Légendes de fantasy 1

Silverberg, Robert (directeur), 2005

Pygmalion

 
Ce premier volume de récits de fantasy patronné par Silverberg nous entraîne dans les univers de six grands du genre : Orson Scott Card, Raymond E. Feist, Neil Gaiman, George R. R. Martin, Ann McCaffrey et Tad Williams qui nous offrent des nouvelles s’insérant dans leurs séries les plus célèbres.
 

Au carrefour, deux cadavres d’hommes étaient en train de pourrir dans une cage de fer.

George R. R. Martin, p. 21

Mentions d’excellence pour les textes de George R. R. Martin et Neil Gaiman. Le premier nous montre une aventure tout en nuances dans le monde du « Trône de fer » où l’on saisit les subtilités et les difficultés du serment féodal. Un texte bien écrit et surtout bien construit qui sait montrer la misère et la richesse, le courage et la lâcheté. Avec Neil Gaiman, c’est vers American Gods que vont nos pas, pour une virée écossaise dans laquelle l’auteur va encore jouer avec les mythes pour mieux les insérer dans une modernité qui ne parvient pas à se séparer de ses racines. Un texte plein d’humour et de chaleur qui, avec le recul, se révèle profond et plein d’enseignements.
Ensuite, bonnes prestations de Tad Williams et d’Ann MacCaffrey, pour deux récits qui rompent avec les classiques affrontements pour aborder la naissance et la reproduction dans « Autremonde » (pas évident pour un univers virtuel) chez le premier et le vide habité de l’interstice où vont les dragons pour la deuxième. Deux beaux textes, différents de ce que l’on peut lire habituellement car on sent que les auteurs y ont placé leurs angoisses et leurs attentes, abordant des thèmes difficiles comme la paternité (surtout pour un adolescent mort et ressuscité chez Williams) et la vie après la mort pour McCaffrey. Quatre textes à la hauteur du talent de ces quatre auteurs.
Ensuite viennent deux textes qui m’ont ennuyé. Sincèrement, les dialogues de Card dans la série « Alvin » commencent à me taper sur le système avec cette volonté de rendre un parler oral. Je sais les difficultés de rendre cela en français (je me suis assez cassé la tête sur l’une de ses nouvelles pour Asphodale et je n’y suis sans doute pas bien arrivé), mais Louis Ferdinand Céline avait trouvé un ton que Card ne fait qu’effleurer. Dommage, car le récit est intéressant et montre la rencontre avec Abe Lincoln et Bowie, le refus de l’esclavage et les rapports entre Alvin et Stuart.
Quant à Feist, je préfère prendre un joker. Je me suis ennuyé en dépit d’une bonne traduction. Le début, avec sa description du camp est soporifique, mais devrait plaire aux fans de l’auteur qui y retrouveront l’univers de Krondor. Tout cela n’étant qu’une question de goûts.
 
Ce volume est non seulement une bonne entrée en matière pour découvrir différents visages de la fantasy, mais va intéresser les fans de chaque auteur qui vont pouvoir se replonger dans les univers de leurs auteurs préférés.

 

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