L.G.M.

Wagner, Roland C, 2006

Le Bélial

 
Nous ne sommes pas seuls dans l’univers ! La nouvelle extraordinaire est tombée le 18 juin 1967 à 5h34, heure de Paris. Lorsque la sonde Arès-1 s’est écrasée sur le sol martien, elle a juste eu le temps de transmettre un unique cliché à la Terre : un gros plan d’un petit homme vert tirant la langue vers l’objectif. Trente ans plus tard, alors que la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie est plus chaude que jamais, les Martiens envoient ce fameux petit homme vert sur Terre en qualité d’ambassadeur. Mais ce-dernier disparaît…
 

" Les Martiens nous manipulent depuis la nuit des temps. Ce sont eux qui ont lancé les Barbares contre Rome, l’Islam contre la Chrétienté, le communisme contre l’économie de marché ! Et aujourd’hui, c’est le monde entier qu’ils sont en train de monter contre les Etats-Unis d’Amérique. " George Bush Jr – Discours choisis.

LGM, Roland C. Wagner, p. 201

Roland C. Wagner fait partie des figures de proue de la SF française. A 46 ans, il est déjà l’auteur d’une centaine de nouvelles – dont " Entretiens avec un transparent " parue dans le Khimaira 4 – , d’une quarantaine de romans – dont les Futurs mystères de Paris et La saison de la sorcière – et a reçu de nombreux prix (Grand prix de l’Imaginaire, Ozone, Bob Morane… et six Prix Rosny Aîné !). Avec LGM, l’auteur signe avant tout une excellente uchronie qui tient la route : les Martiens existent, la Russie et le communisme dominent le monde, les USA se balkanisent et sont sous l’emprise dictatoriale du Petit Buisson (c’est encore de l’uchronie, là ?). Chaque chapitre s’ouvre sur des citations amusantes (dont des détournements de discours et de chansons comme le célèbre je n’suis pas un martien de Balavoine) et des remises en contexte qui renforcent l’uchronie.
 
LGM est bourré de scènes hilarantes (comme les scènes d’interrogatoire du Martien par le KGB) et de références, dont celle, évidente, au Martiens Go home ! de Fredric Brown. Des références que chacun pourra s’amuser à identifier selon son bagage culturel et ses centres d’intérêts. Les clins d’œil sont nombreux, notamment aux écrivains de SF (Heinlein, Spinrad…) de même que les jeux de mots (le Champ de Mars est devenu le Camp de Mars). Ajoutons encore que les personnages sont bien construits, surtout celui du Martien et que le récit, foisonnant et imaginatif, est mené tambour battant dans un style fluide et limpide. Bref, LGM est un bel ovni littéraire qui cache derrière une apparente légèreté une critique cinglante et efficace de notre société et de ce qu’elle aurait pu ou pourrait devenir…

 

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