Utopiales 2006
|
Festival
International
de Science-Fiction
de Nantes Métropole |
Du 10 au 13 novembre 2005
s'est déroulé l'une des rencontres majeures entre
les représentants de l'imaginaire francophone (et étranger)
et le public. Les Utopiales de Nantes coïncidant avec les
festivités célébrants le centenaire de
la disparition de Jules Verne, ce dernier était
bien évidemment la figure dominante de cette sixième
édition nantaise du festival. En effet, que ce soit dans
la partie cinéma, littéraire ou graphique, cette
figure de proue était omniprésente. Mais dans
une démarche résolument moderne, les responsables
du festival (Patrick Gyger et Pierre
Bordage) n'ont pas simplement ancré l'évènement
dans le passé, ce qui serait un comble pour un festival
de Science-Fiction, littérature de l'avenir et de la
prospective. Ainsi, les tendances présentes et futures
du genre étaient également très bien représentées,
formant un délicat équilibre.
Le public nombreux de la
partie cinématographique a donc aussi bien pu assister
à la rétrospective Jules Vernes en visionnant
deux versions de l'Ile Mystérieuse
ou Vingt Milles lieues sous les mers
qu'à celle consacrée à l'invité
d'honneur, le mythique Ray Harryhausen, responsable
des effets spéciaux sur de nombreux classiques du genre
(lire
son interview). Mais les dernières tendances étaient
également présentes, avec le film étrange
de Neil Gaiman et Dave McKean,
MirrorMask, plébiscité et qui
a reçu le Prix Utopiales du public. Le Grand Prix du
Jury est quant à lui allé à The
first on the moon, d'Aleksey Fedortschenko,
un étrange documentaire sur la conquête spatiale
russe mâtiné de critique du système de propagande
soviétique. La compétition internationale était
donc très ouverte avec des oeuvres venues d'horizons
très différents: Russie, Angleterre, Japon, USA
; Animé, infographie mêlée de prises de
vue réelles... Ceci sans compter les oeuvres hors-compétition,
souvent plus axées sur un public plus large, telle l'avant
première du film Doom, tiré du célèbre
jeux vidéo.
Les
jeux de rôle ou de plateau avaient également comme
d’habitude une salle dédiée et les aficionados
s’y sont pressés pour découvrir les nouveautés
ou s’adonner à leur monde favori (photo).
Plus "sérieux",
le volet pédagogique a cette année été
particulièrement travaillé et suivi. Près
de 1000 élèves ont suivi les animations, conférences
et tables rondes organisées le jeudi par Nathalie
Labrousse. Une véritable réussite plébiscitée
aussi bien par les jeunes que par les prescripteurs. Cafés
pédagogiques où l’on nous explique "Pourquoi
faire lire de la SF aux enfants ?", rencontre avec des
auteurs, ateliers-jeux sur l’uchronie ou l’anticipation
étaient donc à l’attractif menu concocté
par la dynamique responsable, elle-même professeur de
philosophie.
Comme les années
précédentes, les arts plastiques étaient
également à l’honneur. Dans la thématique
avec des expositions de maquettes inspirées des inventions
extraordinaires de Jules Verne ou de gravures et illustrations
tirées de ses œuvres avec par exemple le magnifique
travail de Didier Graffet.
Sculptures
encore avec les étonnantes réalisations de Patrice
Hubert qui jalonnaient le centre des congrès. Et surtout
la confection en direct sur la durée du festival d’une
sculpture représentant le Nautilus par Jean-Yves
Kervévan. L’autre performance dans les
arts graphiques était représentée par la
désormais traditionnelle fresque, réalisée
en commun par les Hubert de Lartigue, Didier Graffet,
Manchu, Pascal Yung, Thierry Cardinet et Sandrine
Gestin (photos). Une bien belle réalisation
commune, centrée sur le personnage vedette du festival,
et qui a ensuite été offerte au Musée Jules
Verne de Nantes par l’association Art&Fact. Au hasard
des pérégrinations dans les allées du festival,
le promeneur pouvait également admirer les œuvres
de ces dessinateurs ou d’autres, tel que celles du jeune
Aleksi Briclot, lauréat du Prix Art&Fact
de cette année. Un passage obligé des expositions:
celle consacré aux drogues rencontrées dans les
œuvres de Science-Fiction. L’expo Stups & Fiction
est la continuité directe de l’ouvrage du même
nom de François Rouiller. Fascinant ! Une autre vitrine
très courue état celle consacrée à
la célèbre revue Métal Hurlant
(photo), à l’occasion de la sortie du livre La
Machine à Rêver consacré à
cette publication mythique. Il y eut d’ailleurs foule
à la table ronde consacrée à l’évènement
accueillant par exemple Jean-Pierre Dionnet.
