l’époque : un héros récurrent, ayant eu une jeunesse difficile et qui combat pour arriver au sommet ou pour se maintenir la tête hors de l’eau. On suit Raven dans une quête qui la mène au cœur de territoires inhospitaliers, la conduit dans un étrange sanctuaire, la voit combattre des ennemis plus terrifiants les uns que les autres avant de se terminer sur de fougueux élans.
 

« - Oui, murmura Spellbinder, devinant ses pensées, il nous faidra bientôt partir. Nous ne sommes pas faits pour cette vie trop douce mais pour la route, ses joies et ses dangers. Les épées se rouillent si on les laisse trop longtemps au fourreau et nos lames ont encore de l’ouvrage devant elles. »

Robert Holdstock et Angus Wells, Le Dieu de Glace,

Nous sommes dans de la fantasy populaire, bien en deçà de ce que Robert Holdstock nous a livré depuis, et même si ce roman possède la saveur de ces récits pondus à la lueur d’une chandelle en deux semaines, il laisse un petit goût d’inachevé. En trois volumes, les personnages principaux ont certes pris un peu d’épaisseur, mais on cherche encore des liens plus serrés entre eux, une réelle originalité psychologique et un développement crédible de l’univers traversé. Car, l’ensemble semble issu d’un décor en carton pâte, un peu à la manière des péplums italiens des années 60.
 
Heureusement, depuis 1978, la fantasy est parvenue à nous donner des œuvres plus consistantes, mais on peut néanmoins lire Le Dieu de glace pour se divertir, dans une lecture détente rapide et sympathique, sans chercher quoi que ce soit derrière les apparences (puisqu’il n’y a rien à y trouver). A noter l’humour récurrent des traducteurs qui, entre les versions des années et celles-ci, changent de nom en nous offrant des pseudonymes plutôt amusants. Ici, la traduction a soi-disant été réalisée par Mike Nofrost. Après Pat Marshall, nos plus grands traducteurs semblent beaucoup s’en amuser.

 

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