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Le Cycle de la Terre Mourante
Jack Vance
Par Rafaël Verbiese
Que dire de nouveau sur le grand Jack Vance
? Si ce n’est que c’est un des rares auteurs de l’âge
d’or de la Science-fiction et de la Fantasy américaine
encore en vie, et l’un des plus prolifiques ! Créateur
d’univers baroques et colorés, conteur hors pair,
il a donné d’une certaine manière ses lettres
de noblesse à la "science-fantasy", terme qui
semble avoir été créé à son
attention.
Biographie de Jack Vance
Né
en 1916 en Californie, Jack Vance a pratiqué de nombreux
métiers : ingénieur des mines, marin dans la marine
marchande pendant la guerre, journaliste et puis finalement s’est
consacré à sa carrière d’écrivain
de l’imaginaire soutenu par sa femme. Depuis ses premières
parutions vers 1945, il est l’auteur d’un grand nombres
de nouvelles, novellas et romans dont plusieurs grands cycles
sont devenus des références pour les amateurs des
littératures de l’imaginaire (La
Geste des Princes-Démons, Le
Cycle de Tschaï, La Planète
Géante, Lyonesse,
etc.). Jack Vance n’a pas son pareil pour inventer et décrire
des races et des sociétés aux us et coutumes à
la fois étranges et malgré tout tellement réalistes.
A bientôt 88 ans et presque aveugle suite à une grave
maladie des yeux, Jack continue encore à nous émerveiller
avec ses histoires grâce à l’aide précieuse
de Norma et John, sa femme et son fils. Son dernier roman Lurulu
est terminé et devrait paraître aux Etats-Unis au
printemps 2004. Dire qu’il faudra encore attendre pour le
lire en version française... Rarement un auteur aura continué
à produire avec tant de passion malgré un tel handicap.
Jack nous a tout donné alors rendons-lui la pareille en
lisant ses œuvres et en les faisant découvrir à
d’autres. C’est là la moindre des choses…et
c’est pourquoi vous me lisez aujourd’hui.
Le Cycle de la Terre Mourante
En examinant son œuvre dans sa globalité,
on peut constater que pour ce qui est de la Fantasy "traditionnelle"
(si tant est que l’on puisse utiliser ce mot quand on parle
de Jack Vance), on ne compte que deux cycles importants dans sa
production : Les 4 recueils formant Le
Cycle de La Terre Mourante et les 3 tomes du cycle de Lyonnesse.
Le
Cycle de la Terre Mourante (Tales of The Dying Earth) occupe
un place à part dans l’oeuvre de Jack Vance tout
autant que dans son cœur. En effet, dans ses rares interviews,
il a toujours clairement manifesté sa tendresse d’auteur
pour cet univers étrange et en particulier pour le personnage
de Cugel.
Plutôt qu’un cycle, c’est en fait un ensemble
de nouvelles écrites entre 1950 et 1984 et reprises en
quatre volumes thématiques suivant les personnages récurrents
qui en sont les héros : Un Monde
Magique, Cugel l’Astucieux,
Cugel Saga et Rhialto le Merveilleux.
Toutes ces nouvelles se déroulent dans le même monde
: notre terre, un univers étrange, décadent et moribond
situé plusieurs millions d’années dans le
futur, une époque où la science a complètement
disparu et où la magie a repris ses droits alors qu’un
soleil souffreteux éclaire les derniers sursauts cyniques
d’une humanité délabrée et égoïste.
Un Monde Magique
Ce premier recueil de nouvelles nous présente
des personnages plutôt sombres mais toujours hauts en couleurs.
Qu’ils soient de puissants magiciens comme Mazirian, Turjan
de Miir et Khandive le Doré; de séduisants brigands
comme Liane le Voyageur; de superbes créatures féminine
comme T’sais; ou encore d’intrépides nobliaux
tel Guyal de Sfere, tous sont à la poursuite de leurs chimères
personnelles avec plus ou moins de succès à travers
une terre moribonde. Qu’ils cherchent la connaissance ultime,
la puissance, l’amour ou simplement leur identité,
ils traversent ces histoires avec cynisme et fatalité.
La manière dont sont écrites ces nouvelles est très
surprenante : tantôt héros, les personnages deviennent
ennemis et parfois même simple figurants, leurs destins
se croisant sans cesse au gré du texte. Ce livre est sans
conteste le plus étrange de la série. L’univers
y est décrit finalement de manière assez succincte
de même que les créatures qui y résident.
C’est justement cette parcimonie de détails qui permet
à l’imagination du lecteur de se faire une image
personnelle et presque réaliste des habitants terrifiants
qui hantent le paysage comme le noir Déodande anthropophage
aux crocs luisants.
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