Souterriens (les) : Le monde de Fernando, Livre premier

Thiellement, Hervé, 2004

Amalthée

 
Quelques temps après l’Apocalypse nucléaire, une entité dénommée Programme a créé des clones calqués sur des êtres humains aux caractéristiques bien spécifiques. Fernando est de ceux-là, un clone de fernand, soldat borné tout dévoué à la cause qu’il défend, la guerre contre les supertaupes. Mais voilà, Fernando, à force de vivre isolé du reste de ses frères, se forge une individualité propre, et commence à avoir des idées. Tellement d’idées qu’il entraîne d’abord une poignée, puis des centaines de clones différents à sa suite, dans le but de reconquérir la surface, abandonnée aux superloups, aux ondulants gigantesques et aux animarbres empoisonneurs…
 

"Et, progressivement, il fit de nouveau clair. La lune se levait, presque pleine, et le ciel était dégagé. Les souterriens de garde levèrent la tête et contemplèrent les étoiles qui scintillaient entre les feuilles de l'arbre. Et même Riton se tut pour savourer ce moment magique et ce spectacle extraordinaire. La forêt bruissait toujours de ces bruits habituels et quelques cris d'oiseaux dérangés fusaient de temps en temps. Néanmoins c'était une étrange et paisible atmosphère qui recouvrait ce bout du monde."

Les souterriens, par Hervé Thiellement, p.57

Drôles de personnages que ces clones d’abord totalement impersonnels, aux instincts guidés par le Programme, qui se dévoilent peu à peu jusqu’à créer une nouvelle humanité naïve mais résolue. On trouve ici comme une nouvelle déclinaison de l’Eden, sauf que le péché originel ne vient jamais. Sur cette Terre dévastée qui s’est lentement reconstruite, les hommes se sentent redevables à la nature de les accueillir, et n’ont donc aucune intention d’en perturber le bon fonctionnement.
 
Le mythe du « bon sauvage » à l’heure de l’ère post-nucléaire? Le pari semble hasardeux. Hervé Thiellement s’en sort pourtant plutôt bien au regard du récit en lui-même, qu’il écrit comme une chronique champêtre émaillée de tragiques incidents de parcours. Mais, au-delà, c’est l’écriture qui pèche, faite de phrases longues qui semblent, peut-être à tort, peu travaillées. Malgré un postulat audacieux, Les Souterriens reste un roman moyen qu’on ne retient que pour sa folie douce.

 

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