Les Enfants de l'Atlantide – IV: La Terre des Morts

Bernard Simonay, 2007

Points Fantasy

 
La tétralogie des Enfants de l'Atlantide touche à sa fin avec le périple d'Astyan, le Titan à la recherche de ses frères et surtout de sa compagne, Anéa, mystérieusement disparue. Dans un monde parallèle, Thanata, qui ressemble étrangement au nôtre dans une version dramatiquement futuriste, Astyan entraîne la belle Titanide Pléionée en quête des anciens rois de l'Atlantide. S'ensuit une chevauchée fantastique à travers une planète dévastée par le temps mais surtout par les hommes, qui ont poussé trop loin leur avantage sur la nature. Entre terre et mer, chiens sauvages et meutes de cannibales, Messies et démons, les compagnons apprennent la leçon de leurs propres échecs, passés et à venir.
 

Si Khrysos revenait aujourd'hui, s'il se présentait devant nous, en chair et en os, on ne le croirait pas. Peut-être même le prendrait-on pour un fou. Car j'ai compris que mes frères se contentent fort bien de son image, qu'ils peuvent accommoder à leur façon, selon les convictions qu'ils se sont forgées. Mais si le véritable Khrysos réapparaissait, et si son enseignement se révélait différent de celui auquel ils croient, ils le rejetteraient sans l'écouter.

(p. 257)

Le magnifique Astyan reste fidèle à lui-même dans cette conclusion d'une saga riche et mouvementée. Les pouvoirs du Titan lui permettent toujours de réduire à néant les velléités autoritaires des despotes du monde entier. De plus, Bernard Simonay adopte avec La Terre des Morts une plume politiquement engagée, dans le sens où il trace à traits précis, impitoyables, le portrait de notre Terre d'ici quelques siècles, après que les désastres nourris par l'être humain l'ont finalement épuisée. En cause, les manigances politiques et le volontaire aveuglement de toute une espèce sur sa propre déchéance. S'ajoute à cela une caustique interrogation sur les religions et les mensonges qu'elles produisent, une constante dans les aventures des Titans.
 
Si l'épisode en lui-même bénéficie d'une trame solide et efficace, on a tendance à regretter qu'il ne s'inscrive pas plus fidèlement dans la tétralogie. Le discours moraliste de l'auteur, s'il s'avère utile, voire nécessaire, détonne un peu dans une saga qui, jusque-là, avait réussi à laisser de côté tout penchant manichéen. L'ensemble reste certes agréable, distrayant et porte à la réflexion; mais on ne peut s'empêcher d'être déçu par cette conclusion, un peu, semble-t-il, en dehors du propos…

 

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