La Gloire de l’Edankan, Premier héritage : l’éclat du pendentif

de Brabois, Xavier , 2006

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Eldeflar est un adolescent sans envergure, occupant ses journées à errer entres les murailles du château qui l’a accueilli dix ans plus tôt, à la mort de ses parents. Vaguement persécuté par les neveux du seigneur de Guervin, son hôte, il tente de pallier au vide de son existence en prêtant main-forte à des travaux de fortification, tout en entretenant pour la jeune héritière Sinnopée un béguin qu’il se refuse à admettre. Lorsque son protecteur et mentor, Orufis, est appelé par les sages de l’assemblée de Sévagil pour une mission d’importance, Eldeflar le suit, davantage par obligation que par véritable soif d’aventure. C’est le danger qui vient peu à peu à lui au fil des six cents pages de ce premier tome, et le jeune homme se découvre une vocation à l’héroïsme en même temps que la grandeur de son destin lui est révélée.
 

A ce moment, dans le vrombissements et le battement des ailes de milliers d’insectes qui finissaient de s’abreuver et rentraient en virevoltant avant le crépuscule, un chant s’éleva. Fuindis chantait, doucement, et on aurait dit le murmure d’un vent de nuit. Ses paroles étaient à peine audibles, mais elle chantait un de ces lais mélancoliques qui troublent le cœur des hommes quand il leur semble en percevoir les échos dans les forêts d’Aïrenor.[…] Nul n’osait lui commander le silence ni lui imposer la prudence. Ils partageaient tous la même tristesse, et aucun n’avait assez de volonté pour lutter contre la mélopée de l’Elfe, tant elle les touchait au fond de leurs âmes.

(p. 235)

Six cents pages. Pour un lecteur assidu, avide d’épopées sur le long cours, ce peut être un défi exaltant, un plaisir quasi sensuel, ou encore l’affaire d’une nuit sans sommeil. Dans le cas de ce roman, ce n’est qu’un chemin de croix accompli au prix d’un effort de volonté quasi surhumain. Si les premières pages, ayant pour cadre le château de Dafur de Guervin, semblent prometteuses, on se lasse vite des longueurs éreintantes qui se multiplient dans le récit, longueurs qui n’ont pour toute récompense que des rebondissements patauds et la plupart du temps invraisemblables. Les personnages sont creux, insipides, y compris la galerie de héros guerriers à laquelle se joint le preux Orufis pour obéir aux ordres de l’Assemblée. Et, en plus de n’avoir ni passé ni consistance, les protagonistes sont au nombre d’une quinzaine, ce qui ajoute à l’incompréhension foncière entretenue par la multitude de pseudo-révélations qui émaillent le récit. Quant à Eldeflar lui-même, il ne parvient pas à nous intéresser au gré de ses errances psychologiques, en raison d’une patente médiocrité ayant pour but proclamé d’amener le lecteur à suivre son ascension vers un destin grandiose…
 
On s’en tiendra là à propos de l’intrigue, pour évoquer une écriture qui, à défaut d’être brillante, reste correcte, avec de temps à autre quelques lueurs d’ingéniosité. Mais l’édition, approximative pour ne pas dire grossière, accumule des fautes de syntaxe et d’orthographe qui plombent un peu plus la lecture. L’amour inconditionnel de l’auteur (ou, sait-on jamais, de l’éditeur) pour le « ? ! » rend ridicules certaines interventions qui se voulaient surprenantes ou tragiques. Désastre tant littéraire que matériel, cette Gloire de l’Edankan ne devrait pas en tous cas faire celle de son auteur. Un bide dommageable pour quelqu’un dont les capacités certaines n’ont certainement pas profité de conditions de publication plus que moyennes.

 

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