Mósa Wòsa
Nathalie Le Gendre
Mango (Autres Mondes)

Les éléments se
déchaînèrent. Le soleil assécha la
Terre. L'humanité s'est divisée. D'une part les
habitants des Technos-Cités, protégés de
la chaleur et croulant sous la technologie. De l'autre, les
résidents des Oasis. Mósa vit dans un de ces coins
de nature épargnés par les caprices écologiques.
Il est indien et vit selon les anciennes coutumes. Mais son
destin l'appelle à rejoindre son père, un blanc
de la cité. C'est là qu'il trouvera Wósa,
un frère de sang qui bouleversera sa vie…
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"D'un geste
las, Zintka'la passa une main sur son visage creusé
de sillons profonds. Les rescapés se précipitèrent
dans les Technos-Cités, cette ruée
vers l'or climatique rappelant celle vers le métal
jaune qui avait fait tant de mal à son peuple,
il y a plus de deux siècles. Mais seuls les
plus riches purent accéder au cœur de
cette douceur artificielle. Les autres, restèrent
aux portes des mégalopoles où ils
s'entassèrent dans de gigantesques bidonvilles,
bénéficiant d'un climat moins pénible
que dans les plaines."
Mósa
Wósa, Nathalie Le Gendre
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Après le déroutant
et plaisant Dans les larmes de Gaïa,
Nathalie Le Gendre commet ici un véritable OLNI (Objet
Littéraire Non Identifié) en plongeant son lecteur
dans une rencontre entre chamanisme et certitudes scientifiques.
Mósa sera le fusible entre les deux mondes. Au fil des
pages, l'indien meurtri, car partagé entre deux cultures,
va courir après la question universelle de l'humanité
qui devient sienne : quel est mon but sur terre ? pourquoi suis-je
né ? à quoi puis-je bien servir dans ce monde
? Le héros découvrira ses réponses dans
la douleur et la souffrance. Il subira un véritable rite
initiatique que Nathalie Le Gendre expose avec dureté.
Les personnages semblent ne rencontrer qu'issues closes. Chapitre
après chapitre, leur situation se dégrade et chaque
lueur d'espoir n'est qu'un voile dissimulant un nouveau drame.
C'est donc une descente aux enfers inéluctable, un martyr
rituel que doivent supporter les personnages jusqu'à
la fin. Jusqu'à leur fin. Une fin en demi-teinte qui
ne manquera pas de déranger, malgré son côté
positif.
Ce second roman de Nathalie Le Gendre est bouleversant. L'auteure
s'intéresse à nouveau plus à l'individu
qu'à la société qui l'entoure (même
si les questions sont posées en filigrane), aux interrogations
basiquement humaine, aux faiblesses, aux choix souvent cruels.
A là vie tout simplement. Beauté, poésie,
cruauté, réalisme, Nathalie Legendre écrit
une science-fiction psychologique charmeuse qui renouvelle le
genre.
Michaël
Espinosa