Après avoir sorti en 2003 un premier recueil de
nouvelles couronné par le prix Robert Duterme (Altérations,
qui sera réédité en 2006 aux éditions
Nuit d’Avril), Michel Rozenberg
vient de publier son deuxième recueil de nouvelles
intitulé Les Maléfices du Temps
(aux éditions Nuits d’Avril également).
Rencontre avec cet auteur bruxellois passionné
de Fantastique.
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Qu’est-ce
qui vous a poussé vers l’écriture ?
Michel Rozenberg: La lecture de nombreux livres d’Agatha
Christie et Conan Doyle a commencé
-lorsque j’avais 13-14 ans-à titiller mon sens de
la création. L’apprentissage de la batterie à
partir de mes 14 ans y a également contribué. A
cette époque-là, tout sujet d’espionnage,
d’aventures policières ou de science fiction m’inspirait.
Hélas, après quelques pages, voire quelques lignes
dans les cas les moins favorables, ma muse s’éclipsait
et je restais seul, face à moi-même et mon vide créateur,
avec un bout de texte inachevé, voué à être
offert en appât à l’obscurité d’un
vieux placard. Ensuite, j’ai découvert Jean
Ray, Thomas Owen et Gérard
Prévot, puis d’autres auteurs talentueux
édités ou réédités par Marabout
fantastique dirigé à l’époque par Jean-Baptiste
Baronian. Mon esprit garde les marques indélébiles
du plaisir de ces recueils de nouvelles. L’envie d’écrire
s’en est trouvée décuplée.
Les
maléfices du temps est, après Altérations,
votre deuxième recueil de nouvelles fantastiques. Comment
l’avez-vous construit et pourquoi avoir choisi le thème
du "temps" ?
MR: C’est en constatant que le temps était présent
dans chacune des 5 nouvelles que m’est venue l’idée
d’en faire le méta thème du recueil. Si chaque
texte traite d’un sujet particulier, bien différencié
je pense et indépendant des autres, le temps restait en
toile de fond le canevas auquel ils se raccrochaient. L’idée
de "jouer" avec le temps comme il se joue de nous m’a
amusé et j’ai décidé d’en faire
mon fil rouge du recueil. Je souhaitais écrire un texte
qui traiterait du vieillissement accéléré,
un autre de l’infanticide, un autre encore, de la colère
immanente face à quelqu’un qui gâche sa vie.
Il me restait (et me reste toujours) plusieurs idées qui
mettent en scène un écrivain face à son œuvre.
Je me suis servi de l’une d’entre elles. Quant au
dernier texte, il était déjà rédigé
à l’époque d’Altérations mais
je l’avais jugé trop peu abouti en 2003. Je me suis
donc employé à le retravailler et à le faire
mûrir.
Quelles
est votre perception personnelle du temps ?
MR: Le temps représente pour moi la notion la plus concrète
et la plus abstraite à la fois, à laquelle un être
humain est confronté à tout moment... c’est
le cas de le dire. Il s’immisce, s’insinue, s’infiltre,
s’insère et surtout s’impose dans nos existences.
Il s’étire lorsque nous souhaitons qu’il se
fasse discret, il se contracte quand nous verrions d’un
bon œil qu’il ne nous lâche pas d’une semelle.
Bref, cette dimension qui illustre à la perfection la notion
de relativité est omniprésente pour le meilleur
et pour le pire, si ce n’est qu’avec lui, il n’y
pas de divorce. Le mariage est d’ailleurs un choix forcé.
Nous n’avons pas droit au chapitre. Dans ces conditions,
la meilleure attitude à adopter reste d’après
moi le long apprentissage de l’acceptation de la cohabitation.
Je n’aime pas être "coincé" par le
temps. Cela m’angoisse. Aussi suis-je de ceux qui arrivent
bien à l’heure pour ne pas être oppressés
par notre 4è dimension. En temps que batteur, je rythme
le temps. Je pense que l’expression parle d’elle-même.
Le temps
est un des thèmes cher du Fantastique mais aussi de la
SF. Vous n’envisagez pas d’écrire de la SF
?
MR: Si j’aime la SF au cinéma, et c’est sans
doute grâce aux effets spéciaux de plus en plus spectaculaires
et les prouesses techniques toujours plus époustouflantes
créées par les magiciens de l’image, je n’ai
par contre aucune inspiration pour ce genre littéraire
pourtant majeur des littératures de l’imaginaire...
pour l’instant.
Parmi les
5 nouvelles du recueil, laquelle a votre préférence
et pourquoi ?
MR: J’aime en chacune d’elle quelque chose de particulier.
Dans "Les Maléfices du Temps", j’aime le
sentiment de terreur que j’extériorise et que je
tente d’exorciser, face à notre destin de vieillir.
Dans "Le Temps d’aimer", je traite d’un
de mes thèmes favoris: le rêve. Dans "A rebrousse
temps", j’apprécie le fait de revivre virtuellement
encore et encore des moments formidables à Virelles, dans
une colonie de vacances où j’ai passé de merveilleux
moments. Dans "Les spectres du Temps", j’ai pris
beaucoup de plaisir à décrire une scène où
le vieillard se fait agresser dans son sommeil. Et enfin dans
"Le temps fissuré", j’ai aimé fantasmer
sur une large reconnaissance de l’auteur par son public.
Ceci étant dit, si je devais choisir une des cinq, ce serait
"A Rebrousse Temps".
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