La Légende du 7e guerrier (La) T. 1 – Evangelista

Tagayi, Eric, 2007

Editions Persée

 
Eric Tagayi, jeune auteur de vingt-neuf ans, nous livre le premier tome d'une grande épopée nommé Evangelista, La légende du septième guerrier. L'action se déroule sur Gaïa, une planète qui ressemble étrangement à la notre. Les êtres humains qui y habitent ont les mêmes aspirations que nous, les mêmes désirs et les mêmes défauts. La catharsis est d'autant plus facile que la narration se fait à travers un dialogue entre Kattel, la femme de notre héros, et un jeune terrien, ce qui rend la lecture vivante et dynamique. Avant de rentrer dans le vif du sujet, l'auteur commence par présenter son univers. La population est divisée en quatre catégories : la noblesse, les ciefames, c'est-à-dire les civils, les Wins qui correspondent aux chevaliers et les Risardes qui sont ce que l'on appelle « les magiciens ». Ces différentes catégories sont elles-mêmes divisées en différentes classes qui ressemblent beaucoup à celles de l'armée romaine. Le cadre étant posé, la quête peut commencer.
 

Près de deux semaines s'étaient écoulées depuis le départ de nos six personnages. Deux semaines sans dialogue particulier. Sans échange entre individu. Quel bien triste voyage, jeune homme. Comme la vie est étrange, les gens passent leur temps à voyager ensemble mais chacun reste dans sa communauté. Personne ne fait un pas vers l'autre. En fait, tout le monde se croise, mais personne ne se connaît réellement. Enfin, je dis cela, mais c'est comme ça que ça se passe chez nous, peut-être que les Terriens... Ah bon ? Chez vous aussi ? Oui, de quoi être lassé de cette indifférence entre les gens, n'est-ce pas ?

(p 65)

Cette aventure épique débute par une prémonition de Nicolaa, jeune noble libertin qui a soif de découvertes ce qui explique son surnom, l'Explorateur. En effet, il a l'intuition qu'il doit accoster l'Île sans Nom pour sauver une jeune fille qui, d'après la légende, est retenue prisonnière par sept guerriers divins. Pour mener à bien cette aventure, il réunit six personnages qui ne se connaissent pas mais qui deviendront des compagnons d'armes. Il fait tout d'abord appel à Erikk, le mari de notre narratrice, nommé également Le Prince des Ténèbres à cause de son passé tragique. Lui-même convoque deux apprenties Risardes, Aurélie et Ingrid ainsi qu'une Ciefame, MG, sa disciple. En chemin, ils rencontrent Kevhine, jeune adolescent surnommé « Le Mauvais fils », au passé trouble. Au fil des pages, le lecteur s'attache à ces personnages qui essaient de trouver un but à leur existence douloureuse et cela grâce à cette quête fédératrice.
 
Si l'univers de cette aventure présente des éléments dépaysants, il y a cependant certaines ressemblances troublantes. En effet, les prénoms, tout d'abord, ne sont pas si différents des nôtres, excepté le dédoublement des voyelles et des consonnes. Les peuples abordés sont également reconnaissables. Le lecteur rencontre les Nibeloungeens et les Yamazones. On reconnaît le peuple légendaire allemand des Nibelungen et le peuple là aussi dirigé par des femmes, les Amazones. Le lecteur n'est donc pas perdu et l'univers qui pourrait ressembler à un univers d'héroïc fantasy ne l'est finalement pas. D'autre part, les paysages ne sont pas décrits ce qui donne l'impression de naviguer sur une carte géographique, ce qui n'est pas sans rappeler les caractéristiques du jeu de rôle. Cela n'est pas la seule analogie. En effet, les combats rappellent également les RPG puisque une action d'un personnage entraîne une réaction. Le personnage lance un sort, l'adversaire répond par un autre sort. Cela s'estompe toutefois vers la fin du roman où les combats revêtent un aspect beaucoup plus tragique.
Comme nous l'avons déjà quelque peu abordé, l'auteur prend soin d'utiliser certains ingrédients propres au genre de l'épopée. Tout d'abord, les surnoms ne sont pas sans rappeler les épithètes homériques. Les épées également sont nommées. Nicolaa possède Ecarlate, Erikk, Aldélaïde et MG, elle, manie deux épées siamoises, Amélie et Sophie. Le but de la quête est, quant à lui, noble : sauver une jeune fille en détresse. Les combats n'échappent pas à l'exagération épique puisque six personnages se battent contre une armée entière et en ressortent victorieux grâce à leur force de caractère et aux liens qui les unient. A la fin, ils ne sont plus que trois à contrer sept chevaliers divins. Comme dans toute épopée, ce combat humain cache, en fait, un combat ancestral et divin que je vous laisse découvrir. La lecture n'est donc pas monotone et le lecteur se prend finalement à souhaiter, tout aussi ardemment que nos héros, aborder l'Île sans nom, située aux confins de leur monde.
Ce roman enchantera donc les lecteurs friands de jeux de rôle mais les autres prendront également beaucoup de plaisir à effectuer cette quête aux côtés de héros aussi charismatiques.

 

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