Bref voyage en Terre du Milieu


John Ronald Reuel Tolkien est né en Afrique du Sud en 1892. Revenu en Grande Bretagne, il fera ses études à la très honorable Université d'Oxford, où il apprendra -entre autres- l'anglo-saxon, le gallois, le finnois, l'islandais, le gothique, ...
Après la Première Guerre Mondiale, il retourne à Oxford, pour enseigner cette fois, jusqu'en 1959. Il mourra paisiblement en 1973.
Rien ne prédispose donc, dans ce parcours classique, ce sujet de sa Très Gracieuse Majesté à devenir l'un des monstre sacré de la littérature fantastique, au point même que son oeuvre a rejoint les rangs des classiques de la littérature anglo-saxonne.
Et pourtant... Pour tenter de comprendre, plongeons dans l'oeuvre de toute une vie.

Il était une fois un hobbit...

Ainsi pourrait commencer l'histoire de Bilbo, petit hobbit menant un vie paisible dans sa Comté. "Bilbo le Hobbit" occupe une place particulière dans l'œuvre de Tolkien. Il s'agit ici d'un véritable conte pour enfant, en fait, la retranscription de l'histoire qu'il racontait à ses fils le soir.

La Terre du Milieu s'y trouve déjà et l'intrigue du "Seigneur des Anneaux" s'y inscrit également en filigrane. Après tout, si ce pauvre Bilbo n'avait pas parcouru le monde et trouvé son anneau, qui sait si nous ne serions pas sous la coupe de Sauron?

A cette époque - il commence à écrire les aventures du petit hobbit en 1930 - il a déjà entamé la rédaction du "Silmarillion". Il a donc placé ses personnages dans un monde dont il connaît déjà les grandes lignes, même si de nombreuses imprécisions subsistent encore. Les Elfes constituent la meilleure illustration de cette affirmation: joueurs, farceurs dans "The Hobbit", ils deviennent une race d'artistes, d'êtres quelque peu mystérieux et lointains dans le "Seigneur des Anneaux". Tolkien a d'ailleurs regretté par la suite les Elfes tels qu'ils apparaissent dans "Bilbo le Hobbit" .

Le Big Bang

Un long silence suivit la parution de "The Hobbit" en 1937 et ce n'est qu'en 1954/1955 que sortent les trois volumes qui consacreront Tolkien comme l'un des maîtres de la littérature fantastique: la trilogie du "Seigneur des Anneaux".

Ici aussi, l'histoire débute chez les Hobbits, ce petit peuple ignoré de tous, et se focalisera sur les aventures de quatre d'entre eux. On devine ici l'affection que porte Tolkien aux semi-hommes, amateurs de bonne chère, de ronds de fumée et qui pourtant cachent une grande force. Gandalf ne répète-t-il pas à de nombreuses reprises que Frodo est bien le seul capable d'accomplir sa mission (détruire l'anneau de Sauron) jusqu'au bout et que lui-même, Gandalf, pourtant puissant magicien, n'est par certain de pouvoir résister aux appels de l'Anneau Unique.

Vingt années séparent "The Hobbit" de "The Lord of the Rings". Vingt années durant lesquelles le vénérable professeur a peaufiné le moindre détail de ce livre. Remettant sans cesse sur le métier son ouvrage, il publiera d'ailleurs une version corrigée du "Seigneur des Anneaux" en 1966. C'est également pour cette raison qu'il n'a jamais sorti le "Silmarillion" de son vivant.

Tant d'heures de travail trouvent leur récompense. La magie opère! Tolkien nous livre un monde complet, cohérent, dont il existe des cartes, dont il a élaboré les langages. Mais si l'on peut se promener sans se lasser dans la Terre du Milieu, il ne faut pas oublier que Tolkien y travaille depuis 1916, date à laquelle il commence à travailler sur le Silmarillion.
Prêt pour une petite balade?

Promenade en Terre du Milieu

J.R.R Tolkien a poussé le perfectionnisme à élaborer une histoire complète de "son" monde, partant de la genèse d'Arda (la Terre) jusqu'au Quatrième Age (qui mènera à notre monde).

Il va jusqu'à inventer un mythe de la création fortement teinté de christianisme. Eru/Iluvaar crée par la pensée les Ainur, une sorte de demi-dieux que l'on pourrait rapprocher des anges chrétiens. Ici, le monde n'est pas crée par le Verbe, mais par le Chant (ce qui s'en approche beaucoup) et Eru se fait aider par les Ainur. Autre point de convergence avec la Bible: Melkor, pendant de l'ange déchu Satan. L'un et l'autre ont été les préférés de Dieu et l'un et l'autre ont été jaloux de la création.

Différence introduite par Tolkien: ce sont les Ainur qui donneront un visage à Arda, façonnant ses mers, ses terres, ses montagnes, semer les graines, créer des animaux. Ce fut alors le printemps d'Arda, mais Melkor sema la destruction.

On peut voir ici que la création est un processus dynamique, que la configuration des terres et des mers n'est pas immuable. La guerre avec Melkor provoquera ainsi de nombreux bouleversement géologiques. Ceci explique que la géographie de la Terre du Milieu diffère d'un Age à l'autre, comme le montrent les cartes dressées par Tolkien.

Mais d'autres habitants vinrent peupler la Terre du Milieu:
"Aînés de tous, les enfants des Elfes;
Le Nain, fouilleur, sombres sont ses demeures;
L'Ent, né de la terre, vieux comme les montagnes;
L'Homme, mortel, maître des chevaux;
Les Hobbits semi-poussés, habitant des trous
" chante Sylvebarbe

(in TOLKIEN, J.R.R. , Le Seigneur des anneaux, vol. 2, Les deux tours, p. 83, Presses Pocket, Paris, 1989)..

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