Laissés pour compte (les)

Eddings, David, 2002

Coll. Rendez-Vous Ailleurs

 
Raphaël Taylor appartient à la catégorie des gens "chanceux". Beau, grand, sportif, intelligent, issu d'une famille très unie, il dispose de tous les atouts pour espérer mener une existence brillante. Lorsque vient le moment de choisir son Université, Raphaël - malgré le chagrin causé à sa mère - opte pour l'Oregon, loin de sa ville natale. Là, il partage sa chambre d'étudiant avec un certain Jacob Damon Flood Junior. Elevé dans une famille aisée, Damon dévoile rapidement une personnalité manipulatrice et machiavélique. Malgré tout, les deux jeunes gens se lient rapidement d'amitié. Raphaël se laisse entraîner, peu à peu, dans une vie de débauches et de jouissance jusqu'au jour où, ivre, il a un accident de voiture. Amputé d'une jambe, Raphaël s'enfuit alors à Spokane afin de reconstruire sa vie. Installé dans un quartier défavorisé de la petite ville, Raphaël voit défiler sous ses fenêtres un cortège de personnes dont l'existence se résume à bien peu de choses.
 

"Dans notre société -dans toutes les sociétés, probablement -, il existe des gens incapables de s'en sortir. Ils n'ont pas l'intelligence et les compétences nécessaires. Alors ils deviennent les déchets humains du système. Parce que notre société est compatissante, elle prend soin d'eux. Mais elle les transforme en objets. De simples numéros. Des dossiers à suivre."

Les laissés-pour-compte, David Eddings

Ceux-ci survivent grâce aux allocations et à ce que la société a bien voulu leur laisser, en échange de leur dignité. Au fil des mois, Raphaël apprend à les comprendre et en vient même à éprouver de la sympathie pour ceux qu'il a surnommés "les laissés-pour-compte". C'est le moment que choisit Damon pour réapparaître dans la vie de son ami et pour tout détruire…
 
Au travers d'une intrigue bien construite - le parcours d'un jeune infirme, confronté soudainement à la dure réalité de la déchéance humaine - , Les laissés-pour-compte critique, souvent avec sévérité, les procédés mis en œuvre par le système pour reléguer définitivement ces "perdants" en marge de la société. L'attaque est particulièrement virulente à l'égard des assistantes sociales, considérées comme responsables de cette situation. Les dialogues, empreints de cynisme et d'ironie, donnent à l'ensemble une touche d'humour plaisante. Au-delà de la critique, l'auteur ne condamne pas mais au contraire formule un espoir, qui donne à réfléchir...

 

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