Danielle Martinigol
Vous avez
créé et écrit des séries comme Lumina.
Était-ce plus ou moins intéressant que le travail
sur un roman indépendant ?
Écrire
une série est un challenge comme on dit maintenant ;-)
car on ne sait jamais par quel volume le lecteur va entrer dans
la suite de textes. En fait, il se vérifie quasiment
à chaque fois que les adolescents gardent une préférence
pour le titre qu’ils ont lu en premier. J’ai aimé
travailler sur Lumina ; l’héroic fantasy n’est
pas ma tasse de thé. Seule, je ne m’y serais pas
frottée. Forte de l’allant de mes deux co-auteurs,
j’ai franchi l’obstacle. Je ne le regrette pas.
Mais recommencerais-je ? (ici moue dubitative)
Comment
avez-vous abordé la construction de la bible ?
Euh… Là, je dois avouer qu’il n’y a
pas eu vraiment de construction de bible, ce qui nous a valu
de nous raccrocher aux branches plusieurs fois. En particulier
pour la carte du Royaume de Lumina au dernier volume. Ouf…
tout collait pour que les aventures forment un circuit à
travers le Royaume des Mille Collines.
Et ensuite,
l’écriture des livres ?
Partage à trois. Alain Grousset ou Paco Porter faisaient
les huit premiers chapitres, quatre chapitres chacun. Ensuite
je recevais le texte, je le corrigeais et ainsi je me l’appropriais
et je terminais les deux derniers chapitres avec en plus quelquefois
l’épilogue.
Êtes-vous
satisfaite du résultat ?
Au
niveau des textes, oui. Mais j’ai regretté le choix
de trois illustrateurs différents et le peu de mise en
place de la part de l’éditeur. A ma connaissance,
en littérature jeunesse, il y a peu de sagas d’heroic
fantasy en 12 volumes. Cela aurait sans doute mérité
plus… de pub !
Vous écrivez
pour la jeunesse. N’avez-vous pas envie d’écrire
pour les “ adultes ” ?
A ce jour, je n’ai jamais eu le temps. Mais j’ai
un projet que je caresse depuis longtemps (parfois au sens propre
du terme quand je sors les 200 pages déjà faites).
Alors je me dis : pourvu que ce futur-là ne vieillisse
pas trop vite. J’ai eu deux ou trois émotions en
lisant des titres d’amis écrivains qui me semblaient
relever de la même thématique. Mais pour l’instant,
je n’ai rien lu de semblable à ce que j’aimerais
faire. Reste à m’y mettre…
Quelles
sont les scènes que vous avez le plus de mal à
écrire ? Le plus de facilité ?
Les plus faciles sont celles que je vois dès le début
de la gestation du livre. Certains premiers jets de scènes
très visuelles n’ont jamais été modifiés
(même par mon exigeant directeur de collection pour Autres
Mondes : Denis Guiot). J’ai du mal avec les scènes
violentes. D’ailleurs, un de mes lecteurs m’a fait
récemment la remarque suivante : il n’y a pas de
guerres dans votre futur ? Je ne savais trop quoi répondre.
Certaines sont évoquées mais avant mes histoires.
Finalement, j’ai dit à cet ado lucide : Il y a
assez de guerres dans la réalité, je préfère
ne pas en imaginer dans ma fiction.