Entretien avec Patrick Delperdange


LeFantastique.Net: Pouvez-vous vous présenter ?
Patrick Delperdange: Patrick Delperdange, 44 ans cette année, 7 kilos en trop (placés à hauteur de l'estomac, rien de grave, je commence les exercices demain...).

LFN: Comment êtes-vous arrivé à l'écriture ?
PD: Par la porte. J'ai aperçu une petite lueur qui brillait, je suis entré et je n'ai toujours pas ressenti l'envie de m'en aller. Tant qu'il y a de la lumière...

LFN: L'œil du Milieu est une plongée dans le genre Fantasy. En étiez-vous conscient au moment de la création et de la rédaction ou bien avez-vous écrit une histoire que vous aimiez sans vous poser les questions de genre ?
PD: Je me suis lancé dans l'aventure (dans tous les sens du terme), comme d'habitude, sans savoir vers quoi je m'embarquais, mais avec une envie forte : celle de partir vers d'autres horizons. Jusqu'alors, mes histoires se passaient ici et maintenant, si l'on peut dire, dans un cadre réaliste, et mettaient en scène des personnages confrontés à des problèmes aussi terre à terre que possible. En démarrant, l'Oeil du milieu, je me suis jeté à l'eau, comme mon héros, et je suis parti vers un monde inconnu.

LFN: Le démarrage de la trilogie nous fait penser que vous êtes un amateur de l’Île au Trésor et des histoires de pirates en général ? Pourquoi avoir placé le cadre "réel" à cette époque avant de rentrer dans une histoire "irréaliste" ?
PD: J'aurais mauvaise foi de prétendre que je n'apprécie pas L'île au trésor. En vérité, Stevenson est pour moi l'un des tous grands écrivains, toutes époques et toutes langues confondues. Le fait que ses ouvrages les plus connus aient longtemps été considérés comme des histoires réservées à la jeunesse ne vient rien faire là-dedans. Quel que soit l'âge auquel on découvre L'île au trésor, on est emporté. Et c'est un peu ce que j'ai tenté de réussir, avec mes modestes moyens.

LFN: Comment avez-vous créés vos personnages secondaires ? Qui vous a inspiré les Ménestrels ? Cette société matriarcale ?
PD: Mes personnages, primaires, secondaires ou mammifères, sortent des mots qui, eux, me sortent d'un endroit situé quelque part dans mon cerveau, dont je ne possède pas la cartographie précise (heureusement d'ailleurs...).

LFN: N'avez-vous pas peur que l'on vous taxe de macho d'avoir appelé des "amazones" des rombières ?
PD: C'est combien, la taxe ? Non, plus sérieusement, macho, pas macho, féministe, communiste, intello, végétarien, que sais-je encore ? S'il fallait prendre garde à ne choquer personne, je préférerais changer de métier. Et plus sérieusement encore, je crois que tout le monde en prend pour son grade, dans l'Oeil du milieu, les êtres féminins autant que les masculins, les adultes autant que les jeunes. Nul n'est bon ou mauvais, tout le monde a ses raisons et se débrouille avec sa conscience.

LFN: Votre écriture semble s'inspirer des feuilletons du 19ème siècle. Est-ce une de vos inspirations favorites ? Vouliez-vous rendre une sorte d'hommage ? Ou tout simplement faire connaître le roman d'aventure aux enfants ?
PD: Ni hommage, ni leçon. J'avais en tête dès le départ une aventure dont les rebondissements et les épisodes formeraient une suite de longue haleine (en tout cas pour moi, qui n'ai jamais eu l'habitude de pousser au-delà des 200 feuillets). Il me fallait donc imaginer une structure me permettant de ne pas me perdre en chemin, et je me suis rappelé deux choses : les feuilletons du 19ème siècle, comme vous l'avez senti, et les séries de bande dessinée, qui fonctionnent d'ailleurs plus ou moins de la même manière. Après ça, j'ai oublié ces deux choses et j'ai fait avec les moyens du bord.

 
 
 
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