Légendes de la fin des temps, Les Danseurs de la Fin des Temps -4
Moorcock, Michael, 2004
Folio SF
Après la trilogie des Danseurs de la Fin des Temps, Moorcock nous offre un recueil de trois nouvelles qui nous replonge dans cet univers riche et décadent. Les héros des trois premiers tomes, Jherek Carnélian et Amélia Underwood, ne sont pas présents en chair et en os mais l’auteur y fait quelque fois allusion pour situer la nouvelle par rapport à la chronologie de la trilogie. Ceux qui l’ont lue apprécieront ces précisions, les autres pourront néanmoins lire ce quatrième tome sans avoir lu les précédents.
"Ici, Man Shelley, célèbre joueur d’harmonica, s’aventurait dans les profondeurs de l’Odéon (autre version de l’Enfer) pour y retrouver son chien à trois têtes favori, Omnibus. On le voyait avec son harmonica (quelque fois appelé harpe) en train de jouer Blues pour un rossignol, composition réputée, malheureusement perdue. Là, Casablanca Bogard, avec son œil unique au milieu du front, brandissait son épée magique, Sam, dans le combat épique qu’il livrait contre cet oiseau féroce, le Faucon maltais, pour sauver la femme aimée, Acrilan Queen, menacée par le Grand Ensommeillé (un nain qui s’était changé en géant) et par le Mutilé Caine, qui avait été banni d’Hollywood (autrement dit le Paradis) pour avoir assassiné sa sœur, l’Ange bleu."
Légendes de la fin des Temps, M.Moorcock, pp.42-43
Dans "Roses pâles", Werther de Goethe, personnage secondaire de la trilogie, joue les premiers rôles. Cet être profondément mélancolique va être tiré de son désespoir permanent par l’arrivée d’une enfant. Les enfants n’existant pas à la Fin des Temps, Werther trouvera beaucoup de satisfaction à l’élever… La meilleure nouvelle du recueil, dommage que la fin soit racontée dans le quatrième de couverture !
Dans l’amusant "Etoiles Blanches", Lord Shark l’Inconnu défie en duel le duc de Queen. Si le premier nommé y voit enfin l’occasion de briller dans ce monde qu’il déteste, le second n’y voit qu’une nouvelle mode à lancer. Dans "Ombres anciennes", Dafnish Armatuce et son fils Snuffles, venant d’une époque austère, s’échouent à la Fin des Temps. Les situations rocambolesques ne sont pas sans rappeler celles de la trilogie et Dafnish est assez proche d’Amélia (en plus radical). Si ce dernier tome a parfois un petit goût de déjà-vu, il offre surtout la possibilité à son auteur de développer un univers original et amusant et des personnages secondaires hauts en couleurs.