U
comme Utopiales 2003
Entretien
avec Mélanie
Fazi
Lefantastique.net:
Comment êtes-vous devenue écrivain
et pourquoi avez-vous choisi le fantastique, l'imaginaire
pour vous exprimer ?
Mélanie
Fazi: Je n'ai pas l'impression d'avoir vraiment choisi… C'est
quelque chose qui m'intéresse depuis que je suis toute petite, ça
m'a toujours passionnée. J'ai eu des phases ou je lisais
plus ou moins… J'ai eu une phase de science-fiction vers
quatorze ans, et je suis venue au fantastique plutôt vers
quinze, seize ans. En fait, je ne sais pas pourquoi j'écris
dans l'imaginaire fantastique… Je sais que ça m'intéresse
maintenant, pas pourquoi j'y suis venue. J'adore les histoires
qui se déroulent dans un cadre vraiment contemporain, et
où, tout d'un coup, il y a un glissement, quelque chose qui
va se produire, qui va rompre l'ordre naturel des choses.
Et je trouve qu'il y a quelque chose de fascinant dans cette
espèce de glissement. C'est vraiment ça. Après, pourquoi
je me suis mise à écrire… J'ai toujours plus ou moins inventé des
histoires, mais quand j'étais adolescente, j'étais plus intéressée
par le dessin, alors je passais de l'un à l'autre…
LFN:
Vous n'avez pas continué le
dessin ?
MF: C'est vrai que je dessinais vraiment beaucoup, quand
j'étais enfant. Et
adolescente, je commençais vraiment à me dire qu'il y avait plein de choses
que j'avais envie de dessiner, plutôt dans le genre Fantasy, mais je me suis
aperçue que je n'étais pas assez douée pour ça. Donc, j'ai laissé tomber, et
je me suis mise à l'écriture, à écrire vraiment des nouvelles, vers dix-sept
ans, et je me suis sentie à l'aise. Donc, j'ai continué et je n'ai pas arrêté depuis.
LFN: Toujours dans le fantastique ?
MF: Je crois que toutes mes nouvelles le sont, oui, sauf peut-être une ou deux.
C'est toujours du fantastique ou au moins une ambiance un peu inquiétante,
ou quelque chose comme ça. A la limite, je pourrais être intéressée par le
polar aussi, pour les mêmes ambiances. J'aime bien ce genre de climat.
LFN:
Y a-t-il des écrivains qui vous ont
influencée ou que vous avez particulièrement appréciés?
MF: Influencée, c'est toujours dur à dire, parce qu'on en est à la fois trop
proche et, en même temps, je crois qu'on est influencé par toutes ses lectures.
Et puis, il y a des influences directes qui sont tellement énormes qu'on ne
les voit pas soi-même. Je sais que dans le fantastique, j'ai commencé par Stephen
King, comme c'est le cas de beaucoup de monde. J'adorais vraiment…
Ce
que j'adorais chez King, ce n'est pas tellement son approche du surnaturel
et les effets "gore", mais la manière dont il mettait en scène ses personnages.
Je trouvais ça fabuleux. Il y a le côté portrait de l'Amérique moyenne, qui
est vraiment passionnant aussi. Et, en plus, on sent que quand il parle de
l'enfance et de l'adolescence, ça vient de loin, que c'est quelque chose de
personnel. Après Stephen King… Au moment où j'ai commencé à écrire des nouvelles,
je me suis mise à lire beaucoup de nouvelles fantastiques, et c'est là que
j'ai découvert un auteur qui m'a beaucoup marquée : Lisa Tuttle. J'ai été scotchée
par ses nouvelles. Je n'avais encore jamais vu faire ça. Ce n'est pas un fantastique
où la menace vient de l'extérieur, comme c'est le cas chez King, mais une menace
qui vient de l'intérieur. Ce sont des personnages qui sont face à leurs propres
angoisses et qui basculent. Sinon, plus récemment, il y a eu Poppy Z. Brite
qui m'a beaucoup marquée aussi. Tout récemment, Graham Joyce. Je l'ai découvert
il y a peut-être deux ans, et je suis vraiment scotchée par ses livres. Dans
l'absolu, ça fait partie des auteurs, où je me dis en les lisant : "Ca, j'adorerais être
capable de le faire un jour !".
LFN:
Puisque vous êtes
traductrice, je suppose que vous les lisez en version originale
?
MF: Souvent. Mais, en général, il y a eu de bons traducteurs. En plus, ce sont
des amis qui l'ont traduit. Donc, il y a ça aussi (rires). Mais j'essaye de
plus en plus de lire en version originale, oui.
LFN:
Ca ne vous tente pas d'écrire en anglais
?
MF: C'est très difficile. Il ne faut pas seulement connaître le vocabulaire,
la grammaire… mais il faut aussi réussir à rentrer dans un autre mode de pensée,
et ça, ce n'est vraiment pas évident. Mais j'ai essayé de le faire une fois,
oui. J'ai senti que je ne l'aurais pas du tout écrite de la même façon si je
l'avais commencé en français. L'histoire elle-même aurait été différente.
LFN:
Peut-on dire que vous avez commencé votre
parcours professionnel comme traductrice?
MF:
En fait, il y a eu - pas une coïncidence - mais un concours
de circonstances… J'ai envoyé, en 1998, des textes à la revue
Ténèbres et ils ont retenu Ghost Town Blues (in
Ténèbres 2000, Ed. Naturellement) qui est paru deux ans après.
Entre les deux, j'ai demandé à Benoît Domis - qui était rédacteur
en chef - s'il avait besoin de traducteurs, car je cherchais à faire
des traductions, mais je n'avais pas encore d'expérience.
Ils m'a donné ma chance en me faisant faire un essai. Puis,
j'ai continué pendant deux, trois ans et, c'est il y a deux
ans je crois, que j'ai commencé à travailler pour d'autres
supports. Et depuis un an, je le fais à temps plein ! Donc,
en fait, tout à commencé par l'écriture, puisque j'avais
eu le contact avant, via l'envoi de mes textes.
LFN:
Croyez-vous que la traduction a influencé votre
façon d'écrire ?
MF: Influencé, non. Mais… c'est vrai que je ne peux pas m'empêcher, quand je
traduis, de disséquer un texte, d'en découvrir les rouages, de voir comment ça
marche. Et quand le texte est très bien écrit, ça devient très intéressant.
Par contre, lorsque c'est un mauvais texte, ce qui intéressant, c'est de repérer
tous les tics des auteurs, tout ce qui est énervant, et de se dire : "ça, je
l'ai déjà fait dans un de mes textes. Je vois que c'est énervant chez les autres,
je vais essayer de ne plus recommencer."
LFN:
Avant de traduire un roman, le lisez-vous d'abord une première
fois afin d'avoir une vue d'ensemble?
MF: En général, oui. Je ne peux pas concevoir de commencer à traduire si je
ne sais pas d'abord quelle est l'ambiance du livre et vers quoi il nous mène.
J'ai besoin de savoir dans quoi je me plonge avant de traduire, de cerner le
livre dans son intégralité. Sinon, je crois que j'aurais beaucoup de mal… Par
exemple, dans un texte de Fantasy ou de SF, on peut se retrouver avec des termes
inventés dont il faut trouver un équivalent français. La recherche ne sera
pas la même si le terme apparaît une fois ou si c'est un terme essentiel au
livre.
LFN:
Faites-vous beaucoup de recherches ? La traduction vous prend-elle
beaucoup de temps?
MF:
La phase de la recherche est une phase importante de la traduction,
mais tout ça dépend beaucoup du livre. Là, je suis sur une
série de SF, d'Elizabeth Moon qui paraît chez Bragelonne
(Partie de chasse, Heris Serrano -1, paru en août
2003 et Double jeu, Heris Serrano -2 à paraître en
janvier 2004 NDLR), et ça me demande beaucoup plus de recherches
que pour toutes les autres traductions, parce qu'il y a tout
un vocabulaire spécifique existant qu'il faut aller vérifier
: vocabulaire de science-fiction (sur le vaisseau spatial, …),
juridique, scientifique, militaire… Il y a toujours beaucoup
de recherches sur une traduction, mais sur cette série, j'en
ai plus que d'habitude !
LFN:
Avez-vous l'habitude de traduire des séries ?
MF: Non, là, c'est la première fois. Je viens de terminer le deuxième tome
et je vais commencer le troisième.
LFN:
C'est vous qui choisissez de continuer à traduire
la série ou pas ? Imaginons, par exemple, qu'au deuxième
tome, vous n'aimiez plus la série, que vous ne vous y sentiez
plus à l'aise…
MF: Euh, je pense que pour l'éditeur, comme pour le traducteur, c'est plus
intéressant que ce soit la même personne qui continue sur une série. Parce
que d'une part, il y a le vocabulaire, d'autre part, on est imprégné, on est
dedans. En plus, il n'y a pas de risque de rupture au niveau du style, comme
ce serait peut-être le cas si une autre personne prenait la série en cours.
Moi, ça m'intéresse de continuer cette série-là, donc je vais le faire. De
la part de l'éditeur, je crois que c'est plus intéressant aussi.
LFN:
Vous avez reçu le
Prix Merlin pour la nouvelle Mathilda. Félicitations ! C'était votre première
nouvelle publiée "pro"?
MF:
C'était la quatrième, en fait. Je l'ai publiée en 2001, dans
l'anthologie "Douces ou cruelles ?" et j'avais trois textes
qui étaient parus avant ça. C'est celle où j'ai eu les retours
les plus enthousiastes. J'ai reçu des retours très enthousiastes
pour d'autres textes, mais là, j'ai eu l'impression que les
gens avaient été vraiment touchés par ce texte, d'une manière… je
ne sais pas, il y a quelque chose qui m'a échappé dedans,
c'est assez bizarre… On est très fière alors. Assez contente,
oui. Mais, fière, je ne sais pas parce que… c'est bizarre,
je n'arrive pas à me rendre compte en fait. Quand, j'ai un
retour très enthousiaste, je reste toujours en partie incrédule.
J'ai l'impression qu'on parle d'un autre texte, un texte
de quelqu'un d'autre, c'est difficile de faire la part des
choses…
LFN:
Vous avez commencé directement à publier des nouvelles dans
les revues "pro" ou dans des fanzines. Quel est votre parcours à ce
niveau-là ?
MF: Ma première nouvelle, c'était sur un support professionnel en fait. C'était
l'anthologie "De minuit à minuit", au Fleuve Noir en 2000 (Le noeud cajun,
NDLR). Avant ça, je n'avais pas vraiment essayé de publier de textes. C'était
un coup de bol. Ca fait partie des textes que j'ai envoyé à Ténèbres - dont
j'ai parlé tout à l'heure - et qui ont été retenus, mais pour une publication
plus tardive. Le premier texte que j'ai soumis en me disant: "celui-là devrait,
peut-être, être publiable a été accepté tout de suite ! Et, à partir de là,
j'ai continué sur les supports plutôt professionnels.
LFN:
Et maintenant, lorsque vous avez écrit
une nouvelle et que vous l'envoyez à un éditeur, vous demandez-vous
encore : "est-ce que ma nouvelle est publiable" ? Ou bien,
cette question disparaît-elle lorsqu'on a déjà publié deux,
trois nouvelles ?
MF: Au bout d'un moment, il y a cette espèce d'incrédulité de la première fois
qui disparaît. La première fois où j'ai eu la réponse de Daniel Conrad (à l'époque,
co-rédacteur en chef de la revue Ténèbres NDLR) qui me disait que le
texte lui avait beaucoup plu et qu'il le prenait, je n'en revenais pas ! je
me suis dit : "Il doit y avoir une erreur, un malentendu, ce n'est pas possible".
Mais à force d'avoir des retours, c'est vrai que si j'ai toujours autant de
mal à juger mes textes, je commence à avoir une idée un peu plus précise de
la manière dont ils sont reçus et donc de ce qu'ils peuvent valoir. Mais, ça
passe toujours par l'extérieur. Toute seule, je n'arrive pas à me faire un
avis.
LFN:
Que préférez-vous, lorsque vous écrivez
une nouvelle : Répondre à un appel à texte précis (par exemple
pour une anthologie) ou écrivez-vous spontanément ?
MF:
Les deux en fait. Pendant un moment, j'étais persuadée que
je ne pourrais jamais écrire pour un appel à texte. Parce
que je n'imaginais pas, vu que c'est déjà très compliqué de
concevoir une nouvelle à partir d'une image ou d'un personnage,
de devoir le faire à partir d'un thème imposé. Puis, c'est
venu… Je ne sais plus quelle était la première, c'était peut-être
pour l'anthologie "Rêves d'Ulthar", qui est parue aux
Editions de l'ODS, c'était sur le thème des chats (Silmaril NDLR).
J'ai eu envie d'y participer, d'essayer. Donc, c'est le premier
texte que j'ai écris pour un appel précis. La plupart des
textes que j'ai publié, c'étaient des textes que j'avais écrits
avant et qui se sont glissés dans une anthologie qui correspondait.
J'ai eu une très, très bonne expérience, au niveau des appels à textes,
pour le numéro d'Emblèmes, chez l'Oxymore, qui était consacré à Venise
(Venise Noire, Emblèmes n°5 NDLR). En fait,
j'ai découvert Emblèmes et j'ai adoré tout de suite ce style
d'anthologie. J'ai eu très envie d'envoyer un texte, pour
voir si… J'ai vu l'appel à textes sur Venise et j'ai tout
de suite eu une idée... J'ai écrit ça très vite et, à ma
grande surprise, c'est passé comme une lettre à la poste
!
LFN: Devez-vous souvent remanier tes textes
? Vous le demande-t-on ?
MF:
Souvent, non. Enfin, ça arrive, oui. J'ai rarement eu à vraiment
remanier un texte en profondeur, de devoir changer toute
l'intrigue. Par contre, ce qui se passe, c'est que souvent,
avant de soumettre un texte, je l'envoie à des relecteurs.
J'ai plusieurs amis qui ont l'habitude de me relire et qui
me disent: "oui, ça fonctionne" ou bien "là, il y a un problème,
il faudrait retoucher ça"… Ce qui fait que quand je soumets
un texte, en général, il est passé par au moins deux ou trois
personnes. J'ai donc déjà pu peaufiner mon texte avant de
l'envoyer.
LFN: Sinon, vous le feriez, si on vous le
demandait ?
MF: Si on me le demande et que je pense que c'est justifié, oui. Ca dépend
de la manière dont on me présente les retouches à faire. Si vraiment je pense
qu'il y a un problème dans le texte, oui, je le fais sans problème. Enfin,
sans problème, non, parce que ce n'est pas facile de repenser un texte différemment.
Mais, je pense que c'est important d'apprendre à écouter - justement - les
critiques, les remarques et ne pas se braquer quand on demande des retouches
LFN:
Comment définiriez-vous
votre style ?
MF: Je crois que je suis la dernière personne qui pourrait le définir. C'est
comme je disais tout à l'heure, je suis toujours surprise par les retours,
par la manière dont ce que je fais est perçu. Je sais plus ou moins que j'écris
sur des thèmes récurrents, que c'est souvent axé sur les relations entre les
personnages, sur les ambiances. Je sais que les textes qui ont plu, souvent,
c'est parce que les gens ont accroché aussi sur le style d'écriture… mais à part
cela, je ne saurais pas définir…
LFN:
Comment êtes-vous passée
au roman ?
MF: Je dirais presque par accident (rires) ! Pendant longtemps,
j'étais persuadée
que je ne pouvais écrire que des nouvelles et que je ne voulais écrire que ça.
Et la question, classique : "quand est-ce que tu passes au roman, l'air de
dire, quand est-ce que tu passes aux choses sérieuses ?"… ça m'énervait. En
fait, le roman qui est paru, c'est le deuxième que j'ai écrit. J'avais fait
un tentative avant. C'était une nouvelle qui était très longue et à laquelle
il manquait quelque chose, une fois terminée, mais je ne trouvais pas quoi.
Je l'ai reprise après, pour en faire quelque chose de plus long, et c'est devenu
un roman. Et en fait, ce roman-là, je suis en train de le retravailler pour
publication plus tard.
Ensuite,
il y a eu Trois pépins du fruit des morts (Nestiveqnen,
septembre 2003, NDLR). Il vient aussi d'une nouvelle que
j'ai dû remanier plusieurs fois. Parce que la première fois,
mes relecteurs étaient tous d'accord pour dire que c'était
incompréhensible. Donc, j'ai recommencé, en essayant de rendre ça
un peu plus clair. Et le retour a été : "c'est nettement
plus compréhensible, le texte est nettement meilleur, mais
il manque encore quelque chose". Et peut-être six mois plus
tard, j'ai eu une idée pour prolonger ça avec l'optique d'écrire
un roman. Ce n'est pas comme le premier texte où je me disais
: "je vais essayer et je vais voir ce que ça donne". Là,
vraiment, c'était : "je vais écrire un roman, en sachant
que je suis en train de le faire, et je vais voir ce que ça
donne." Mais, je suis toujours plus à l'aise dans la nouvelle
que dans le roman. Ca vient, mais ce n'est pas encore ça…
LFN: Et de quoi parle votre premier roman
?
MF: C'est un roman un peu compliqué à résumer, parce qu'il y a plusieurs thèmes
qui se mélangent. Il y a trois personnages. Le premier personnage, c'est une
mère célibataire, qui élève sa fille de douze ans. Et, au tout début du roman,
cette fille de douze ans disparaît pendant deux semaines. Sa mère n'a plus
du tout de nouvelles. Elle ne sait pas si elle a fugué, si elle a été enlevée… Quand
la petite fille revient deux semaines plus tard, elle refuse de dire ce qui
s'est passé, bien décidée qu'elle est à préserver son secret des adultes. C'est
son secret à elle et elle ne veut surtout pas le partager. On découvre, un
peu plus tard dans le roman, qu'elle a passé ces deux semaines avec une femme
qui est la déesse Perséphone de la mythologie grecque. Le roman tourne autour
de ces personnages. Pourquoi se sont-elles rencontrées ? Que s'est-il passé ?
Sur quoi est-ce que cela va déboucher ? Et surtout, quelles seront les conséquences
sur ces trois personnages ?
LFN:
Qu'est-ce qui vous intéressait particulièrement
dans cette histoire ? La mythologie ?
MF: La mythologie, la grecque en particulier, je m'y intéresse depuis que je
suis toute petite. Mais, ce n'est pas ça qui est venu en premier. En fait,
la conception de la nouvelle de départ a été assez curieuse. J'avais le personnage
de l'adolescente. Je savais plus ou moins que je voulais écrire quelque chose
sur une adolescente un peu perturbée, un peu en retrait par rapport aux adultes.
J'étais en train de chercher des images et j'ai eu l'image d'une femme avec
laquelle je la voyais évoluer pendant une partie de l'histoire. Tout d'un coup,
j'ai pensé, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs : "cette femme, c'est Perséphone
!" Ca a été une association d'idées et je me suis dit : "d'accord, il y a quelque
chose à creuser, c'est un mythe qui m'intéresse depuis l'enfance, donc je vais
voir ce que je peux faire". Je n'avais jamais écrit sur les mythologies et
tout s'est construit autour des personnages.
LFN:
Avez-vous déjà eu
des retours sur votre roman ?
MF: Quelques uns, oui, qui sont plutôt, pour l'instant, des retours de mon
entourage. Mais il commence à y avoir quelques critiques. Dans l'ensemble,
c'est plutôt positif. Il y a quelques reproches, des longueurs, ou bien au
niveau de la construction du roman, mais dans l'ensemble je suis agréablement
surprise par les retours. Mais j'ai l'impression que le roman ne fonctionne
pas sur tout le monde, tout le monde ne rentre pas dedans. Mais pour ceux qui
rentrent dedans, il y a vraiment quelque chose qui les touche. Je crois que
je ne pouvais pas demander mieux.
LFN:
Vous allez bientôt
publier Serpentine chez
Oxymore. De quoi s'agit-il ?
MF:
C'est un recueil cette fois, un recueil de nouvelles, qui
va sortir en janvier dans la collection "Epreuves" chez l'Oxymore.
Ils publient des recueils de jeunes auteurs francophones.
Mon recueil va contenir dix textes, dont quatre qui sont
déjà parus. J'y reprends notamment Mathilda,
dont on parlait tout à l'heure. Il y a donc six inédits qui
sont soit des textes que j'avais écrits spontanément, sans
appel à texte, mais qui n'avaient pas trouvé de support,
soit des textes écrits pour des appels thématiques et qui
n'avaient pas été retenus. Et il y a un texte que j'ai écrit
exprès pour ce recueil.
LFN:
Vous avez d'autres romans de prévu ou
bien comptez-vous continuer dans la nouvelle ?
MF: Je compte de toute façon continuer dans la nouvelle. C'est vraiment ce
que je préfère et c'est là que je me sens le mieux. Par contre, je suis en
train de retravailler le premier roman dont je parlais tout à l'heure. Là,
je ne peux pas en parler, parce que, ce n'est pas encore officiel, mais à priori
il y a un éditeur qui est intéressé…. Si ça se confirme, il devrait paraître à l'automne
2004. Ensuite, je ne sais pas encore ce que je ferai.
LFN:
Pour terminer, quels conseils donneriez-vous à de
jeunes auteurs qui débutent ?
MF: Des conseils, je ne suis pas sûre d'en avoir tellement à donner… C'est
de beaucoup s'entraîner, beaucoup écrire, parce que c'est avec la pratique
qu'on apprend. Il ne faut pas s'attendre à ce que le premier texte soit tout
de suite impeccable. Il faut du temps pour acquérir le mécanisme et trouver
une voie. Il faut aussi, comme je le disais tout à l'heure, être vraiment très
attentif à la critique, parce que je crois que c'est peut-être ce qui aide
le plus à progresser. Essayer aussi d'avoir des gens à qui montrer le texte
et surtout ne pas se braquer quand on vous fait une remarque, mais plutôt en
tenir compte et s'en servir pour progresser.
© Propos recueillis par Christian
Simon
le dimanche 9 novembre 2003 aux Utopiales de Nantes
(merci à Dominique
Begon pour l'aide technique)